lundi 29 avril 2013

Thomas Was Alone

C'est l'heure du puzzle plateformer indie! Originalement disponible sur PC, c'est la version PS3 auquel j'ai joué, qui vient avec la version PS Vita gratuite du jeu (Cross-buy), avec un système de sauvegarde dans le cloud pratique et rapide.

Thomas Was Alone est un jeu de plateforme minimal. Ça ne peut pas être plus minimal que ça: on y contrôle différents personnages de différentes couleurs qui ne sont que des rectangles ou carré en 2D. Le monde est constitué d'un fond de couleur uniforme et d'obstacle en noir. Il y a un effet d'ombrage intéressant, et un angle au niveau qui donne un résultat stimulant visuellement, même dans sa simplicité.



Chaque personnage a une forme et une habileté spéciale: flotter sur l'eau, double saut, gravité inversée, etc. Ces habiletés sont utilisées d'une multitude de façon au cours des 100 niveaux que contient le jeu. J'ai été constamment surpris par l'originalité de ceux-ci malgré les limitations que le jeu se créer. J'ai aimé la précision dans leur design: chaque personnage a une largeur et hauteur particulière, les niveaux utilisent donc des hauteurs d'obstacles spécifiquement pour vous faire utiliser un personnage en particulier. Rien n'est laissé au hasard.

On passe de l'un à l'autre des personnages en utilisant les boutons "L" et "R", et on peut suivre avec une charte (c'est l'image du début de l'article) quel personnage est le suivant. Une petite flèche s'affiche au-dessus du personnage que vous contrôlez présentement. Le but est que tous les personnages à la fin du niveau atteignent le carré blanc de leur forme, qui représente le portail de sortie.

Il n'y a qu'une seule solution par niveaux: ce n'est pas un jeu de puzzle basé sur la physique, mais plutôt sur la déduction. Le plateforming n'est jamais ce qui est de plus difficile, l’accent est vraiment dans les puzzles, qui sont en général assez facile, mais dont certains vous laisseront perplexe Assez court, environ 4 heures, mais son prix de 10$ en justifie la longueur. De toute façon, 100 niveaux, c'est amplement suffisant. C'est même un exploit qu'ils ne tombent pas dans la répétition facile. Le jeu n'est pas du tout frustrant, son rythme et sa difficulté se comparent à Journey, qui offre une expérience plus relaxante que stressante.

Le seul reproche que j'ai à lui faire, c'est que sur Vita, le zoom est tellement éloigné qu'il est difficile de voir les obstacles avec précision. J'ai rencontré le même problème avec Guacamelee, puisque ce sont des jeux qui ont été pensé pour de gros écran en 1080p.

Les rectangles représentent des intelligences artificielles conscientes, qui travailleront ensemble au cours du jeu pour tenter de s'échapper. C'est une histoire d'amitié et d'entraide. Pendant que l'on joue, l'histoire est racontée par un narrateur, l'humoriste Danny Wallace. (Ceux-ci ont l'air d'être la mode dernièrement: Runner 2, Battleblock Theater, Bastion, Dear Esther). Ce que Thomas Was Alone fait de spécial, c'est que narrateur nous parle des rectangles comme s'ils étaient des humains: ils les appellent par leurs noms (Thomas, John, Chris, Laura, Sarah, Claire, James), et parle de ce qui'ils ressentent, de leur passé, de leur caractère. Tellement, qu'après quelque temps, on oublie que ce ne sont que des rectangles...

Vous rappelez-vous de la conférence de presse de l'annonce du PS4, lorsque David Cage nous disait que la puissance de la machine et le nombre de polygones nous permettaient maintenant de faire des jeux avec plus d'émotion? Thomas Was Alone DÉTRUIT cette affirmation, réussissant à nous faire sympathiser pour de simple forme géométrique… La trame sonore appuiera ces émotions, avec de la musique d'ambiance qui me rappelle M83.

Thomas Was Alone fait partie de la grande quantité de "puzzles plateformer", mais encore une fois, il est différent de tous les autres. C'est pourquoi j'aime ce genre si spécifique: chacun a un concept bien à lui.

1 commentaire :

Bob a dit...

J'ai apprécié Thomas Was Alone.

Pour moi, il n'est pas la simple différence entre un jeu unique du genre puzzle platformer et un autre, il est plutôt différent de ce qu'est un puzzle platformer en général. Je crois qu'il représente plus l'évolution des Dear Esther, Flower et Journey de ce monde. C'est comme le mélange entre les expériences interactives qu'étaient ces titres pour moi et ce qu'est un jeu vidéo aussi pour moi.

Je m'explique, le but est le même que dans les titres mentionnés : avoir un flot de progression assez constant avec une emphase sur la découverte. Le but principal n'est pas de montrer qu'on peut compléter les objectifs en utilisant nos talents ou notre tête, comme dans un jeu traditionnel par exemple.

Thomas Was Alone se base tout de même sur des éléments qu'un jeu utiliserait habituellement, comme du platforming dans ce cas-ci et l'utilisation des talents des personnages pour compléter les objectifs. Mais la simplicité des objectifs, en gros général, fait que démontrer qu'on peut les accomplir n'est pas le but principal de Thomas Was Alone, donc ils deviennent tout simplement l'outil que Thomas Was Alone utilise pour arriver à la progression constante et le sentiment de découverte similaire à Flower et Journey.

Là où il n'a pas fait le mélange parfait, c'est que le côté émotionnel n'a pas fonctionné autant pour moi. Je n'ai pas détesté, mais je n'ai pas trop aimé non plus la narration (avec la musique d'ambiance neutre en fond, c'est rendu le "necessary emotional pull" quétaine typique des jeux indies qui se font reconnaître, à commencer par l'un de mes préférés et pionniers du mouvement moderne, Braid, malgré son absence de narration). OK, j'ai été surpris à quel point les efforts sont tous là pour donner des personnalités aux rectangles et je vais lui donner ça, ils deviennent un peu plus que des rectangles pour moi, rien qu'un peu plus, mais pas assez. (Cependant, je comprends c'est quoi trouver de l'émotion dans un véritable vieux jeu ou style rétro, car j'en ai trouvé énormément dans ce bon vieux Final Fantasy VI qui est très limité par rapport à ce que David Cage prône, alors il est full of shit et je suis d'accord.)

Thomas Was Alone est loin de la perfection, tout comme Flower, Journey ou Dear Esther, mais pour arriver à m'intéresser en tant que jeu vidéo, c'est un premier pas dans la bonne direction.

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