vendredi 1 mars 2013

Eerie, Indiana

Devant de la boîte DVD de Eerie, Indiana
Créé par : José Rivera & Karl Schaefer

Première diffusion : 15 septembre 1991

Canal original : NBC

Durée des épisodes : 30 minutes (avec publicités)

Pays d'origine : États-Unis

Genre : Science-fiction & horreur pour la famille

Le mois de mars est celui qui mène ultimement à ma fête le 29. Je ne sais pas si ça a un lien, mais j'ai récemment commencé à rechercher une série qui a forcément eu beaucoup d'impact sur mes goûts personnels et que je voulais évaluer face au test du temps. Je la connaissais sous le nom de Marshall et Simon lorsqu'elle jouait à la chaîne Canal Famille qui a représenté mon enfance. Son nom original est Eerie, Indiana et je sais maintenant si l'adulte que je suis peut la respecter ou non.


Eerie, Indiana est dans le style des Twilight Zone et Tales from the Crypt, dans le sens que les histoires qui s'y passent sont différentes à chaque semaine et jouent dans le surnaturel et l'inexpliqué. On peut y voir par exemple un appareil dentaire qui permet d'entendre ce que disent les chiens, un incident où Marshall est transporté dans une dimension alternative après avoir changé l'heure de son cadran, des personnages de films d'horreur qui sortent tout droit de la télévision, etc..

Une première différence avec ces séries est que la matériel est généralement plus doux, il n'y a pas de sang, c'est fait pour intéresser les enfants au genre. Dans ce cas, on pourrait dire que c'est plus comme Are You Afraid of the Dark? ou Goosebumps, mais ces séries donnaient plus directement dans l'horreur pour la famille qu'un bon mélange de science-fiction (bien qu'il y en avait une certaine dose) et on changeait de personnages à chaque semaine, alors que dans Eerie, Indiana, dont le nom français était juste, on suit des aventures différentes toujours vécues par Marshall et Simon dans la même ville.

Marshall a découvert depuis qu'il a déménagé à Eerie que la petite ville résidentielle conformiste cache des mystères à la vue de tous, qui sont trop occupés à suivre leur rythme quotidien pour les remarquer. (C'est comme le rêve d'un enfant de trouver ce genre de mystères dans son quartier et sa peur en même temps, n'est-ce pas?) Simon est un peu plus jeune que Marshall et il traîne avec ce dernier car c'est son seul ami. Ils remarquent tous les deux les choses bizarre qui se passent autour de leur quartier et ils vont au bout de chaque affaire jusqu'à la résolution du cas et la collecte d'une preuve, dans le but d'un jour prouver qu'Eerie est un endroit étrange.

Qu'est-ce que l'adulte que je suis devenu en pense? Évidemment que j'ai un degré de familiarité avec cette émission. J'essaie souvent de voir au-delà de la nostalgie et je pense normalement réussir environ à 50%, mais je ne sais pas ce qu'un enfant actuel qui serait exposé à ça pour la première fois en penserait vraiment. Moi, j'ai trouvé que la série avait un certain charme qui me fait comprendre immédiatement pourquoi ça m'a attiré.

Joe Dante était consultant sur la série en plus de réaliser quelques épisodes. Joe Dante, vous savez, le gars qui a fait Gremlins et une tonne d'autres films jouant souvent dans le surnaturel avec un aspect familial. J'ai d'ailleurs trouvé que Eerie, Indiana semble souvent avoir le talent d'aller chercher juste la bonne chose qui va intriguer les enfants et les amuser, tout comme plusieurs films de Dante.

Il y a des choses que je peux évidemment critiquer. Par exemple, le talent des acteurs n'est pas très élevé. Les adultes donnent souvent dans le ridicule, ce qui est peut-être demandé par la série un peu absurde de temps à autre, mais Marshall n'a pratiquement pas d'émotions (surtout au début) et Simon est un enfant acteur comme ils les "faisaient" à l'époque, dans le sens qu'on voit très clairement que c'est un enfant qui n'a pas acquis toutes les qualités d'un acteur encore (mais il n'est pas si pire que ça quand même, il y a pire). Quelque part entre les enfants de Eerie, Indiana et ceux de Super 8 (malgré que j'ai aimé le film, pratiquement des esprits adultes dans des corps d'enfants on dirait), je crois qu'il y a un juste milieu qui devrait être visé.

