mercredi 13 février 2013

Requiem for a Dream (film)

Affiche de Requiem for a Dream


Réalisé & produit par : Darren Aronofsky

Date de sortie : 14 mai 2000

Durée : 102 minutes

Pays d'origine : États-Unis

Genres : Drame indépendant

Aujourd'hui, je vous parle du premier film normal de la courte carrière talentueuse du réalisateur de renom, Darren Aronofsky (The Wrestler, Black Swan). Par «normal», je ne veux pas dire ennuyant ni sans originalité, mais le premier film d'Aronofsky est π (Pi) et si vous l'avez vu, vous comprenez exactement ce que je veux dire par «normal» pour Requiem for a Dream contrairement à ce que π était.


Requiem for a Dream, c'est probablement LE drame par excellence, ce que le genre souhaitait un jour produire (quoique ce n'est pas un film à l'origine, mais un roman). Mais c'est quoi? C'est tout simplement un film de drogue. Nos protagonistes seront tous affectés par des drogues à travers le film, que ce soit des substances illicites comme l'héroïne ou quelque chose de complètement légal et accessible comme un régime assisté d'amphétamines.

Si on cherche un peu plus loin, comme indiqué par le titre, c'est un film à propos de la quête pour un rêve, me rappelant l'expression anglaise "chasing the dragon" en rapport avec la consommation d'héroïne particulièrement. "Chasing the dragon", en plus d'avoir rapport avec une technique utilisée pour consommer ce genre de drogue, est une métaphore qui parle de la quête sans fin de la recherche de l'état ultime de sérénité, confort et bonheur que peuvent procurer ces drogues, particulièrement au début, un état qui devient de pire en pire alors que les utilisateurs finissent par ne plus pouvoir s'en passer et ont de moins en moins de plaisir à les utiliser.

Le message du film, en rapport avec ce que je viens de dire, est peut-être que nos rêves peuvent devenir des obsessions et qu'il ne faudrait pas être prêt à n'importe quoi pour y arriver. Un rêve est puissant et probablement aussi dangereux que les drogues en question entre les mauvaises mains.

Dans le film, le protagoniste, Harry (Jared Leto), cherche à obtenir l'argent nécessaire pour permettre à sa copine Marion (Jennifer Connelly) d'ouvrir un magasin pour exploiter ses talents en mode. Pour obtenir cet argent, il fait ce qu'il connaît le mieux en tant que junkie à l'héroïne, il vend de la drogue sur la rue auprès de son ami Tyrone (Marlon Wayans), qui rêve d'accumuler assez d'argent pour ne plus être un minable à la rue justement.

La mère d'Harry (Ellen Burstyn) est supposée participer à un jeu télévisé, mais elle n'est plus jeune ni aussi mince que dans les photos où elle porte une belle robe qu'elle souhaite porter pour son court moment de gloire qu'elle décrit un peu comme sa seule raison de vivre maintenant, dans son quotidien misérable. Pour arriver à entrer dans sa robe et faire de son moment télévisé son rêve parfait, elle prend des amphétamines légalement disponibles pour maigrir rapidement. Harry l'avertit du pouvoir de dépendance bien réel que ces pilules peuvent avoir, mais son rêve est plus important.

Quand on l'écoute, c'est clairement un film de drogues, mais quand on le décrit, c'est clairement un film avec un message particulier, n'est-ce pas? Il est inutile de dire que si les choses vont bien au début, ça se dégrade d'une façon comme je ne l'ai jamais vu auparavant. C'est d'ailleurs aussi un excellent film antidrogues qui devrait être présenté durant les cours souvent inutiles au secondaire, les cours de morale où personne n'écoute sauf quand il y a un film justement. C'est 1000 fois plus facile à comprendre et assimiler qu'un adulte qui vous dit «les drogues c'est mal, mkay». Je suis quelqu'un d'ouvert à la légalité d'au moins certaines drogues, mais aussi définitivement pour une bonne éducation face à ces substances plutôt que de laisser les jeunes inéduqués gober les promesses du dealer louche caché dans le métro comme c'est le cas actuellement malgré le statut illégal (souvent inutile) de toutes ces substances.

C'est un excellent film à trois actes facile à suivre qui est pourtant original au-delà de son message, grâce à des techniques particulières de montage (PLUSIEURS montages rapides) qui sautent par-dessus chaque interaction répétitive (comme les multiples ventes de drogue) en nous montrant juste quelques secondes, les moments importants, pour qu'on comprenne comment les choses se passent sans en voir plus. Même chose quand nos protagonistes prennent de la drogue, après quoi l'action peut non seulement être coupée ainsi, mais devenir plus rapide comme pour procurer une certain excitation chez le public, comme si lui aussi était sous l'effet. En plus d'être une technique intéressante, ça donne un excellent rythme au film (sans perte d'information), ce qui vous donnera le goût encore plus de l'écouter jusqu'à la fin.

C'est aussi un drame qui repousse les limites de son genre en étant TELLEMENT dépressif. Plus que n'importe quoi d'autre que je peux me rappeler et c'est dire de quoi. C'est un sentiment négatif, donc ça peut certainement frôler être une mauvaise chose, mais aussi c'est ce qui fait que le message du film est authentique. Si les choses se terminaient sur une bonne note, ça serait comme l'équivalent de quand un professeur donne un avertissement à un élève de ne plus recommencer quelque chose, sinon il sera puni. Le film, c'est la punition directement. Je ne sais pas quand je serai prêt à le réécouter pour cette raison, mais je le trouve pourtant excellent.

Et au niveau des performances, il n'y a étonnamment rien à critiquer, même chez Marlon Wayans. Ce n'est pas le meilleur acteur du film, Jared Leto l'est probablement (il est tellement dédié à ses rôles, comme ici où il a perdu du poids à un niveau en dessous de la normale pour simuler un dépendant à l'héroïne, en plus de donner l'impression qu'il incarne bel et bien son personnage), mais il ne ruine pas le film. Le même gars qui joue dans Scary Movie, White Chicks et Little Man, des rôles toujours pas sérieux et joués par un acteur comique dont la comédie découle probablement juste du fait qu'il n'a pas l'air trop brillant, il ne ruine pas ce film dramatique. Il joue bien le jeu. Et Jennifer Connelly reçoit le mérite d'être posée dans des situations très gênantes, je suis sûr, sans sortir de son rôle. Ellen Burstyn remplit aussi bien son rôle de folie, sans vous en dire plus pour ne rien dévoiler, étant donné que la déchéance de son personnage est probablement celle qui se rapproche le plus de quelque chose qui pourrait arriver au public général contrairement à la dépendance à l'héroïne. C'est juste tellement triste comment elle est piégée sans jamais ne se rendre compte de rien...

Requiem for a Dream, un film à voir absolument, sauf si vous êtes une personne à risque pour la dépression! Je suis sérieux! Quand un film produit une excellente trame sonore responsable pour la musique Lux Aeterna (extrêmement facile à reconnaître, car elle a été utilisée dans plusieurs bandes-annonces depuis pour provoquer parfois un sentiment épique, mais aussi une humeur maussade) et que vous devez prendre en compte que ça représente le feeling général du film, c'est sûr que je suis sérieux.

4,5 étoiles sur 5

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