mardi 23 avril 2013

Oblivion

Juste avant le déluge de films cet été, un film de science-fiction fait son apparition: Oblivion, qui est adapté d'un roman graphique publié par Radical Studios (pourtant impossible de trouver le roman graphique en vente où que ce soit).

L'histoire: la Terre est déserte, suite à une attaque extra-terrestre en 2017. Tout le monde a évacué vers une station spatiale qui tourne autour de Saturne. Jack Harper (Tom Cruise) est en mission en 2077 pour s'assurer du bon fonctionnement des drones, ces robots qui tentent d'éliminer les derniers extra-terrestres (scravengers) présents sur Terre. C'est alors qu'une navette s'écrase, qui viendra changer la vie de Jack.


La première partie du film est formidable. Les décors sont superbes, et le rythme est lent, ce qui nous permet de nous absorber dans ce futur particulier. Le thème de l'environnement postapocalyptique est sur-utilisé depuis plusieurs années (et ce n'est pas fini: After Earth, The Last of Us, World War Z), mais je dois dire que l'utilisation de celui-ci dans Oblivion est plutôt intéressant. Au lieu des traditionnelles villes détruites par une guerre, c'est la nature qui a pris le dessus. Plus que dans I Am Legend, puisque l'eau de la planète est absorbée par le TET (un tétraèdre flottant dans l'espace dans le but de redistribuer la ressource aux terriens réfugiés autour de Saturne). Le niveau du sol est plus haut dû à destruction de la lune (et le déplacement des plaques tectoniques) recouvrant toute trace de civilisation, ne laissant que des plaines avec des vestiges (par exemple, il n'y a que le bout de l'Empire State Building qui est visible, de tout New York).

La deuxième partie du film penche plus vers des clichés de la science-fiction: vous les reconnaîtrez lorsque vous les verrez…On tombe plus dans l'action sci-fi, au lieu du côté artistique contemplatif du début. C'est quand même bon, et longtemps intriguant.

Si vous aimez les films de science-fiction, vous allez adorer le film (particulièrement la première moitié), puisqu'il fait tout ce que le genre fait de mieux d'une façon remarquable: la redécouverte de notre planète vue d'un autre angle, le mystère d'une menace inconnue, les conspirations folles ou encore l'invention de technologie et de design futuriste original.


Le paradoxe, c'est que si vous aimez les films de science-fiction, vous allez moins aimer l'histoire du film, puisque la plupart des événements clés du film ont déjà été faits dans d'autres films, et en beaucoup mieux. S'il n'existait qu'un seul film de science-fiction et que c'était Oblivion, il serait acclamé haut et fort par les critiques. Mais je n'ai qu'à vous dire le titre d'un autre film pour totalement gâcher votre expérience de visionnement… Il y a plusieurs influences visibles, mais une d'elles ressort particulièrement… C'est comme si je vous disais qu'un film, par exemple (ce n'est pas le cas, c'est juste un exemple) a une fin à La Planète des Singes. Vous sauriez aussitôt que le film se passe sur la Terre et votre expérience de visionnement en serait affectée. C'était un bon punch dans le temps, mais ça a été fait plusieurs fois, ça pourrait donc être considéré comme du déjà vu aujourd'hui…

Le prochain paragraphe contient des SPOILER
J'ai tellement le goût d'en parler que je ne peux pas me retenir: le paragraphe qui suit contient le fameux spoiler. Le film, c'est Moon. Voilà. Si vous avez vu Moon, vous saurez exactement ce que je veux dire. Vous n'en reviendrez pas à quel point les similarités sont nombreuses. Le problème est que Moon traite son concept d'une façon terriblement efficace. C'est que le public, lorsqu'il regarde Moon, ne sait pas à qui faire confiance. Est-ce le personnage principal qui devient fou? Est-ce que l'ordinateur est méchant, ou s'il agit de la sorte pour le bien du personnage? Est-ce que ce que nous voyons est la vérité, ou notre vision des choses est distorsionné par la folie du personnage? La réaction du personnage dans Moon face à la révélation finale (qui est pratiquement la même dans Oblivion), est beaucoup plus réaliste et efficace dans Moon. Le dévoilement de celle-ci l'est encore plus, puisqu'il n'y a jamais question d'extra-terrestre, qui nous laisse avec un débat en tête, puisque tout ce qui se passe est fait par l'humain, subit par l'humain. Oblivion ne nous laisse pas avec le même débat, même si tout est identique. C'est dû à la fin trop joyeuse, au moment héroïque très "Hollywood", aux flashbacks cheesy, et aux clichés de "l'accomplissement du destin" du personnage principal. Le groupe rebels underground est très "Matrix", avec son leader noir au lunettes rondes (Morgan Freeman), le "boss" final est très 2001: l'odysée de l'espace, la perte de mémoire est très "Total Recall". Les drones n'ont jamais cessé de me faire penser à Wheatley de Portal 2, mais ça c'est peut-être juste moi... Le scénario n'est peut-être pas aussi original que j'aurais espéré, mais on peut le voir comme un "best of" des meilleurs éléments de science-fiction.
Fin des spoilers

Si je me plains, c'est que je souhaitait tellement que le film me surprenne que j'en suis un peu déçu. Néanmoins je trouve aussi que Oblivion est un excellent film de science-fiction, j'oserai même dire qu'il est "underrated': les critiques lui donnent des 60% un peu partout. C'est pourtant un film de qualité, autant dans ses effets spéciaux que les acteurs, et sans oublier la beauté des concepts des technologies utilisées (ordinateurs, vaisseaux, costumes). Il n'as peut-être pas le scénario le plus original, mais celui-ci risque d'être plus intéressant que la plupart des films gros budget de l'été!

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