lundi 23 septembre 2013

Punch-Drunk Love

Affiche de Punch-Drunk Love
Réalisé par : Paul Thomas Anderson

Produit par : Paul Thomas Anderson, Daniel Lupi & JoAnne Sellar

Date de sortie : 19 mai 2002

Durée : 95 minutes

Pays d'origine : États-Unis

Genre : Comédie romantique & drame

En ce début d'automne, j'ai décidé de revisiter ce film de Paul Thomas Anderson dont je n'avais encore jamais écrit sur le site. Unique parce qu'il contient Adam Sandler dans un rôle pour lequel il a failli être nominé pour l'Oscar du meilleur acteur, alors qu'on sait très bien qu'il enfouit normalement son talent sous des sottises qui lui rapportent bien plus d'argent. Aussi unique parce que... Écoutez-le et vous comprendrez!


J'aime que ce soit un film expérimental artistique d'une part, mais aussi un film avec une structure plutôt normale (même si le contenu a quelques aspects bizarres) pour le mener du point A au point B. Le film n'est peut-être explicitement pas pour tout le monde dans son état actuel, mais il ne serait pas pour moi non plus s'il n'était qu'un ramassis expérimental. Je pense au film Enter the Void, une déception pour moi, qui commence bien avec un mélange d'expérimentation et de structure pour devenir rapidement un film sans structure à proprement parler et il dure 161 fucking minutes comme ça (dont je n'ai écouté à peine plus que 60, je me suis considéré très patient en passant, donc je ne sais pas s'il revient à lui genre à la centième minute, mais ça me semblerait très peu probable tout considérant et fuck it rendu-là)! Punch-Drunk Love, en plus de ne pas avoir les défauts de Enter the Void, ne dure que 95 minutes, car il n'a rien de plus à dire par la suite.

En écoutant la bande-annonce, j'ai vite remarqué que l'ordre des événements dans celle-ci est un peu plus standard que ce que le film est vraiment. Le film est intentionnellement fait comme il est, on sent vraiment les décisions de réalisation derrière lui, ce qui donne quelque chose de pas si loin que ça de la narrative de la bande-annonce, mais juste une route un peu déviée qui va bien avec le personnage absurde de Barry Egan (Adam Sandler).

Barry est socialement maladroit et gèné (allant jusqu'à mentir fréquemment pour ne pas révéler qui il est vraiment) et c'est probablement l'impression que les gens ont en le rencontrant, mais il cache une sévère dépression (probablement amplifiée ou causée par sa solitude) et une rage envers lui-même qui se manifeste sur des objets de son environnement sur le moment de façon secrète ou même publiquement si l'envie est trop forte.

C'est dans un moment de solitude qu'il appelle une ligne téléphonique à caractère sexuel, en parlant à une opératrice malhonnête qui lui demande des informations personnelles. Le lendemain, il commence à se faire harceler pour lui donner de l'argent et comme elle sait tout sur lui avec les informations qu'il a données, les menaces sont réelles. Ça tombe mal, une femme qui l'avait dans l'œil depuis peu lui révèle qu'elle veut sortir avec lui, ce qui pourrait être la solution à sa solitude. Comment régler ce problème qui arrive au pire moment?

Punch-Drunk Love se veut d'une part une comédie, oui, mais plus dans le genre humour noir. En gros, c'est un drame et ça peut être pris à 100% comme ça. Certains gens, comme moi, auront peut-être le réflexe de rire face à certains moments inconfortables ou juste étranges, mais plus dans le sens qu'on ne sait pas trop comment réagir, ce n'est pas nécessairement drôle en soi. Je doute que quelqu'un rit aux éclats en écoutant ce film.

Adam Sandler dans son rôle probablement le plus dramatique de sa carrière, c'est bien joué et tout ce qu'il faut c'est qu'il prenne ses personnages troublés de ses premières comédies et qu'il enlève uniquement une partie de leur aspect enfantin exagéré normalement joué pour la comédie (de qualité douteuse dans plusieurs cas).

Punch-Drunk Love est, dans son ensemble, comme aucun autre film que j'ai vu. Il contient un rythme plutôt lent, des environnements banals, un personnage principal qui n'a presque pas d'énergie (si ce n'était de ses quelques moments de rage) et pourtant, le résultat final est renversé en un film plutôt captivant, même s'il est loin d'être le meilleur film que j'ai vu, un bon film tout de même.

Je ne crois pas que le film a été bâti avec un public cible en tête. C'est plus un "on verra bien à qui il plaira", son but premier était probablement plus une expérience de réalisation. Le film a d'ailleurs beaucoup de plans de caméra artistiques et des choix de couleur transformant ces lieux banals en gros endroits vides épeurants, dérangeants ou juste particuliers à observer. Il y a des courtes interruptions multicolores et une trame sonore avec un rythme fou par-dessus des scènes ordinaires de dialogue.

La musique va presque jusqu'à enterrer le dialogue des fois, mais pas complètement. Ça ne peut pas être autre chose qu'un choix. J'ai l'impression que comme cette musique arrive normalement dans des scènes où Barry ressent la pression sociale, c'est comme pour nous faire sentir un peu mal nous aussi, comme si la musique était de trop par rapport à la situation et qu'on veut que ça cesse pour ne pas devenir fou, mais il faut l'endurer juste un peu plus longtemps. Je ne sais pas si c'était l'idée, mais si oui, j'ai l'impression que ça fonctionne.

Punch-Drunk Love est définitivement à essayer si ce n'est déjà fait, il n'y a aucune autre bonne façon de prédire si vous aimerez ou pas.

3,5 étoiles sur 5

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