mardi 12 mars 2013

Kavinsky - Outrun

Outrun, c'est la trame sonore d'un film fictif, mettant en vedette Kavinsky, l'adolescent décédé dans un accident avec sa Testarossa en 1986, mais revenu à la vie, possédée par sa voiture. Le "son" très année 80 est toujours aussi présent, avec des pistes qui ne sont pas nécessairement pour le plancher de danse, mais pour une écoute plus personnelle.

Le tempo est souvent lent, et ce n'est pas un défaut puisqu'en électro, on a trop souvent le contraire. C'est pourquoi le collectif Valérie se démarquait, parce que eu aussi y allait avec l'ambiance et le style plutôt que les gros beats. Donc, fidèle à lui-même, Kavinsky nous amène cet album, qui sera découvert par tous ceux qui l'on découvert avec le film Drive.


Faisons d'abord le tour des nouvelles pistes disponibles sur l'album.

Le Prélude, qui pourrait être une entrée sur scène spectaculaire, c'est du Kavinsky classique, qui nous rappelle un peu The Son of Flynn sur la trame sonore de Tron: Legacy. Comme j'ai mentionné plus tôt, quelques lignes introduisent le personnage de Kavinsky. Un excellent début d'album.
Prelude by Record Makers

Déjà sur la deuxième piste, Blizzard, on peut entendre l'influence que SebastiAn a eut sur cet album. C'est moins appuyé sur les synthétiseurs, plus de guitares, un échantillon fantôme, mais aussi un beat à tout casser. Un peu différent, mais tout de même une bonne piste.
Blizzard (preview) by Record Makers

Odd Look commence très bien, et tout à coup: paf! C'est SebastiAn, avec la même effet sur sa voix que dans "Embody". J'aurais vraiment préféré cette piste en version instrumentale. Elle débute par une similitude avec la trame sonore de Tron: Legacy, que j'adore.
Odd Look (preview) by Record Makers

Rampage est la plus grande réussite de l'album, pour ce qui est de recréer le style "trame sonore". Un brin de Stress de Justice, et peut-être une pincée de Mean Games de SebastiAn? C'est le suspense, le drame, compacté dans un 3 minutes. On peut s'imaginer n'importe quoi, mais rien de moins qu'une scène d'action spectaculaire...
Rampage (preview) by Record Makers

Suburbia est un désastre. La force de Kavinsky, c'est l'aspect rétro, les synthétiseurs, et surtout, les pistes instrumentales. On est donc surpris par un rap, plein de "fuck" et de "nigga", qui gâche complètement l'ambiance, le style, et le concept de cet album. Le concept de l'album se passe dans les années 80, non? Alors pourquoi il y a des mentions de Facebook et Twitter? J'avoue que je déteste tout ce qui est hip-hop et rap, parce que les paroles sans émotion nous empêchent d'apprécier la musique derrière, qui est la véritable "star". Cette piste de rap n'entre pas non plus dans le thème de la "trame sonore" qu'est censé représenter cet album.
Suburbia (preview) by Record Makers

First Blood est le contraire de Suburbia. Elle prouve que des paroles peuvent fonctionner dans le contexte de l'album, et aussi avec le style précis de Kavinsky. Très soul années 80.
First Blood (preview) by Record Makers

Endless, encore du Kavinsky à son meilleur: du slow tempo nous rappelant le Yamaha DX7 (comme vous le savez peut-être, les consoles Sega étaient dotées de sound chip de Yamaha, c'est donc pour cette raison que ces consoles et le synthétiseur classique des années 80 on des sons se rapprochant)
Endless (preview) by Record Makers

Il y a ensuite les pistes qui ne sont pas des inédits:

Testarossa Overdrive, c'est le classique des débuts de Kavinsky: le remix de SebastiAn est apparu dans Grand Theft Auto 4, et a été très populaire. Le clip est le plus intéressant selon moi: il raconte les origines du personnage, en gardant un style animé très travaillé.


Deadcruiser est aussi bon, et il y a un autre clip caché sur le web, jamais sorti, pour une raison que j'ignore. Il met un peu plus de viande à l'histoire du personnage, et est encore en animé. Le clip fini avec un court extrait de Grand Canyon, aussi sur l'album Outrun.


