mardi 17 septembre 2013

Castlevania: Lords of Shadow

Devant de la boîte de Castlevania: Lords of Shadow (360)
Développé par : MercurySteam & Kojima Productions

Publié par : Konami

Sortie initiale : 5 octobre 2010

Concepteur : Luis Miguel Quijada

Plates-formes : PC, PlayStation 3 & Xbox 360

Genres : Action-aventure

Prix : Disponible neuf à moins de 20$

Il faut que vous sachiez ça à propos de moi : je suis un fan de cinéma, fan d'horreur, fan de jeux vidéo et spécifiquement un grand fan de Castlevania, que l'on parle des plus anciens jeux de la série ou des jeux plus récents qui optent pour le style Symphony of the Night. Castlevania: Lords of Shadow était la première tentative de convertir les quêtes légendaires de la série dans un univers 3D, du moins la première tentative moderne. Ça devrait être le jeu parfait pour moi, non?


Et pourtant, ça ne l'est pas! Mais vous ne me verrez pas critiquer le jeu une seule fois pour ne pas être fidèle à la série. C'est quoi Castlevania après tout? C'est une série de jeux qui nous mettent dans la peau d'un brave héros qui doit affronter les forces du mal sous la forme de plusieurs créatures connues du milieu de l'horreur (momies, loups-garous, même plus spécifiquement la Méduse ou Dracula et bien d'autres) ainsi que des créatures mythiques d'origines plus obscures (mythologie japonaise, mélange de créatures du folklore, idées originales). C'est la raison pour laquelle Symphony of the Night semblait juste, un vrai Castlevania, malgré son gameplay différent des jeux avant lui. Et Lords of Shadow est fidèle à la série en ce sens.

Plus précisément, il s'agit de l'histoire de Gabriel Belmont (personnage qu'il ne faut pas chercher sur Google si on ne veut pas avoir un spoiler majeur en pleine face), un chevalier pieux du onzième siècle qui doit tuer les seigneurs de l'ombre pour sauver le monde en péril. Sa motivation principale est qu'en tuant ces dits seigneurs, il collectionne des parties d'un masque qui aurait le pouvoir de ramener sa bien-aimée assassinée à la vie. Les seigneurs de l'ombre ont leurs armées pour les protéger, soit les lycanthropes, les vampires et tout ce qui s'apparente au domaine de la grande faucheuse et de la mort. La chose qui est rare pour un Castlevania, c'est que Dracula n'est pas annoncé comme ennemi en vue, mais ce n'est pas grave, le reste est du matériel classique qui en promet.

Puis Lords of Shadow n'est pas non plus infidèle à la série pour son gameplay. Les Symphony of the Night et jeux similaires, ce sont des jeux d'action-aventure en 2D et Order of Ecclesia, que j'ai bien aimé, est divisé en régions au lieu d'être un grand jeu open world. Lords of Shadow est exactement ces jeux-là, mais en 3D. Exploration de régions où l'on combat des monstres selon le thème local tout en cherchant un objet ou un boss, ce qui nécessite la résolution de quelques puzzles la plupart du temps. Ce que le jeu fait mal en premier lieu par rapport aux autres, c'est peut-être manquer de variété, mais sinon, c'est similaire.

Donc j'espère que c'est clair, j'accepte Lords of Shadow comme étant un Castlevania. Là où le jeu échoue le plus, c'est que les mécaniques qu'il utilise en 3D pour représenter ce qui était autrefois en 2D sont souvent mal exécutées. Autre chose, le jeu ne tente même pas de cacher qu'il a volé ses idées d'ailleurs.

God of War est populaire chez les jeunes ces jours-ci, non? La tradition des Castlevania est que le héros a un fouet, alors c'est pratiquement la même affaire que Kratos et ses chaînes. On va prendre son système de combat où les chaînes virevoltent dans tous les sens en accumulant les combos. Ça tombe bien, je suis un fan de God of War. Une chose est facile à remarquer, c'est que les ennemis du jeu n'ont pas été conçus pour bien répondre à cette mécanique, pour vous forcer à faire appel à différentes stratégies et différents combos. C'est du button mashing, une évasion, du button mashing encore, rincer et répéter. Les ennemis ont pratiquement tous la même stratégie, se lancer sur vous. C'est encore moins pardonnable dans un jeu qui est basé sur le fait que chaque créature du mal est supposée avoir des pouvoirs si différents les uns des autres.

