mercredi 5 février 2014

Oniken

Devant de la boîte de Oniken

Développé & publié par : JoyMasher

Sortie initiale : 22 juin 2012

Concepteur : Danilo Dias

Plate-forme : PC

Genre : Jeu d'action et de plates-formes indépendant

Prix : 7,99$ sur Steam

Note : les cutscenes sont officiellement disponibles en français dans le jeu grâce à un certain Bobby Roy (oui, c'est moi) et il est depuis aujourd'hui disponible sur Steam. Aucun conflit d'intérêt, c'est à titre de fan que je vous recommande ce jeu (d'ailleurs, j'étais un fan avant de le traduire et d'envoyer mon aide au développeur).

Oubliez les imitateurs d'un style d'action rétro comme A.R.E.S.: Extinction Agenda, car Oniken c'est du vrai et ça mérite bel et bien votre attention immédiate. C'est l'un de mes jeux préférés auxquels j'ai joué dernièrement et malgré sa sortie récente, il s'inscrirait probablement dans mon top 50 des meilleurs jeux sur NES, ce qui est tout un honneur considérant la large librairie, incluant une tonne de classiques. J'ai eu extrêmement de plaisir à finir ce simple jeu d'action style ninja et relever son défi à la fois considérable, mais aussi surmontable, disponible au prix abordable de 8$. Rien de mieux qu'un "vrai" jeu rétro pour prouver tort à ceux qui veulent seulement "imiter" le style.

Mais attendez, Oniken n'est pas sur Virtual Console. En fait, ce n'est même pas un jeu de NES ou un véritable jeu rétro, bien qu'il tromperait plusieurs. C'est un jeu indépendant! C'est donc un superbe imitateur de jeu de NES et il supporte évidemment les contrôleurs actuels, dont celui pour Xbox 360 et les contrôleurs PC réguliers (ce dernier détail n'étant pas vrai de tous les jeux modernes sur PC); je vous suggère d'en avoir un, car ce n'est plus vraiment une excuse de nos jours d'avoir un ordinateur de gamer sans contrôleur (pour les jeux où c'est favorable), sauf si vous êtes sur votre portable on the go par exemple.


Eh oui, j'ai déjà fait la critique d'un autre jeu indépendant avec un style de gameplay se voulant rétro (similaire à un certain Mega Man X dans ce cas), A.R.E.S.: Extinction Agenda, celui-ci d'apparence moderne. Selon moi, il voulait proposer un Mega Man X plus accessible.

Il faut savoir à qui on s'adresse quand on fait un jeu et savoir bien imiter ce que l'on essaie d'imiter et aussi savoir ce que l'on veut achever par cette imitation. A.R.E.S.: Extinction Agenda échouait complètement là-dessus, en proposant un jeu à une difficulté "Hard" qui était à peine "Normal" en feeling (beaucoup trop facile pour un Mega Man X, même si le but est d'être plus accessible, car le plaisir du défi à remonter était pratiquement enlevé), peu d'ennemis différents, des graphiques assez beaux, mais qui finissent par se mêler d'un niveau à l'autre, un design de niveaux avec quelques lacunes à la base. La musique était très bonne par contre.

Oniken s'adresse à un public qui connaît les Ninja Gaiden (celui sur NES) et les Strider de ce monde, quoique son gameplay est encore plus simple que ces deux jeux. Notre personnage ne fait rien de très ninja, donc pas d'accrochage aux murs pour sauter entre deux murs rapprochés ni de magie de ninja ou de sauts acrobatiques. Il ne fait que des sauts réguliers (en fait, très hauts pour un humain, mais c'est le standard des jeux vidéo) et des coups d'épée réguliers, mais avec une bonne portée. En fait, il y a un power-up que l'on trouve régulièrement qui permet à l'épée d'avoir une portée un peu plus étendue et ce même power-up à sa puissance maximale vous permet d'entrer en mode berserk pour un moment limité (vous devenez fort et invincible).

