mardi 21 janvier 2014

Broken Age

Après 22 mois d’attente, le Kickstarter de Double Fine a porté fruit. Le premier acte de Broken Age est maintenant disponible pour les backers du Kickstarter, et sera disponible pour l’achat sur Steam à tout le monde le 27 janvier.

Le but du Kickstarter était d’amasser 400,000 $ pour la création d’un jeu d’aventure point-and-click. Pourquoi Kickstarter? Parce que tout le monde semblait dire que les jeux d’aventure point-and-click étaient dépassé, qu’il n’y avait pas de marché pour ce genre. Et au lieu de 400,000 $, Double Fine a amassé un total de 3,336,371 $, soit plus de 8 fois la somme demandé. Double Fine Adventure est devenu rapidement l’un des projets qui ont fait tourner les yeux des gens vers Kickstarter, et comme une nouvelle porte d’entré vers le monde des jeux vidéos pour les développeurs moins fortunés, ou avec de la difficulté à se trouver un publisher.



Double Fine Adventure a dévoilé son titre, qui est Broken Age, l’histoire d’un garçon et d’une fille dans deux mondes complètement différents. Le garçon est le seul humain sur un vaisseau spatial, sa vie routinière étant contrôlé par une intelligence artificielle qui prêtent être sa mère et son père. La fille est choisie dans son village comme sacrifice humain pour un monstre géant qui les domine depuis des centaines d’années. Les deux adolescents sont les seuls à questionner les traditions de leur milieu, et également les seuls avec la volonté de changer les choses.


Broken Age est un point-and-click « comme dans le bon vieux temps ». Bien sûr, une tonne de point-and-click sont sortis depuis le dernier jeu d’aventure LucasArts (Escape From Monkey Island, en 2000), mais très peu d’entre eux ont su avoir l’humour, les casse-têtes tordus, les personnages loufoques, et l’originalité de ceux-ci.

L’efficacité des puzzles du « style LucasArts » est simple. On vous dicte clairement votre objectif au travers des dialogues, et après avoir fait le tour des lieux accessibles, vous avez accumulé des objets et des informations essentiels. La résolution du casse-tête est un effet domino. Il suffit de trouver le point de départ. Par exemple: « j’ai besoin cet objet, mais pour l’avoir, je dois aider ce personnage à obtenir ceci, pour ce faire, je dois réussir à obtenir cet autre objet. La question: comment fais-je pour obtenir ce deuxième objet? » Voilà le puzzle. Beaucoup trop de jeu point-and-clic de basse qualité vous demande d’effectuer une tonne d’actions différentes qui n’ont pas de lien entre elles, on ne sait donc pas par où commencer et on finit par tourner en rond. Il doit y avoir un fil logique qui relie les actions, même si le jeu vous demande « d’utiliser le dentier de cheval, le spaghetti et les patins à roulettes sur la momie » (clin d’œil). Les puzzles de ces jeux semblent parfois farfelus, mais ils ne sont jamais trop difficiles parce qu’ils sont LOGIQUES.

Si mon paragraphe précédent était assez clair, vous aurez compris que les casse-têtes de Broken Age sont assez simples pour que vous ne soyez jamais bloqué. Et même si vous l’étiez, vous pourriez changer de personnage pour y revenir plus tard (comme dans Maniac Mansion 1 et 2). Je dois avouer que j’ai trouvé les puzzles de Broken Age beaucoup plus facile que ceux dans la série Monkey Island par exemple. Si vous êtes un habitué, vous ne piétinerez jamais.