Shadow of the Colossus, en voilà un jeu qui s'est fait parler de lui. Ça tombe bien, il doit bien y avoir des créatures géantes dans le monde de l'horreur, déjà que les Castlevania ont tendance à contenir un Golem ou un titan à un moment donné. Ça tombe bien, j'ai aimé Shadow of the Colossus, jeu répétitif, mais il se rachète en vous impressionnant de vos accomplissements. Donc Lords of Shadow contient deux boss qui ne sont pas inspirés par Shadow of the Colossus, oh non ce sont des copies conformes. Il faut grimper sur un géant en s'accrochant à sa fourrure, arrêter de bouger quand il se secoue et trouver où sur son corps se cache le point faible à frapper.

Capture d'écran de Castlevania: Lords of Shadow

Pourquoi ça échoue? Shadow of the Colossus était entièrement basé sur cette mécanique, alors les premiers boss servaient à vous y habituer, mais plus ça avançait et plus ça devenait difficile et complexe. Comme Lords of Shadow n'est pas fabriqué autour de ce point de gameplay, il ne peut pas aller au-delà du monstre qui se comporte uniquement comme un tutorial avec ce concept. Ils vous laissent faire tout ce que vous voulez en autant que vous vous rappelez de ne pas bouger à genre toutes les cinq secondes.

Puis il y a la panoplie d'autres problèmes comme la caméra qui ne peut pas être bougée. Ce n'est pas nécessairement un problème, en autant que le jeu prend TOUJOURS la bonne décision de où la placer. Ce n'est pas le cas dans celui-ci, très souvent... Il y a ensuite le problème des contrôles, car le saut du personnage est très instable et difficile à manier, ce qui n'entre pas en compte obsessivement comme si c'était un pur platformer, mais assez souvent pour frustrer.

Pourquoi pas parler du problème de l'escalade, un thème récurrent du jeu et c'est tout simplement brisé, parce que le jeu arrive difficilement à vous communiquer, d'un bout à l'autre, où aller. Je n'ai pas besoin d'une flèche ou d'un GPS, le bon design des niveaux devrait s'occuper de ça tout seul, me faire comprendre qu'il y a une possibilité d'aller quelque part. Plus souvent qu'autre chose, le fait de ne pas pouvoir bouger la caméra m'empêche de savoir où je dois me rendre. Le fait que le jeu soit divisé en niveaux devrait pourtant donner le contraire, c'est-à-dire un jeu où ils ont eu un bon contrôle sur le design de ceux-ci, sans les multiples problèmes venant avec un grand monde où tout est explorable et où tout peut mal aller en dehors du contrôle des développeurs.

Il y a du mauvais design qui dépasse le simple manque d'indications et qui est parfaitement imprégné dans l'essence même du jeu. Je me rappelle d'un endroit où je pouvais activer un levier qui ouvrait une porte plus loin ainsi que des pics sortant du sol devant la porte. Les pics sortaient et rentraient dans le sol en alternance. Possible de les passer sans dommages si on a le pouvoir pour courir plus vite. Oh, quand on arrive devant la porte, elle se ferme automatiquement. Je peux cependant utiliser une arme secondaire épuisable (comme dans pratiquement tous les Castlevania), en l'occurrence un couteau que je lance sur le levier au loin par-delà les pics. Oui, ça fait quelque chose, mais la porte se referme quand même parce que je suis devant. Eh bien, figurez-vous que j'ai découvert par accident qu'il fallait lancer un couteau alors que le pouvoir "dark" était activé pour que le levier répondre de la bonne façon. Pourquoi? Mystère de la vie! Je pense que je n'ai pas revu cette mécanique nulle part ailleurs dans le jeu.

Laissez-mois vous en parler justement de ces pouvoirs, "dark" et bien sûr "light". C'est comme le mana dans les autres jeux ou le MP si vous voulez, une barre de magie qui se vide progressivement à chaque utilisation. Vous pouvez la remplir si des ennemis font tomber des boules jaunes. Avec les boutons, vous décidez si vous absorbez ces boules jaunes pour remplir la magie "light" ou "dark".

En activant la magie "light", vous vous guérissez en même temps que vous infligez des dégâts à l'ennemi en le frappant. Avec la magie "dark", chaque coup est plus fort. Il y a aussi des combos spécifiques à chaque catégorie, "light" ou "dark", mais n'oubliez pas que le button mashing peut vous mener à travers le jeu avec à peine plus de difficulté (le jeu est un peu difficile peu importe la stratégie et très difficile si vous n'êtes pas apte aux jeux d'action comme celui-ci, qui est mal fait je vous le rappelle). Les magies n'affectent bien que vos coups et vos combos, ce ne sont pas vraiment des magies uniques à proprement parler.

