jeudi 24 avril 2014

Jamaica

Qui dirait non à une course de bateau de pirate? C’est dans une magnifique boîte imitant un coffre au trésor que se cache Jamaica, un jeu de société pour 2 à 6 joueurs, avec des parties d’environ 45 minutes. C’est un jeu simple, mais avec assez d’éléments stratégiques et assez de hasard pour que chacun y trouve son compte.

En gros, Jamaica est un jeu de course. Chaque joueur contrôle un bateau de pirate, qui navigue sur un circuit circulaire. Au lieu de faire que chaque joueur brasse les dés à son tour, Jamaica propose une variante plutôt intéressante. C’est le joueur avec le titre de capitaine (qui change chaque tour) qui brasse les dés, et qui choisi quel dé représentera la première action (jour) et la deuxième action (soir) pour tous les joueurs ce tour-ci. Tout le monde choisit alors la carte qu’il jouera ce tour-ci; chaque carte a un symbole à gauche (première action/jour) et un symbole à droite (deuxième action/soir). Ces symboles peuvent être une flèche verte qui vous fait avancer, une flèche rouge qui vous fait reculer, de l’or, de la nourriture, ou de la poudre à canon.

Donc, si les dés sont 6 et 4, et que le joueur choisi la carte du haut, il obtiendra 6 jetons "poudre" à canon, et 4 jetons "nourriture". S'il choisi la carte du bas, il avancera de 6 cases, et reculera de 4.

Lorsqu’un joueur atterrit sur une case, il doit payer le coût de la case pour pouvoir y rester, sans quoi il doit payer tout ce qu’il peut, et ensuite reculer jusqu’à ce qu’il soit capable de payer le coût de cette nouvelle case. C’est ici que la stratégie se trouve, puisqu’il n’est pas toujours désirable ou même possible d’avancer à tout prix, puisque le coût des cases doit être pris en considération. Il faut donc gérer ses ressources, même si l’on doit faire du surplace pour ravitailler son navire. Si vous atterrissez sur une case déjà occupée par quelqu’un d’autre, un combat naval s’engage, où chaque joueur brasse le dé de combat et tente d’obtenir le plus haut chiffre. On peut aussi ajouter des jetons poudre à canon pour augmenter le résultat. Le gagnant du combat naval peut voler les jetons dans l’une des cales de son ennemi, ou alors voler ou donner une carte trésor. Ces cartes (qui donnent une multitude de bonus) sont obtenues en étant le premier qui atterrit sur un repaire de pirate. Ces cases sont un peu comme des « checkpoint », puisqu’elle ne coûte rien pour y rester.


Lorsqu’un joueur a terminé un tour complet du circuit, les joueurs comptent leurs points, et celui qui a le plus de points gagne la partie. Les points sont l’addition des points de victoires que vous donnent les trésors, l’or qu’il reste dans votre cale, et les points bonus présents sur les 10 dernières cases du circuit. Donc attention: ce n’est pas nécessairement celui qui complète le tour qui gagne automatiquement!

D’abord, Jamaica est un très beau jeu. Le design des cartes, de la boîte et même des instructions, qui se déplie comme une carte au trésor, reste dans la thématique. Le simple fait que les cartes des joueurs s’assemblent pour faire une longue fresque continue ajoute à l’attention au détail qui a été mis dans le jeu.

L’aspect linéaire (faire le tour de la planche) est rassurant et facile à comprendre pour tout joueurs, peu importe leur âge ou niveau d’expérience avec les jeux de société. Même s’il y a de la gestion de ressources dans Jamaica, elle est gardée au minimum. C’est donc peut-être une bonne introduction pour les joueurs moins habitués. Après quelques parties de Jamaica, ils auront peut-être moins peur de s’embarquer dans une partie de Puerto Rico par exemple.

Comme je dis souvent, j’apprécie davantage les jeux au règles optimisées et faciles à apprendre quand ils sont amusants, plutôt que les jeux au livre de règles qui n’en finissent plus et à une tonne de pièces presque jamais utilisées. Jamaica tombe dans cette première catégorie. Certains pourraient critiquer le facteur « chance » qui est assez important dans Jamaica. Pour ma part, je crois que c’est l’élément qui nous pousse à y rejouer, puisqu’on ne sait jamais comment nous performerons dans la prochaine partie. C’est un peu un effet « Mario Kart » réduit qui met tout le monde sur un pied d’égalité et qui ne garantit pas la victoire au joueur plus expérimenté. En même temps, c’est à vous de prendre les bonnes décisions au bon moment : faire n’importe quoi vous nuira réellement.

Jamaica est disponible en français, mais aucun texte n’est présent sur les pièces de jeux (uniquement les instructions), vous pouvez donc acheter une version anglaise pour une fraction du prix de la version française si vous comprenez l'anglais ou si vous pouvez trouver les règles françaises sur Internet. Je le recommande : il sera agréable à jouer avec n’importe quel groupe de gens et sa durée est parfaite pour ne pas perdre de joueurs impatients.

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