Mais quand j'étais moi-même un enfant qui écoutait la série, je ne voyais pas le mauvais jeu des acteurs, j'étais juste amusé par les situations et je me demandais activement ce qui allait se passer par la suite, ce qui veut dire que la série était parfaite pour son genre, plaire à un enfant. Aujourd'hui même en l'écoutant je me suis un peu amusé, que ce soit à cause de sa valeur nostalgique ou sûrement plus parce qu'il y a vraiment un petit quelque chose derrière la série. J'ai toujours été particulièrement intrigué par cet enfant aux cheveux gris qui fait son apparition au 3/4 de la série environ (beaucoup trop tard considérant le peu d'épisodes). Son passé mystérieux, des symboles étranges sur ses mains, on voyait que la série allait continuer de trouver des nouvelles choses avec le temps pour nous attirer à chaque semaine.

En plus de peut-être commencer à développer un certain goût chez les enfants, cette série contient des sous-entendus qui ne sont pas nécessairement discutés dans les autres émissions pour enfants, à part les rares cas. Non seulement ça, mais c'est bien discuté aussi. Au lieu de directement nous faire la morale dans un bloc dans l'émission, la série est faite pour que l'on voie juste ce qui nous intéresse, mais qu'on comprenne peut-être autre chose en dessous de tout ça. Par exemple, elle montre en surface dans le premier épisode la peur d'une dame étrange qui enferme ses enfants dans un contenant hermétique géant (très cheesy) pour les conserver à l'état d'enfants pour l'éternité. Mais l'épisode est clairement une critique du conformisme, car la dame elle-même montre une peur du changement : elle est habillée comme ces femmes ménagères des années 50 et elle vend des contenants hermétiques pour que tout soit rangé bien en place et conservé. L'épisode ouvre aussi en nous montrant comment les gens de Eerie ne font rien de croche : tout le monde s'occupe de sa maison et de ses petites affaires presque en suivant un rythme. L'épisode montre presque un dégoût de la part de Marshall face à ce manque de personnalité. Moi-même je n'ai aucun respect pour les gens qui disent trop souvent que quelque chose n'est pas normal dès que ça sort un peu de ce à quoi ils ont été habitués, une valeur clairement présente dans le premier épisode et un peu dans la série en entier.

Les épisodes servent aussi à faire passer à travers tout ça des messages aux enfants en traitant d'amour, de mort, de fugue (ne vous inquiétez pas, malgré la position de libre pensée des jeunes fortement poussée par la série c'est contre la fugue et non pour) et encore plus de critique du conformisme laissant croire que la série dit ultimement aux jeunes de commencer à penser par eux même.

Un excellent épisode en rétrospective est le seul épisode de la série qui n'avait pas été diffusé dans la première "run" à la télé et dans lequel on croyait voir une critique facile (trop pour la série même) contre la musique trop hardcore pour finalement se rendre compte que l'épisode critiquait une toute autre chose, qui fait beaucoup plus de sens, dans une finale un peu touchante. La série promettait beaucoup!

Puis la série a été annulée après 19 épisodes (d'une seule saison)... Remarquez que ce n'est pas mal. L'histoire du gars aux cheveux gris et de la ville n'atteignent peut-être pas leur toute fin, mais ce n'est pas comme une vraie série avec une intrigue majeure suivie sur plusieurs saison. 19 épisodes différents de trucs surnaturels, c'est bien suffisant pour plein d'heures intéressantes. Si ça aurait continué, ça en aurait fait plus et ça aurait évidemment été encore mieux, mais que voulez-vous?

Je ne connaissais même pas le concept d'annulation quand j'étais jeune tout comme je ne savais pas qu'il y avait des saisons pour les séries télévisées. Je me rappelle juste écouter des reprises sans cesse jusqu'à temps de trouver un nouvel épisode de temps en temps (peut-être qu'à la première diffusion j'étais occupé à faire des devoirs, je ne sais pas). Puis un moment donné, après avoir écouté plusieurs tours de rediffusions, on se rend compte qu'il n'y a pas de nouvel épisode même si un enfant qui ne sait pas que ça a été annulé garde l'espoir. Puis les rediffusions arrêtent et on oublie la série. Et on s'en rappelle une vingtaine d'années plus tard, quand l'Internet a été inventé et qu'écouter cette série redevient possible après un clic légal de souris sur Hulu (en fait, est-ce qu'utiliser un proxy pour faire croire que je suis aux États-Unis et accéder à la diffusion autrement légale de cette série est un acte légal ou pas, personne n'aura réponse à ça ici j'imagine), sinon un clic sûrement moins légal sur YouTube (on fait ce qu'on peut n'est-ce pas; c'est aux créateurs de rendre leur travail disponible dans ce monde où le consommateur peut le trouver plus facilement ailleurs).

0 comments :

Publier un commentaire

Un compliment est toujours apprécié. Si vous avez des questions, informations supplémentaires, corrections ou des commentaires à énoncer, comme votre opinion personnelle sur un sujet ou une critique à adresser, essayez d'être constructif, mais nous n'effaçons tout de même aucun commentaire, y compris négatif ou anonyme, sauf le spam.