La plupart des ennemis se tuent en 2 coups et vous pouvez trouver des grenades aux endroits prédéterminés où le jeu contient des objets que vous pouvez briser pour obtenir un bonus au hasard (santé, power-up, grenades). Les grenades sont bien entendues lancées, plus fortes qu'un coup d'épée et utiles pour détruire les ennemis robots qui sont plus endurants ou les petits vaisseaux qui flottent et qui vous dérangent.

Les ennemis n'ont pas tendance à réapparaître, quoique cela puisse arriver. C'est quand même très fair en général et le jeu se concentre sur l'action simple et rythmée, comme il devrait.

Capture d'écran de Oniken montrant le héros face à un robot

Contrairement à A.R.E.S.: Extinction Agenda, Oniken imite avec une authenticité presque parfaite les jeux auxquels son public s'est autrefois intéressé (genre Ninja Gaiden) et son but est tout simplement de produire un autre jeu qui pourrait complètement être un jeu rétro réel, avec un plaisir basé sur la simplicité de l'action comme s'il avait été fait à l'époque. Il réussit à le rendre accessible tout simplement en lui donnant la possibilité de sauvegarder entre les niveaux (ce que plusieurs jeux d'action n'avaient pas, même ceux vous permettant de recommencer un niveau à l'infini, en dehors des classiques exceptions à mots de passe) et en lui donnant un design difficile bien conçu, vous laissant la possibilité de le maîtriser, ce qui est beaucoup mieux qu'un design random ou même que de rendre le jeu plus facile pour compenser le fait que le design n'a pas été pensé parfaitement d'un bout à l'autre.

En gros, Oniken est un véritable jeu rétro bien conçu pour être difficile. L'une des meilleures choses redevenues possibles par les jeux indépendants à cette époque : le style qui doit absolument être repris de temps à autre du "peu de missions, mais il faut parfaitement les maîtriser" (chaque mission est divisée en genre 3 sections où l'énergie est restaurée, mais qui deviennent de plus en plus épiques et longues dans les derniers niveaux et où si on perd une vie, on recommence au début d'une section, mais si on est "Game Over", on recommence la mission, pareil comme Ninja Gaiden même si pour ce qui est de la difficulté, elle est un peu mieux calibrée ici). Ça m'a pris un peu moins de trois heures à maîtriser. Les joueurs moins expérimentés dans le genre auront à prendre quelques sessions de jeu sûrement et si quelqu'un jouait parfaitement, il y aurait probablement de 30 à 40 minutes de contenu, semblable à Ninja Gaiden en théorie. La variété (pour ce que c'est) et le nombre de boss ne me font pas sentir qu'il manque de contenu. C'est un jeu qui n'est pas autant difficile que le plus difficile jeu de NES, mais pas facile. C'est une difficulté authentique plus commune pour l'époque, mais que vous surmonterez plus réalistiquement qu'un Ghosts'n Goblins (qui avait aussi la possibilité de recommencer à l'infini, mais qui était vraiment TRÈS difficile) et assurément si vous avez pris goût au jeu. C'est un plaisir fou que je recommande et que vous pouvez poursuivre si vous vous sentez à la hauteur de conquérir le mode "Boss Rush".

Capture d'écran de Oniken montrant l'écran d'introduction de la quatrième mission

La qualité principale de ce jeu, ce n'est pas d'être impressionnant, car ce n'est pas le premier jeu rétro que j'ai vu (même s'il n'en est pas un, je vous le rappelle) et pas le seul à faire ce qu'il fait. Mais il le fait aussi bien qu'un bon jeu rétro qui réussit à procurer ce feeling de se sentir tellement bon, genre quand on finit les sections folles des missions 4 et puis 5, où il y a des sections de niveaux qui tombent, des bouts où il faut s'échapper du feu qui monte tout en évitant des nouveaux patterns d'ennemis à apprendre et qu'il y a toujours un boss différent à tuer à la fin d'un niveau (tellement de boss et de miniboss dans le jeu entier, tous uniques, certains jouant sur quelques variations, d'autres entièrement différents), tout ça sous la pression de ne pas perdre sa dernière vie rendu à la fin, sinon recommencer la mission (finir sur la dernière vie est d'autant plus amusant quand on y arrive).

