lundi 21 octobre 2013

Wrong Cops

J'ai eu la chance d'être présent à la première nord-américaine de Wrong Cops au cinéma Impérial ce lundi, dans le cadre du Festival du Nouveau Cinéma de Montréal. Quentin Dupieux était présent, et nous a généreusement offert une séance de question (la plupart des informations de cet article en sont tirées)

Wrong Cops est en réalité un spin-off de Wrong. Ils se déroulent dans le même univers, avec quelques personnages qui font même des caméos dans les deux films.

C'est que Quentin Dupieux trouvait Duke, le personnage de Mark Burnham dans Wrong, trop intéressant pour l'abandonné (nous aussi d'ailleurs). Il a donc tourné un premier chapitre de 13 minutes qui était une pseudo publicité pour du nouveau matériel sonore (Stade 3). Il en a aussi profité pour exaucer le souhait de Marilyn Manson, qui était un fan de Rubber et qui avait offert à Dupieux de jouer dans un de ses films, peu importe le rôle.


Ce premier chapitre a été mis en ligne gratuitement, et son succès a entraîné un deuxième tournage à Los Angeles, étoffant l'univers de Wrong Cops, question d'avoir assez de matériel supplémentaire pour en faire un film de 90 minutes.

Si vous connaissez Quentin Dupieux (alias Mr Oizo), et que vous avez vu un de ses films (Nonfilm, Steak, Rubber ou Wrong), vous savez que vous allez assister à un film étrange aux situations absurdes. Wrong Cops a l'avantage d'être un peu plus facile à suivre que les autres. La prémisse est simple: on suit un groupe de policier immoral et déranger dans leur vie quotidienne. Ce qui le différencie de Steak ou Wrong, c'est que l'univers de ces films n'avait aucun sens, et c'était voulu. Dans Wrong Cops, l'univers du film est normal, ce sont les personnages qui sont absurdes. C'est ce qui le rend aussi efficace selon moi.

Le casting de Wrong Cops est remarquable. On y retrouve Mark Burnham, Eric Judor, Steve Little, Eric Wareheim et Arden Myrin, qui rendent ces personnages totalement vivant. Dans le monde bizarro de Quentin Dupieux, Marilyn Manson est un adolescent normal, et il joue étonnamment bien! Quelques lignes dans ce film sont parfaites, on rit aux éclats.

Son rythme est un peu lent comme ces autres films, mais ce n'est jamais ennuyant. Disons seulement que dans les mains d'un autre réalisateur, on aurait pu avoir une fois et demie plus de matériel pour la même durée. Il faut tout de même savoir que le tournage n'a duré qu'une vingtaine de jours, et qu'un autre film, Réalité (avec Alain Chabat), est déjà en production. Ce que ça signifie, c'est qu'un peu comme sa musique, tout est fait sur l'impulsion du moment, sans trop retoucher. C'est donc plus cru, plus vrai.



Pas de morceaux originaux pour la trame sonore cette fois, mais ça ne dérange pas du tout: c'est une véritable revue musicale de Mr. Oizo, avec des morceaux tirés de Moustache (Half a Scissor), Lambs Anger, Transexual, Stade 2, Stade 3, Unreleased Unfinished Unpleasant (et Nazis si je me souviens bien). Si vous êtes fan comme moi de son travail, ce film est un véritable bijou. Il l'utilise à fond, la musique fait même partie de l'histoire. Si vous connaissez la carrière de l'artiste, vous trouverez certaines scènes du film hyper méta. Un policier borgne à moustache (Eric Judor), qui essaie de vendre son morceau (Stunt) à un producteur, c'est totalement hilarant considérant que Moustache est reconnu comme un album inécoutable.

J'ai trouvé Wrong Cops excellent, et je serais bien heureux de voir ces personnages à nouveau, que ce soit dans une suite, une websérie ou un autre film fou de Quentin Dupieux.

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