vendredi 15 août 2014

Hook

Affiche de Hook
Réalisé par : Steven Spielberg

Produit par : Kathleen Kennedy, Frank Marshall & Gerald R. Molen

Date de sortie : 8 décembre 1991

Durée : 144 minutes

Pays d'origine : États-Unis

Genre : Fantasy et aventure

Ça fait un bout que j'ai le goût de parler du film Hook, mais je ne m'y serais probablement pas attardé avant un long moment encore si ce n'était de la triste nouvelle très récente : Robin Williams, vedette principale du film où il incarne le rôle classique de Peter Pan, a été retrouvé mort ce lundi. Comme si la nouvelle n'était pas assez triste, les causes apparentes du décès sont le suicide, une solution malheureusement permanente à un problème temporaire (la dépression). Ça fait un peu le cliché du clown triste, mais ce n'est pas un cliché ou une farce, l'humoriste souffrait bel et bien de dépression et est maintenant décédé.

Avec ceci, je me suis rappelé des moments marquants de sa carrière (pour moi) et j'ai eu le goût de revisiter ce film immédiatement qui m'intéressait pour une certaine magie et aventure unique qui serait toujours au rendez-vous, je l'espérais, après toutes ces années où le monde a changé et où moi j'ai changé. Je suis probablement un peu comme le classique Peter Pan qui refuse de grandir, car ce film est encore magique pour moi.


Pour préciser quelque chose pour ceux qui n'en ont jamais entendu parler (trop jeunes ou trop vieux peut-être), ce film réalisé par Steven Spielberg (qui n'est pas du tout un cliché quand on pense à film familial) ne raconte pas l'histoire traditionnelle de Peter Pan, mais celle d'un adulte extrêmement typique obsédé par sa carrière et sans aucun temps pour ses enfants ou n'importe quoi de moins sérieux. Du moins, c'est ainsi jusqu'au moment où ses enfants se font enlever et qu'il est transporté dans un monde de pirates auprès de son gang original des enfants perdus, toujours des enfants, qui doivent réapprendre à Peter qui il était autrefois dans sa vie oubliée pour qu'il retrouve la capacité de voler et d'utiliser le puissant pouvoir de l'imagination, qu'il redevienne Peter Pan pour avoir la force de combattre le capitaine Crochet et récupérer ses enfants.

Je vais le dire tout de suite, il y a des choses qui frappent quand on revoit ce film après toutes ces années : hein? Capitaine Crochet était Dustin Hoffman? Hein? Bob Hoskins (aussi récemment décédé) joue dans ce film-là? Et des surprises un peu moins neutres et plutôt négatives : hein? C'est fucking presque 2 heures et demi? Et quoi? La fée clochette est interprétée par Julia Roberts et le personnage n'a rien à voir avec le caractère du personnage original. Et quelqu'un peut me dire comment la mère de Peter Pan peut être aussi conne! (Une courte scène, il faut voir le film pour comprendre.) Et pour un film de Peter Pan, c'est tellement long que bien sûr, on ne passe pas la majorité du temps avec Peter Pan (mais bon, ils ont bien fait un Batman où Batman est presque jamais dans le film, donc tout se peut au cinéma).

Malgré le défaut de Hook de ne pas être un film parfait, une déformation du conte traditionnel et une réinvention qui cherche à ne pas en être une (le film cherche sans cesse à redevenir le conte classique), tous des points qui ne lui ont pas permis d'être un film aimé des critiques (détesté pour être exact), on est vraiment transporté dans un autre monde. Même s'il semble être fait sous la tendance plus récente comme quoi les anciennes histoires ne sont plus crédibles et il faut les moderniser en leur injectant un brin de réalisme, ce n'est pas du tout le cas et le film ne se prend presque jamais au sérieux une fois dans le monde de Peter Pan où la nourriture imaginaire prend vie, où les pirates sont tous plus ridicules les uns que les autres, où les décors sont enchanteurs, où tout le monde préfère jouer que de grandir et où les pirates jouent au baseball sans vraiment savoir comment.

Le film est rempli de moments comiques pour les jeunes, de scènes de combat qui ne sont pas les meilleures, mais tout de même un ajout acceptable à l'ensemble, de musique mémorable, de décors aussi mémorables pour la plupart et une grosse métaphore pour ficeler le tout. La morale du film est un peu : on ne peut pas cesser de vieillir, on ne peut pas s'empêcher d'avoir plus de responsabilités, mais tenter de rester la même personne au fond que quand on était jeune, c'est un choix et si on ne se rappelle pas de l'exercer couramment, on l'oublie comme si de rien n'était. C'est là qu'on devient un adulte typique comme on les haïssait à notre plus jeune âge.

Donc le film est bon, il y a juste des détails, des détails plus importants pour certains que d'autres, qui sont moins bien réussis. Des longueurs pour les plus jeunes qui seront impatients par bouts. Mais que de plaisir si vous pouvez passer par-dessus les faiblesses du film (je n'aime pas quand il prend une tournure dramatique en 0,5 secondes, peut-être savez-vous de quels moments je parle, et c'est ce qui est le plus difficile à contourner pour moi dans un film qui devrait y aller moins fort de ce côté) et que de nostalgie si vous l'avez vu comme moi, au début des années 90.

À cause de ses faiblesses, je lui donne 3,5 étoiles sur 5 (pas mauvais non plus), mais avec un effort d'attention supplémentaire (à cause de la longueur et un focus sur des aspects moins importants de l'histoire dans cette longueur) et une appréciation de la magie (réveillez l'enfant en vous) une fois qu'elle est là, c'est 4 facile et peu importe, faites le détour et l'effort, bande de fainéants!

3,5 étoiles sur 5



Maintenant, désolé pour la perte de la famille Williams. Oui, la nouvelle a été un mini choc pour moi. Mini, car ce serait bizarre de dire autrement, puisque je ne connaissais pas monsieur Williams personnellement, mais un choc tout de même. Cela fait plusieurs années que de savoir qu'il est dans un film est un point plutôt neutre pour moi plutôt que quelque chose qui attire immédiatement mon attention, mais je me suis rapidement souvenu que en dehors de ses (nombreux) choix douteux, il savait être un excellent acteur dramatique (Good Will Hunting, par exemple), il savait nous faire rire (humoriste et de nombreuses comédies dont au moins une qui doit être à votre goût) et il était l'un des quelques acteurs extrêmement représentatifs de la jeunesse d'un enfant amateur de cinéma dans les années 90 (le génie dans Aladdin, Jumanji et oui, Hook). Donc, merci, Robin Williams, pour tous les bons moments. Aux lecteurs, si vous connaissez quelqu'un qui semble avoir besoin de support, même si vous n'êtes pas sûr, essayez-de l'aider. Vous aurez l'air fou si vous vous trompez, et après? Au pire, vous ne vous serez pas trompé, mais n'arriverez pas à apporter l'aide nécessaire. Au mieux, vous aurez peut-être empêché quelqu'un de faire une erreur irréparable juste parce qu'il ne voyait pas clair pendant ce qui se révélera n'avoir été qu'un moment insignifiant dans une longue vie heureuse.

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