Mais si vous avez à recommencer après avoir appris les patterns des ennemis et des niveaux, c'est entièrement de votre faute. Le jeu fonctionne à merveille tout comme les meilleurs exemples des jeux rétro (les Mega Man étant d'excellents exemples de jeux fonctionnels de l'époque, mais légèrement plus difficiles je dirais).

Je parle d'authenticité au niveau du gameplay depuis tantôt, mais il y a aussi les graphiques et le son. OK, normalement je me demanderais pourquoi le jeu se limite à un style 8 bits alors qu'il existe le style 16 bits juste au-dessus, tout de même rétro, mais de meilleure qualité et pas nécessairement beaucoup plus difficile à produire (le style 8 bits de l'époque de la NES existe principalement pas parce que les compagnies le voulaient, mais parce que les coûts de production auraient été trop élevés avec un processeur 16 bits à l'époque). Mais c'est si le jeu était un jeu indépendant régulier qui utilise des graphiques rétros juste parce que c'est plus facile que de la 3D. Celui-ci veut carrément faire un jeu de NES et c'est accompli à 100%, avec les mêmes limitations de couleur utilisées à son avantage et le même style de design des personnages qu'il y aurait eu à l'époque.

La différence principale avec ma vraie NES en termes graphiques, c'est que la résolution d'un jeu sort à 256x240 pixels (224 pixels verticaux sur 240 sont affichés en format NTSC) que la machine place dans un format de 280x240 pixels (ajout de bordures noires) et que la télévision étire ensuite à sa résolution. Oniken s'affiche directement en 1600x1200 pixels (donc en 4:3, mais à une résolution élevée HD) dans mon écran d'ordinateur 1920x1200 pixels, ce qui fait que les pixels sont tous uniques à la base et ce n'est pas flou. Aussi, il n'y a pas la limite de 8 sprites sur une ligne (ceux qui ont joué à ces vieilles consoles se rappelleront que plusieurs personnages et ennemis alignés à l'horizontale faisaient que ces graphiques en questions devenaient seulement partiellement visibles, la machine étant en train d'alterner rapidement entre quelles parties elle pouvait afficher en même temps avec sa limite de mémoire). Aussi, il n'y a pas de ralentissement là où il y aurait probablement commencé à en avoir un peu sur la vraie console.

Pour revenir à un format moins technique, ces graphiques sont aussi utilisés dans la variation des niveaux (en plus d'exploiter des nouvelles difficultés et des nouveaux obstacles ou même des passages en véhicule) comme les jeux savaient particulièrement bien le tirer à leur avantage à cette époque grandement plus limitée, en n'ayant aucune question à se poser sur si c'était logique que le héros se retrouve dans un environnement glacé une seconde et dans la jungle à la prochaine mission.

Ça ne finirait pas comme étant le jeu de NES avec les plus beaux graphiques, mais c'est un design propre à ce jeu et les cutscenes ont un style particulier (genre un animé japonais détaillé, mais en 8 bits) avec des mouvements et des animations rappelant les cutscenes de Ninja Gaiden. Elles sont affreusement bien réussies et aussi magnifiques en apparence que Ninja Gaiden était impressionnant dans ce département à l'époque, pour ceux qui y ont joué (et elles peuvent être sautées si on veut, car c'est bien pour le genre (ça réussit vraiment un style badass ultra-violence des années 80), mais rien de jamais vu et il est nécessaire pour un tel jeu d'action d'offrir la possibilité de n'avoir aucun temps à perdre). C'est gore, une chose qui fait moins réaliste selon les standards de censure de Nintendo d'Amérique à l'époque, mais on s'en fout!

