vendredi 6 juin 2014

Orange Is the New Black (série)

Affiche de Orange Is the New Black
Créé par : Jenji Kohan

Première diffusion : 11 juillet 2013

Canal original : Netflix

Durée des épisodes : 51-60 minutes

Pays d'origine : États-Unis

Genre : Comédie dramatique

En l'honneur du retour aujourd'hui de Orange Is the New Black sur Netflix, voyez ce que je pense de la série.

Comment mentionné, il s'agit d'une série faite pour Netflix et distribuée exclusivement sur ce service (version originale anglaise ainsi que disponible avec sous-titres et doublage français, sur Netflix Canada du moins).

Basée sur les mémoires d'une véritable ex-prisonnière et créée par Jenji Kohan, la même qui avait créé Weeds, Orange Is the New Black a peu de ressemblance à Weeds et peu de ressemblance aux mémoires de la prisonnière qui a inspiré le personnage principal et les événements, mais peu importe, c'est tout aussi bon et vous n'êtes qu'à quelques clics de l'essayer si vous avez Netflix (donc je vous suggère fortement de l'essayer immédiatement).



La bande-annonce est bonne, mais une chose qu'elle réussit mal à représenter, c'est le niveau d'humour de la série ou plutôt à quel point il est distillé en vérité. Oui, il y a du contenu drôle, remarquablement plus que dans une série complètement dramatique, mais ça n'empêche pas que ce n'est généralement pas exagéré, un peu plus similaire à la vraie vie où certains moments sont plus comiques avec du recul et où rien n'est forcé. L'humour est donc un peu plus divisé en petites proportions environ égales à travers les épisodes (quoique comme la bande-annonce, ça devient plus dramatique avec le temps, les quelques discussions lourdes deviennent nombreuses et sévères).

Si jamais il y a un problème technique avec la bande-annonce, Orange Is the New Black, c'est l'histoire d'une femme, Piper Chapman (Taylor Schilling), qui a un fiancé, Larry Bloom (Jason Biggs), et tout pour réussir dans la vie, provenant d'une famille en moyen qui l'a bien entretenue. C'est à dire tout, sauf pour le fait que la loi l'a rattrapée. Pour une erreur, une erreur considérable (mais pas un meurtre ou rien de si grave) qu'elle croyait sans conséquences quand la loi lui est retombée dessus dix ans plus tard, elle se voit contrainte à passer les quinze prochains mois de sa vie dans une prison basse sécurité pour femmes.

Elle devra ainsi apprendre les règles de son nouvel écosystème et découvrir qu'est-ce qu'une jeune femme visiblement extrêmement calme, non-violente, tolérante, habituée au confort et à la routine de sa vie personnelle en moyen, incluant les émotions absurdement légères (comparativement à la vie de prison) qui viennent avec, a comme trait commun avec les autres criminelles de son établissement. Un écosystème où tout le monde est dans le même merdier et où la classe riche ou pauvre n'existe plus.

Le but de Orange Is the New Black est complètement différent d'une série comme Oz (qui est un aussi une série indispensable selon moi, si vous ne l'avez jamais vue). Les deux se passent dans une prison et contiennent le stéréotype (un peu fondé dans la réalité) de l'abus de pouvoir des gardiens de prison, mais Orange Is the New Black est si peu violent en comparaison (contenant même des scènes qui laissent croire qu'il y aura un déroulement violent inévitable qui finit complètement différemment en vérité) et beaucoup moins explicitement politique (quoique des situations vous feront tout de même injecter vos propres opinions dans la série par rapport à quels droit un détenu devrait avoir ou pas).

Le focus de Orange Is the New Black est en grosse partie les personnages plus que la mentalité de prison, explorée minimalement par rapport à Oz. Le but est loin d'être uniquement de nous montrer le développement du personnage principal, car même si à la base c'est l'histoire d'une femme qui n'est pas dans son environnement naturel en prison, Orange Is the New Black tente de répondre à deux questions : la prison est-elle un environnement naturel pour quiconque ? D'une autre sens, Piper a-t-elle vraiment moins sa place que d'autres en prison ?

Photo promotionnelle de Orange Is the New Black

Pour répondre à ces questions, la série développe l'histoire de quelques personnages clés pour nous faire comprendre quels genres de femmes sont dans la prison. Chaque épisode se dédie donc à un personnage et il est entrecoupé de flashbacks de leur vie avant la prison, semblable à la méthode Lost si vous avez la référence ou bien d'autres séries, mais l'approche Lost est vraiment appropriée pour décrire ceci étant donné les nombreux personnages et la similitude des deux séries entre une vie passé qui les a mené à un nouveau style de vie restrictif qui est leur présent.

