dimanche 16 décembre 2012

The Hobbit: An Unexpected Journey

Affiche de The Hobbit: An Unexpected Journey
Réalisé par : Peter Jackson

Produit par : Carolynne Cunningham, Peter Jackson, Fran Walsh & Zane Weiner

Date de sortie : 28 novembre 2012

Durée : 169 minutes

Pays d'origine : Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni & États-Unis

Genre : Fantasy

Mettons les choses au clair, plus de 99% des gens qui liront cet article savent ce qu'est The Hobbit, car c'est un très gros film de la saison comme The Avengers était un très gros film de l'été. Vous lisez donc cet article juste parce que vous êtes tombé dessus tout bonnement, parce que vous voulez voir si vous êtes d'accord avec moi ou pas ou parce que vous êtes dans le camp des gens qui n'ont pas été convaincu par la série The Lord of the Rings et vous cherchez des articles qui peuvent vous dire si ce film sera pour vous. (J'espère ne pas vous briser la nouvelle, qui n'est pas un spoiler, que The Hobbit vient avant l'histoire de The Lord of the Rings.)

Oh, j'oubliais presque que c'est le premier film tourné en 48 images par seconde (un film étant traditionnellement composé de 24 images distinctes pour chaque seconde de la durée totale) et vous voulez peut-être savoir si la technologie fonctionne, si c'est dégueulasse, si ça vaut la peine. Eh bien, lisez!

Mais désolé de décevoir un premier groupe tout de suite en vous disant premièrement que le film ne convertira personne au monde de The Lord of the Rings tel que conçu au grand écran par Peter Jackson (qui retourne à la direction de The Hobbit).

Il est évident que ça se passe dans le même monde (après tout, The Hobbit explique les origines de la série) et que la direction est très similaire avec des longueurs qui ne peuvent être décrites que comme intentionnelles rendu au quatrième film à le faire. Le thème fondamental a quelque chose qui vous attire ou pas. Donc pas d'espoir même si on aurait pu compter sur le sujet quelque peu différent. Les changements pour le mieux (il y en a, même pour ceux qui n'étaient pas des fans) ne me semblent pas possiblement suffisants pour satisfaire ce qui détourne ceux pour qui la série ne fonctionne tout simplement pas.

Et désolé de décevoir ceux qui viennent pour ce que j'ai bien peur qui devienne le débat principal autour du film (le film en tant que tel devrait pourtant être le focus), car j'ai bien été voir le film au cinéma, mais en 2D... Je ne peux donc pas vous dire mon opinion du résultat des 48 images par seconde. Ce n'est même pas un message contre la 3D ou toutes les gimmicks grandissantes dans le domaine du cinéma. En tout cas, si c'est un message, ça en est un d'indifférence. Je suis tout simplement allé au cinéma avec la possibilité de payer un supplément pour accéder à la version "ultime" du film, un maigre supplément qui n'aurait pas pu possiblement me déranger si je l'avais voulu et j'ai juste fait «Bof, je veux juste voir le film...»

Si les 48 images par seconde éliminent le traditionnel motion blur (comme ça le devrait si on comprend un peu la technique), c'est dommage, car cette chose qui pourrait techniquement être appelée un résultat de limitations technologiques qui ont toujours existées jusqu'à présent fait partie de ce que j'ai appris à aimer de l'esthétique d'un film (par habitude, je ne sais pas, peut-être). Mais ce que je considère important est, ne lisez pas d'autres textes qui décrivent les 48 images par secondes en bien ou en mal, c'est ridicule de LIRE ce que les yeux de quelqu'un d'autre ont expérimenté, sans réelle démonstration possible avec une bande-annonce sur YouTube (qui ne fait pas du tout du 48 images par seconde en passant). Donc si vous êtes vraiment curieux, payez ce supplément, j'aurais fait pareil si j'avais eu cette soif à satisfaire.

Maintenant que je me suis débarrassé du ramassis de bagages que transporte ce film avant même qu'on ne le voit, mon opinion. Eh bien, si on fait la comparaison facile avec Star Wars, qui était d'abord une trilogie bien reçue à laquelle on a ajouté une trilogie expliquant les origines par la suite, An Unexpected Journey est loin d'être le désastre qu'était The Phantom Menace (je ne parle pas d'un désastre au niveau de l'argent, car malgré la qualité généralement acceptée comme largement réduite de Star Wars: Episode I, ce fut un succès au box-office). Même qu'en tant que fan de la série, je suis heureux de dire que c'est un bon film! J'ai été très satisfait de cette première entrée dans la trilogie qui durera jusqu'en 2014 selon les plans actuels.