L’acte 1 de Broken Age est d’une durée d’environ 3 h 30 à 4 h, dépendant toujours du temps que vous mettrez à résoudre les casse-tête. Ça peut sembler court, mais si on regarde la durée des classiques de LucasArts: Monkey Island 1-2-3-4: 6 h 30, 7 h, 8 h et 8 h 30 respectivement (selon le site HowLongToBeat.com). Si l’acte 2 est de la même durée que l’acte 1, on tombe dans la normale pour le genre. Ce premier acte semble beaucoup trop court, mais c’est uniquement parce qu’on l’apprécie tellement qu’on en voudrait plus! On doit aussi avouer que le fait d’avoir deux personnages et univers différents à explorer nous donne l’impression qu’on fait tellement peu avec chacun qu’on en redemande.


Broken Age est un bon exemple pour prouver que les jeux 2D ont encore leur place, et qu’ils peuvent être aussi beaux (sinon plus) que s’ils étaient en 3D. Son style « peint à la main » regorge de personnalité et l’enveloppe dans un univers chaleureux et fantastique. Un commentaire sur la communauté m’a bien fait rire, il disait: « dans ce jeu même une cuillère a plus de personnalité qu’un protagoniste dans des jeux d’action récents ». Et c’est vrai. Impossible de ne pas tomber sous le charme de chacun des personnages que l’on rencontre, surtout lorsque Elijah Wood, Pendleton Ward ou Jack Black (et plus de 7 autres personnes) leur ont prêté leur voix.

Tout comme Rayman Legends, chaque écran est une véritable œuvre d’art qui ferait un excellent wallpaper! J’espère seulement que l’acte 2 nous fera visiter d’autres lieux encore plus fous, étant donné que les possibilités sont infinies avec un tel scénario.

Côté interface, on a remarqué que les jeux LucasArts l’ont simplifié avec le temps: 15 actions possibles dans Maniac Mansion, 12 dans The Secret of Monkey Island, ensuite 9 dans quelques jeux... Broken Age a simplifié son interface plus que jamais. Une seule action possible sur les objets, en cliquant simplement dessus. Pour parler à un personnage, regarder les objets non interactifs, prendre des objets. (Je peux mentionner, même si l’information est superflue, que l’on clique au pour faire avancer les personnages, au lieu du contrôle manuel comme dans Escape From Monkey Island ou Grim Fandango.) On peut aussi glisser des objets de l’inventaire sur un objet du décor, un personnage ou un autre objet dans l’inventaire pour combiner, donner ou utiliser. Je penserais que je trouverais cette interface trop simple, mais à vrai dire, c’était plutôt efficace. Dans les vieux jeu, on pouvait parfois connaître la solution d’un casse-tête, mais être obligé de trouver exactement ce que le jeu nécessite comme action. Par exemple, s’il y avait un levier et que vous saviez que vous deviez l’utiliser, est-ce qu’on le « pousse », « tire », « utilise », « turn on », ou « turn off »?


Même si ce n’est plus le cas depuis longtemps, on doit avouer que l’interface qui prenait le tiers de l’écran, c’était un peu trop. Broken Age nous permet d’apprécier les magnifiques décors en plein écran: pour faire apparaître l’inventaire, il suffit d’appuyer sur la petite flèche dans le coin gauche au bas l’écran.

Double Fine Adventure, c’est aussi un documentaire sur le développement de Broken Age, filmé avec une partie des profits du Kickstarter. Ils en sont au 13e épisode, qui sont tous d’une durée approximative de 45 minutes chacun (on a donc accès à plus de 9 h 45 de matériel).

J’ai entendu plusieurs personnes sur le web dire qu’Indie Game the Movie a été ce qui les a poussés à vouloir créer un jeu. Pour moi, rien de plus motivant que le documentaire Double Fine Adventure. Ils nous font voir toutes les difficultés rencontrées, les manques de financement, les délais et les retards... Vous allez me dire qu’il n’y a rien de motivant là-dedans, mais c’est tout le contraire. Ce qui surpasse tout ceci, c’est le bonheur de voir une équipe motivée, animé par l’ambition, l’imagination, et la liberté créative. Ils ont tellement l’air d’avoir du plaisir à faire ce qu’ils font que ça donne le goût de tout arrêter et commencer à créer.

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