mercredi 13 novembre 2013

Bates Motel

Écran titre de Bates Motel
Créé par : Carlton Cuse, Kerry Ehrin & Anthony Cipriano

Première diffusion : 18 mars 2013

Canal original : A&E

Durée des épisodes : Environ 47 minutes

Pays d'origine : États-Unis

Genre : Drame, suspense & thriller

Bates Motel n'est ni la première ni la dernière conversion en série télévisée d'œuvre qui a déjà été un succès au cinéma. Ce n'est même pas la première parmi celles qui étaient déjà un livre, avant d'être adaptées au cinéma pour ensuite être adaptées en séries télé. Oui, c'est pratiquement en même temps que commençait la série Hannibal, contenant des personnages provenant de Red Dragon, et tout récemment a commencé la série Dracula, à vous de deviner le matériel source.

Quoiqu'il est facile de penser le contraire, Bates Motel, en partie développé par un producteur exécutif et écrivain important de Lost et basé sur l'un des plus grands classiques du cinéma, Psycho, n'est pas né dans le désir de tout refaire ce qui a déjà été fait par manque d'inspiration. Selon moi, c'est une œuvre originale qui explore davantage un univers qui nous avait pris par surprise et marqué. (D'ailleurs le cas pour Hannibal aussi, dont j'ai vu la première et seule saison actuellement disponible.)


Je ne crois pas avoir de misère à soutenir ce point, car la première chose qui me vient et vous vient probablement en tête avec une telle série, c'est tout simplement un Norman Bates adulte qui tuera un nouveau visiteur à son motel à chaque semaine ou quelque chose de simple et banal comme ça. Pourtant, la série a décidé de ne pas mettre le focus sur la façon la plus facile de procéder et de nous attirer en explorant plutôt les débuts du personnage.

Il va sans dire qu'explorer les débuts d'un personnage d'horreur (on va mettre Norman dans cette large catégorie pour l'instant), ce n'est pas nouveau et c'est souvent une mauvaise idée, car ça enlève du mystère à la légende et c'est souvent fait sans attention à la qualité, en autant que tous les éléments connus de la série se retrouvent dans son prequel, on dirait qu'ils se foutent de comment organiser ces éléments dans une histoire cohérente.

Mais Norman Bates n'est pas vraiment un personnage d'horreur à proprement parler, c'est plus un être troublé psychologiquement et explorer le mental des personnages est exactement ce qui fait la force d'une série télé en général, en autant que les acteurs sont bons et pour la plupart, ils le sont.

Norman Bates n'est pas un rôle facile à prendre en main, à cause de son statut légendaire, mais ce jeune acteur qu'ils ont pris, Freddie Highmore, réussit à être excentrique, à jouer le gentil garçon (il a une figure si inoffensive) et en même temps il réussit à être crédible quand il pète une coche comme on dit au Québec.

On explore ainsi les origines du personnage, avant qu'il ne soit un adulte et alors que sa mère, source de plusieurs problèmes psychologiques à venir chez le personnage, est toujours vivante. C'est situé au moment où son père vient de mourir et que sa mère achète un motel dans une autre ville pour recommencer sa vie. Il y a quelques éléments qui ne sont pas exactement comme décrits dans les suites de Psycho, mais ce n'est pas la mer à boire et ça tient quand même comme prequel pour moi. Une qualité de la série jusqu'à maintenant est d'ailleurs qu'elle ne fait pas la même chose que les films, leur laissant leurs qualités et évitant la redondance.

Ce qui est le plus surprenant, c'est que rien n'est fait facile. La série se donne beaucoup de mal à créer des éléments supplémentaires à la relation presque trop intime entre Norman et sa mère. D'abord, ils ajoutent un demi-frère. Puis ils font que la ville où le motel se situe est étrange. Pas dans le sens paranormal, mais elle cache un côté hostile sous une apparence paisible. Le motel lui-même est un lieu problématique dès le premier épisode et le problème ne fait qu'empirer.

Mon impression initiale était d'ailleurs : pourquoi en faire autant? J'ai vu des séries se tirer dans le pied en tentant de relier trop d'éléments secondaires à la narrative principale. C'était généralement dans les saisons avancées que le problème arrivait, mais là, la série commence ainsi. Cependant, un peu comme pour Hannibal, qui a aussi une approche plutôt indirecte à expliquer la mythologie du personnage d'Hannibal (plus indirecte que Bates Motel, de loin), les gens responsables réussissent à tout lier ensemble alors que les épisodes avancent. Je n'ai donc eu d'autre choix que d'accepter que malgré mon scepticisme initial, la série réussit son but de tranquillement amener les personnages où ils doivent se rendre, jusqu'à maintenant.

Ce qui pourrait détourner les puristes, c'est juste que la série ignore complètement le fait que Psycho se déroulait dans les années 60, époque de sa création. Bates Motel se passe aujourd'hui. Mais j'ai conservé ce détail pour la fin, si vous n'avez pas vu la bande-annonce plus haut, car en gros, ça ne change pas grand-chose à qui les personnages sont (surtout Norman Bates pour être franc, LE personnage de Psycho que tout le monde connaît) et ce qu'ils deviendraient/deviendront. Vous n'avez qu'à vous imaginer que chaque personnage de Psycho avait un iPhone dans ses poches et vous y êtes. La maison a un look vieillot quand même, la technologie n'est pas utilisée fréquemment et la série est bonne, peu importe.

4 étoiles sur 5

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