Souvent, le flashback ne donne qu'une infime partie de leur histoire, juste assez pour comprendre qu'elles étaient des êtres humains comme d'autres (vraiment) qui en sont arrivées ultimement à la pire décision, parfois de façon si irréfléchie ou rapide ou par un manque de chance complet depuis la naissance, ça pourrait vous arriver. Le fait que c'est souvent pour des crimes non-violents, ce n'est pas que la punition n'est pas justifiée en quelque sorte, mais juste que c'est le type de personnages que la série contient et ce pourquoi on peut s'y attacher encore plus facilement que ceux dans Oz, qui demandent généralement de l'effort à cause de leur lourd passé criminel et généralement leur manque de volonté (ou l'impossibilité à cause du type de prison où ils sont) de changer leur personnalité pour ne plus répéter ces erreurs.

J'ai surtout adoré à quel point la série est légère, puis tourne au drame de façon originale plutôt que de toujours utiliser la violence. J'ai aussi bien aimé observer à travers le personnage de Piper (qui est un personnage principal étrange, car autant elle est importante, autant la série met le focus constamment ailleurs et fonctionne indépendamment d'elle, de plus en plus à travers les épisodes et continuant un focus varié pour la deuxième saison) une bataille progressive entre la façade qu'elle maintenait à l'extérieur et sa nouvelle réalité tout en se demandant à quel point elle peut rester qui elle est ou même quelles parties de ses agissements sont vraiment qui elle est. Il y a un véritable changement de caractère qui se révèle naturellement ou justement, peut-être une simple révélation de qui elle était vraiment tout ce temps, un peu comme certains pourraient argument de Walter White dans Breaking Bad.

Si j'avais à citer un défaut, qui devient rapidement important à l'histoire, c'est quand on voit dès le premier épisode que la partenaire de crime de Piper est incarcérée dans le même établissement qu'elle au même moment, via des procès indépendants et tout. Quel hasard présent uniquement pour créer du drame ! Vous verrez, c'est même pire que vous pouvez vous imaginez avant de commencer la série à quel point ça ne paraît pas naturel. C'est dire à quel point la série peut être bonne si elle comporte ce défaut assez grand et ancré dans l'histoire et que je la trouve tout de même excellente.

Aussi, en tant qu'homme, je reconnais clairement qu'il y a au moins un minimum de fan service pour satisfaire le fantasme courant qu'ont les hommes hétéro sur les lesbiennes. Vraiment pas exploité à tout bout de champ au moins, car ce n'est pas le but de la série, mais vraiment si j'avais un conseil à leur donner ce serait de le conserver à ce minimum. Je ne veux pas dire si le fait que des personnages aient une relation entre dans leur développement, mais si la scène n'a aucun autre but que de titiller et qu'elle dure un peu trop longtemps pour arriver à cet effet. Ce serait juste insultant pour une série qui me semble généralement célébrer la femme...

OK, c'est en prison, mauvais choix de mots par « célébrer la femme ». Je veux juste dire, c'est créé par une femme, c'est basé sur les écritures d'une femme et ça met en vedette principalement des femmes dans des rôles variés et forts. La série repose presqu'entièrement sur ces actrices qui font du très bon boulot. Il y a des émotions, mais elle ne jouent pas les femmes du stéréotype où elles sont des créatures constamment en train de pleurer pour tout et pour rien (pour être honnête et briser un stéréotype, je crois que c'est moi, un homme fort, qui pleurerait constamment si j'étais en prison entouré de gens douteux), ce ne sont pas des tigresses en cage, elles ne se plaignent pas parce qu'elles se sont cassées un ongle. Ce sont des êtres humains de différentes provenances qui doivent maintenant organiser leur vie en prison et gérer leur nouvelle vie quotidienne, rien de plus, rien de moins.

La seule affaire qu'être des femmes change vraiment est le niveau de violence diminué et le comportement moins "mâle alpha", ce qui apporte un vent de fraîcheur à une série en prison (oui, je sais, il y a eu d'autres séries en prison avec des femmes avant aujourd'hui, mais ça ne change pas qu'Orange Is the New Black est de haute qualité).

La série était tellement de qualité en fait que Netflix a eu foi en la série au point de commander la deuxième saison avant même que les gens ne voient la première, une deuxième saison qui est sortie en entier aujourd'hui (6 juin 2014, à l'écriture de l'article) tout comme ça avait été le cas pour la première saison (car les données de Netflix et entreprises similaires indiquent que les gens dévorent les séries télé plutôt que de les écouter à la semaine). En fait, vous savez quoi ? Netflix avait déjà confirmé une troisième saison récemment aussi (c'était aussi avant que la deuxième saison ne soit disponible au public), donc on peut voir que Netflix continue d'avoir foi en le succès de la série. Et on peut comprendre pourquoi !

4 étoiles sur 5

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