Roadgame, et son violon très dramatique était disponible il y a quelques mois sur Bandcamp. Encore une autre piste idéale pour une publicité de voiture, je ne sais pas pourquoi...

Kavinsky - Roadgame by Record Makers

Ce qu'il manque sur l'album, c'est Pacific Coast Highway (présent sur le EP Nightcall), qui racontait une partie d'histoire: une émission de télévision sur les phénomènes paranormaux qui raconte la légende du "Deadcruiser", avec des extraits de poursuite en voiture. Le concept a été repris par le clip Protovision (au début de l'article), mais j'aimais le parfait mélange de musique et de scénario. C'est une piste de 6 minutes 20, intéressante du début à la fin. Elle aurait dû y être... Une autre piste que j'aurais aimé y voir, c'est Testarossa Nightdrive, une de mes favorites de Kavinsky.
Pacific Coast Highway by Kavinsky

Je rêverais d'une version DVD de cet album, à la Interstella 5555, animé, comme le clip de Testarossa Autodrive, avec acteur, comme le clip de Protovision, ou un mélange des deux. Ce serait extraordinaire. Pourquoi ce serait extraordinaire? Cet album ne profite pas assez du thème. À part l'intro et l'outro, quelques chansons avec des paroles hyper vagues (ou incompréhensible), j'aurais aimé me faire raconter une histoire. Cet album serait devenu quelque chose d'unique et de jamais vu. Un peu comme Gorillaz et Demon Days: tu ne peux pas créer des personnages et commencer à raconter une histoire sans jamais la terminer. Au final, c'est juste décevant. Même Danger, en fait plus en quelques images que Kavinsky en fait dans tout son album...

Les albums: c'est fini

L'album tant attendu de Kavinsky est enfin sorti, après 6 ans d'attentes. C'est une phrase que je ne devrais jamais dire, mais voilà qu'une leçon s'impose. On considère les albums comme étant des sorties plus "officielles" que les singles, les EP et les maxis, mais l'est-ce vraiment? Outrun de Kavinsky est excellent. Mais les fans resteront un peu sur leur appétit. 3 pistes sont tirées de ses EP de 2006-2007, soit Testarossa Autodrive, Deadcruiser et Grand Canyon. Il y a Nightcall, que tout le monde connaît. Les deux singles sortis avant l'album: Roadgame et Protovision. Plus une intro, une outro, un remix. Que reste-t-il? Nous sommes maintenant descendus à 5 chansons inédites...

C'est le problème des albums: la presse, la télé et les blogues (bonjour!) parlent souvent d'un artiste seulement au moment où ils sortent un album. Le public général ne fouille pas sur le web pour trouver des bons EPs. Étant donné que ceux-ci sortent en vinyle ou uniquement sur le web, les sélections en magasin sont de plus en plus minces, et l'offre effectivement, que les albums les plus populaires.

Mais qu'y a-t-il sur un album?
-Souvent des "featuring", qui sont là, la plupart du temps, uniquement pour attirer les masses, et qui ne représentent pas nécessairement le style de l'artiste de l'album, mais plutôt de l'artiste l'invité.
-Quelques pistes que vous avez déjà en single, parce que l'artiste y met tout ce qu'il a, donc quelques morceaux qui ont été populaires dans le passé
-Le style est est parfois penché vers le "populaire" pour être un peu plus commercial.

Et quand on a tendance à officialiser l'album aux dépens des singles, on l'attend pendant des années en espérant quelque chose de beaucoup plus grand, on se retrouve avec quoi? La moitié des pistes déjà sorties en single et quelques nouveautés, une intro, une outro, et voilà. Rien de plus spectaculaire que les 3 maxis, 4 singles avec des b-sides et une poignée de remix: l'équivalent de 2 heures ou plus de matériel original, versus ce petit package commercial, le LP, qui comble un besoin absurde de l'industrie.

Et on ne peut en vouloir au artistes pour ça: un EP, ça ne coûte rien à produire. Du moins, pas autant que la distribution, et le marketing d'un album à l'échelle internationale. Il FAUT que l'album soit vendeur. Ce n'est pas l'artiste qui veut ça, c'est sa maison de disque, son label.