Capture d'écran de Oniken montrant le héros face à un miniboss serpent dans un environnement de jungle

La trame sonore est tout simplement 8 bits. Ce n'est pas du 8 bits à quoi on a ajouté un instrument réel ou du 8 bits utilisant plus de canaux qu'il aurait été possible sur la machine, c'est du 8 bits tout simplement, sans compromis, et c'est très réussi. Même le genre de mélodie, c'est difficile à dire, mais on dirait que ça a été pensé à l'époque, de la "vraie" musique de jeu vidéo en quelque sorte à cause des limitations faisant que ça a un son unique, facile à mémoriser, mais qui poussait aussi les créateurs à innover pour faire quelque chose qui avait un bon rythme. Ce n'est pas la meilleure trame sonore de tous les temps, mais elle est généralement bonne. Les effets sonores sont tout aussi authentiques.

Uniquement les nouveaux Mega Man peuvent être plus similaires à un véritable jeu de NES, car ils simulent la limite de sprites par exemple.

Donc décrire ce jeu en quelques mots, c'est dire qu'il a une authenticité pratiquement parfaite, une compréhension parfaite de ce qui fait un bon véritable jeu d'action rétro (pas "style rétro") et un design de niveaux très respectable. On se passe du mot originalité pour celui-ci, l'emphase est plutôt sur l'aspect autant plus important qu'est l'exécution et il réussit à respecter tout ça, à être difficile, mais aussi à être jouable, avoir un contrôle sans lacunes, être extrêmement plaisant, créer une montée d'adrénaline, avoir des niveaux mémorables. (Le design bien contrôlé des niveaux est vraiment l'une des choses que je préfère dans un jeu vidéo, ce que les créateurs ont souvent oublié quand un jeu nous semble moins intéressant, surtout dans un jeu en 2D, sans dire que celui-ci est le meilleur exemple de tous les temps, mais il est bon).

Si c'est bel et bien un genre que vous recherchez, ce sera un 8$ dépensé sans aucun regret, car c'est comme découvrir un jeu de NES perdu et inconnu qui aurait pourtant dû être dans les listes que l'on trouve sur Internet des meilleurs jeux d'action de la console. En fait, c'est juste un bon jeu tout court et fortement recommandable pour son public cible grâce à son excellente exécution. (J'espère que je ne suis pas trop transparent dans mon amour pour ce jeu, mais je l'ai aimé, peut-être même trop, à peur de vous en rendre malade et de le surévaluer comparativement à si je prenais du recul, mais il faut comprendre ce que c'est et qu'il arrive à très bien faire ce qu'il doit faire pour ceux qui aiment ce genre selon moi.) De plus, ça se vend au même prix que Nintendo vend ses jeux de NES sur Virtual Console. Par curiosité, j'adorerais voir un véritable port de ce jeu sur NES (je pourrais même le charger sur ma cartouche PowerPak s'il y avait un ROM)!

Ce n'est pas pour toujours rabaisser A.R.E.S.: Extinction Agenda qui n'est pas à comparer directement à cause d'un but légèrement différent et franchement il n'est pas si pire que ça, mais il m'a procuré beaucoup moins de plaisir que Oniken, il n'était pas authentique du tout à l'expérience qu'il souhaitait procurer et il coûtait plus cher, c'était le point de mon article sur ce jeu et ce pourquoi il échouait.

Achetez Oniken à tout prix! Ou essayez-le, il y a une démo.

Il y a même du contenu supplémentaire depuis sa sortie originale, incluant une nouvelle mission bien différente. J'aimais déjà le jeu sans ça, imaginez-vous!

2 comments :

Michaël Groulx a dit...

Je vais y jeter un coup d'oeil. J'aime ce genre de jeu, mais sont souvent trop frustrant (Mega Man).

Bob a dit...

Ça vaut l'essaie si tu aimes le genre, parce que c'est bien difficile, peut-être un peu frustrant, mais à une dose acceptable selon moi. Genre si tu ne peux pas endurer Mega Man, c'est beaucoup moins difficile que le premier (où il n'y avait aucun mot de passe) et juste assez moins que les autres.

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