Ce jeu a-t-il une chose en sa faveur? Eh bien, si vous avez une attirance pour son style, si comme moi vous aimez savoir que vous vous battez contre une infinité de créatures de l'horreur (même si celles de ce jeu manquent d'inspiration en plus de presque toutes se ressembler en comportement) ou même une création robotique de Frankenstein dans son repaire (non pas la traditionnelle créature normalement présente dans les Castlevania et malheureusement/étrangement absente de ce jeu), vous pourrez passer à travers ce jeu. Vous aurez besoin de beaucoup de patience et savoir que vous y jouez juste pour le finir après un bout.

Scores :

Graphiques : 80%
Les graphiques ne sont pas parfaits ou même excellents, mais ils sont un attrait du jeu. Une meilleure note aurait été attribuée si l'ambiance était forte comme dans un BioShock par exemple, mais elle est suffisante et satisfaisante

Sons : 75%
La trame sonore est orchestrale et elle sonne bien. Elle n'a rien de mémorable comme les thèmes nombreux, variés et de qualité de la série. Elle ressemble à l'ambiance du jeu, je ne dirais pas qu'elle l'améliore (malheureusement) ni qu'elle le rabaisse. Les voix proviennent de personnes talentueuses, y compris Patrick Stewart qui fait la narration, mais ses dialogues sont affreux et j'ai l'impression que le casting n'est juste pas le bon dans son cas, malgré son talent. Bof, c'est passable quand même

Jouabilité : 59%
J'ai mentionné en long et en large les défauts, sans parler de ceux que je n'ai pas mentionnés (par exemple, l'évasion bien exécutée ne fonctionne quand même pas toujours). Le plus gros défaut est, en plus d'être l'un des jeux les moins originaux et de ne même pas compenser ça avec une bonne exécution, juste d'être complètement médiocre. Le design des niveaux d'un Castlevania, ça joue normalement à son avantage même quand c'est frustrant. Ici, ce n'est pas juste à cause que les mécaniques comportent des défauts, mais les niveaux en tant que tels n'ont rien de marquant, pour la plupart. Le point positif est que j'ai déjà vu pire, c'est pas mal tout si c'est un point positif

Rejouabilité : 75%
Le jeu contient une dose massive de rejouabilité, car chaque niveau devrait en théorie être complété à la difficulté la plus élevée et chaque niveau contient aussi des défis. Mais je ne peux lui attribuer une note parfaite pour autant, car je ne trouve pas le jeu assez bon pour profiter de cette dite rejouabilité et justement, à quoi sert-elle vraiment? Juste une excuse pour continuer d'y jouer, mais il n'y a pas plus d'histoire ou rien d'attaché à tout ça. J'ai déjà l'impression d'avoir été trop doux avec ma note pour cet aspect du jeu, mais bon...

Histoire : 50%
C'est du standard, ce qui n'élève pas la note. Ceci dit, quelque chose de purement standard pourrait aller chercher du 65% à 75% pour moi, dépendant de son exécution. Ce n'est pas tant que le jeu échoue à raconter une histoire cohérente, mais que les dialogues sont affreux. Je le baisserais encore plus si ce n'était que graphiquement et par sa voix, j'ai pu ressentir les émotions du personnage principal. Mais Patrick Stewart, encore une fois il n'avait pas sa place dans ce jeu (le pire, c'est que son personnage est important; il le sera probablement dans la suite à venir dont l'existence me rend perplexe, sauf sis je présume que le jeu s'est vendu)

Bonus : 0%
Non, je ne conseille pas le jeu sauf si vous aimez l'horreur (pas avoir peur, mais le style dans ce cas-ci) ou Castlevania et que vous êtes bien (trop) curieux. Je n'ai donc aucune valeur bonus à lui offrir pour compenser ses défauts, malgré que le jeu a baissé de prix considérablement depuis sa sortie (c'est sûr que peut-être qu'à 5$ je dirais ne dites pas non, car ce n'est ni trop cher ET ni trop bas pour un jeu avec ses défauts)

Total : 59%
Lords of Shadow n'est pas un jeu japonais comme la vraiment large majorité des Castlevania (que j'aime presque tous), c'est fait par MercurySteam, une compagnie espagnole qui n'a pas tant d'expérience que ça et leurs jeux qui précèdent celui-ci ne sont pas l'excellence même en termes de design. Les créatures de l'horreur sont reconnues à l'international, mais l'inspiration typique des créateurs japonais de la série, qui continuait d'être excellente même dans les jeux les plus récents de la série avant celui-ci (2008), n'est tout simplement pas là.

Lords of Shadow est un jeu paresseux. Il fait le minimum pour fournir un produit complété qui peut porter le nom Castlevania sans vraiment mentir, mais sans vraiment respecter le titre non plus

1 commentaire :

Laurent Maulin a dit...

Je trouve que côté graphisme et game play ce jeu n'a rien d'extraordinaire. La preuve y a même pas de bonus lol
Galaxy S4 mini

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