Qui prend vraiment le temps d'apprécier un album d'un bout à l'autre? Nous sommes à l'ère des singles et des mp3 individuels.

Même le consommateur en aurait plus pour son argent. Par exemple, j'adore ce que fait Bart B More, et je me suis dit que j'avais hâte à son album. Mais en vérité... Je n'ai aucune raison de penser ça. Un album ne ferait rien de plus, rien de spécial que les singles peuvent faire. Il y a plus d'une vingtaine de track de Bart B More disponible en single, et certaines sont très longues. C'est certain à 100% que celles-ci serait raccourcis, taggués avecle fameux "album version", et perdrais une partie de leur âme.

Les singles ou EP, c'est la liberté de la longueur des pistes, de leur nombre, de leur style. Est-ce un album concept? Quelques pistes peuvent avoir un thème ou une ambiance spécifiques, mais c'est très difficile de garder un thème durant tout l'album. Quelques artistes réussissent (Kraftwerk, Sébastien Tellier), mais d'autres comme Kavinsky semblent avoir de la difficulté. Parce qu'une autre chose que fait le "public général", c'est de se plaindre qu'un album a des pistes qui se ressemble toutes, alors qu'en fait, c'est le style de l'artiste. On ne peut pas lui demander d'être complètement différent chaque chanson, puisque dans ce cas, il n'aurait tout simplement aucune personnalité.

L'album, c'est aussi le fait de donner un énorme pourcentage à une maison de disque plutôt qu'à l'artiste. C'est quelque chose de plus en plus inacceptable de nos jours, avec toutes les possibilités offertes. Bandcamp est un excellent exemple, tandis qu’iTunes et Beatport se prennent peut-être un pourcentage, mais ça reste dans le raisonnable. Une sortie régulière d'environ 3 pistes en format digital, c'est le format idéal. C'est ce que font les labels Marble et Bromance, et à ce jour, c'est vraiment des succès.

Bien sûr que je vous conseille le nouvel album de Kavinsky. Mais pour une meilleure expérience, et pour profiter réellement du talent de l'artiste, allez-y d'abord avec des 3 EPs précedent: Teddy Boy, 1986, et Nightcall.

3 comments :

Bob a dit...

Ce qui est drôle quand on y pense, c'est que dû à des limitations techniques au début de la commercialisation musicale, la musique s'est d'abord vendue en single par défaut en quelque sorte. J'ai même déjà lu que le concept d'album n'est devenu vraiment populaire qu'à la fin des années 60, même si l'intention des producteurs avait été de pousser à fond ce format depuis la création du LP.

Le concept de single est supposément resté quand même assez populaire jusqu'à un déclin à la sortie du CD selon Wikipedia (et si je regarde la collection de mon père justement, même s'il est loin de servir de témoin pour la terre entière, c'est plein de singles en vinyles de décennies différentes avec un lot d'albums aussi alors qu'en CD, pas un single).

Mais je suis d'accord (quoique mon expertise en musique est très limitée) que ça fait complètement du sens dans le monde actuel pour l'amateur de musique de ne pas payer beaucoup plus cher pour un album complet alors qu'il a probablement à gagner avec le single pour faire sa playlist personnelle d'un artiste. Dans la majorité des cas il n'aime que deux ou trois chansons sur l'album (on entend souvent ça chez les gens qui achètent un album de pop ou de rock par exemple, d'ailleurs un artiste a souvent SA bonne chanson de l'année qui passe en continu à la radio).

Dagsit a dit...

Juste une remarque, rampage est un morceau samplé à partir d'une musique thématique de dragon ball appartenant à l'arc des cyborgs. Ni plus, ni moins :)

Solo the CyberpunK a dit...

Bob, tu as raison, mais je parle toujours de la musique électro, qui elle, n'est pas apparue avant le début des années 80...

Dagsit: cool! J'ai été sur le site whosampled.com, et on m'as donné le lien youtube du thème de Dragonball... Le thème est vraiment bon à la base! http://youtu.be/6bBFOwIbMio

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