vendredi 29 mars 2013

The Cave

The Cave, un jeu d'aventure par Ron Gilbert, le créateur de la série Monkey island et Maniac Mansion. Il est développé par Double Fine. C'est un puzzle-plateformer, très influencé par les jeux d'aventures point-&-click. Il est disponible pour environ 15$ sur XBLA, PSN, PC et aussi Wii U!

Au début du jeu, on vous donne le choix de 7 personnages: un moine, une aventurière, un campagnard, une scientifique, des jumeaux gothiques, un chevalier, et une voyageuse dans le temps. Vous en choisissez 3, et comme dans Day of the Tentacle, vous pourrez passer de un à l'autre en appuyant sur un bouton. En gros, c'est un jeu coop où vous jouez seul (ou à 2 en local co-op). Ces personnages entrent dans la caverne pour des raisons différentes: ils ont un choix à faire, à propos d'un conflit dans leurs vies. La morale du jeu prends une grande place, mais ce n'est pas grave, le message passe bien.


L'histoire des personnages est racontée grâce à des peintures que l'on trouve un peu partout dans le jeu. Elle forme une suite d'image, un peu comme un comic strip, qui révèle peu à peu les pêchés commis par les personnages. J'ai aimé cet aspect, puisque le suspense reste complet pendant une partie du jeu, et la découverte de nouvelle peinture était excitante.

Chaque personnage a un pouvoir différent, et rencontrera une section qui lui est spécifique, le confrontant au dilemme qu'il fait face dans sa vie. C'est peut-être juste une caverne, mais elle contient tout de même une île, un château, un temple, un zoo, une maison, une mine, et quelques autres lieux farfelus...

Si j'avais à donner une note à ce jeu, ce serait dans les alentours de 75%, ce qui se rapproche beaucoup de la moyenne. Lorsque je regarde l'opinion générale en ligne, plusieurs problèmes sont mentionnés, comme étant de simple défaut.

Allons un peu plus loin. Le vrai problème de ce jeu, c'est qu'il serait un excellent point-&-click, mais qu'il a été transformé pour le public d'aujourd'hui, qui n'est pas familier avec le genre. Il a été transformé en puzzle-plateformer, et par le fait même hérité de tout les problèmes de ceux-ci. Point par point:

-Le plateforming n'est pas intéressant. Ce n'est pas que le contrôle est mauvais, trop difficile ou mal équilibré, c'est qu'il est tout simplement inutile. Il n'y a pas de "plateforming" à faire, pas d'obstacle: il ne sert qu'à se rendre du point A au point B. La raison de son existence, c'est dû au fait que les jeux d'aventures sont normalement divisés en "écran" contenant des puzzles, et que la transition de l'une à l'autre (porte, passage, etc.), est instantanée. Mais lorsque le jeu essaie de créer UN grand environnement sans transition, on y retrouve donc automatiquement de LONGUES sections qui ne servent à rien d'autre que de relier les "écrans" où se trouvent les puzzles. Ron Gilbert a ouvertement dit en entrevue que le plateforming est présent parce que les gens qui jouaient à des point-and-click trouvaient que le déplacement des personnages était pénible... Le contrôle comme les jeux de plateforme ont été créés pour faciliter la prise en main des joueurs console.

-Le jeu est court. En fait, ce n'est pas vrai du tout. Il dure environ 10 heures, pour compléter avec tout les personnages. Chacun d'eux a une section particulière qui n'est pas accessible si ce personnage n'est pas présent dans votre équipe. Le problème, c'est que si vous recommencez le jeu, les sections obligatoires seront exactement identiques (le tiers du jeu). Le compromis, c'est qu'étant donné que le mode coop n'est que local, une durée de 10 heures ne serait tout simplement pas appropriée. Le créateur a aussi dit que la courte durée correspond plus à l'auditoire moderne. Le pire c'est que vous aurez besoin de TROIS playthought, à cause du nombre de personnages. (Le chevalier est celui dont la zone spécifique apparaît en premier, je vous conseille donc de le réserver pour votre troisième playthrought: vous pourrez compléter sa zone, le château, et ensuite arrêter. Vous aurez alors exploré toute la caverne.)

-Les puzzles sont trop simples. Le compromis: le jeu ne contient pas d'Inventaire. Le but était peut-être de simplifier l'interface et les contrôle, mais les puzzles en souffrent. Les objets sont transportés dans les mains des personnages, un à la fois. Les puzzles ne contiennent donc qu'une petite quantité d'objets, et c'est ce qui les rend évidents. Par exemple: un mur de roche devant vous, lorsque vous possédez de la dynamite, et qu'il y a une torche à proximité... Un des plaisirs des point-&-click, c'était la combinaison d'objet, qui est absent de ce jeu. Le pire, c'est que les mêmes objets reviennent plusieurs fois dans le jeu: saucisse, dynamite.

-Pas de dialogue farfelu. Ceux-ci sont aussi une force de Ron Gilbert. Mais dans The Cave, les personnages sont muets.Ça a l'avantage de garder un mystère sur leur intention et leur passé, mais ça les rend aussi un peu génériques. La caverne elle-même commente les évènements, et c'est parfois drôle, mais ça se rapproche plus d'un "Limbo".

-Plusieurs fins: il y a l'ajout d'une certaine valeur de rejouabilité, mais je prends tout de même le temps de souligner le choix de fin de partie qui n'est pas clair du tout : vous vous retrouverez probablement avec la mauvaise fin sans le vouloir.

Donc, le véritable problème du jeu est plutôt qu'il essaie de s'adapter à un tout autre marché, plutôt que de rester fidèle à son genre. Mais comme jeu téléchargeable, il en vaut tout de même le coup. (Peut-être attendre un rabais?). Il n'y a rien de vraiment mauvais dans The Cave, il manque juste un peu de personnalité, d'humour, de puzzle et de dialogue. Bon, c'est quand même pas mal de choses, mais vous serez tout de même diverti pendant quelques heures. L'idée est intéressante.

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