Comment expliquer pourquoi moi et les nombreux fans de cet univers sommes attirés par lui? Eh bien, je crois que c'est pour la même raison que j'aime le concept de JRPG au départ et que d'autres s'en moqueront complètement, alors qu'il y a de temps à autre un jeu qui fait rage sur Internet et qui ne m'attire pas du tout même après l'avoir essayé. Ça ne s'explique pas. Il peut y avoir un mauvais JRPG même pour moi, mais le fait est qu'avant de vraiment découvrir quelle est la qualité d'un produit, il y a quelque chose d'inexplicable dans un concept ou un thème qui déclenche chez nous un «Hey, ça m'intéresse vraiment.» ou encore un «Ah ça, je ne suis pas capable.»

The Hobbit est très clairement un début. Il représente les défauts traditionnels et souvent inévitables du commencement d'une longue histoire, ce qui ne fait pas que le premier film d'une trilogie est pour autant mauvais dans son ensemble. Par exemple, le premier Star Wars (donc Episode IV maintenant) était un peu plus pour la famille, contenant des faits qui ont été rectifiés dans le second film qui se voulait un peu plus sombre, sachant que Darth Vader était une icône si importante après la réponse du premier film. Batman Begins nous introduit Bruce Wayne non pas alors qu'il doit se battre contre son premier grand rival en tant qu'un Batman prêt, mais alors qu'il s'entraîne avant de devenir Batman pour un bon 40 minutes si je me souviens bien. The Fellowship of the Ring (le premier Lord of the Rings) nous montre une situation paisible et prend bien le temps d'introduire un petit sentiment de danger à venir, mais il n'atteint pas son but d'introduire le "fellowship" en tant que tel avant un bon bout et même que le film en entier sert plutôt à expliquer comment commence la véritable quête de l'anneau, dans le second film.

Eh bien, The Hobbit fonctionne un peu comme un conte ou une légende. Il y a littéralement une narration (assez longue) au début, nous expliquant l'histoire de la montée de la civilisation des nains et leur chute. Puis je pense même qu'avant le titre il y a eu un petit bout de retour au présent dans la paix du village des hobbits. Puis il y a un bon 15 minutes d'introduction des personnages sur un ton plutôt joyeux et comique. Puis on nous explique ce que sera la quête. Mais c'est seulement à la fin du film qu'on constate quels seront les conflits réels à travers la trilogie et par où notre groupe devra passer pour reconquérir le royaume déchu des nains, maintenant habité par un puissant dragon.

Le "fellowship" sera donc cette fois composé d'un hobbit (l'hobbit qui trouve l'anneau qui sera remis à Frodo, comme vous êtes supposé le savoir en ayant écouté les films précédents) et des derniers 13 nains guerriers. Moins de diversité que dans Lord of the Rings, les personnages ont aussi moins de personnalité. Si je vous dis Aragorn, Boromir, Legolas ou Gimli et que Lord of the Rings vous est resté en mémoire, vous devriez pouvoir associer un visage, ce qu'ils ont fait à peu près, quels étaient leurs talents, quels étaient leurs buts, plein de petits trucs comme ça. Je ne veux pas dire que ce sont les personnages les plus importants de l'histoire du cinéma, mais vous pouvez les reconnaître distinctivement, même pour des personnages disons secondaires.

Dans The Hobbit, je pourrais pointer qu'il y a un nain très gros au visage rigolo qui tombe à deux ou trois points dans le film, un nain plutôt vieux, d'autres nains et le chef qui est le seul à avoir une certaine profondeur. Donc ajoutons à ça l'hobbit principal qui a une personnalité plus trouillarde, mais surpassée par son désir d'aider, et Gandalf qui est le même bon vieux mage à la fois sympathique, sage, sévère et sérieux, établi dans la série Lord of the Rings. Cela fait déjà un total de 3 personnages plus développés que dans Phantom Menace! Je plaisante! (Peut-être pas...) Il y a aussi une apparition par Golum qui sera présent à travers la trilogie. J'ai bien aimé la scène avec Golum qui était entièrement composée de dialogues, scène que j'aurais pu voir comme amusante pour un enfant.

Il y a une certaine vérité à découler du ton joyeux et comique de l'introduction des personnages, des quelques segments qui ressemblent plus à un conte avec de la narration, des personnages moins profonds et peut-être plus exploités pour leur apparence physique (un mage avec de la crotte d'oiseau dans les cheveux et un traîneau tiré de façon très originale par des lapins), de l'élimination des segments vraiment sombres avec des fantômes effrayants ou de l'élimination aussi de la peur réelle de la tension d'un événement quand en tant qu'adulte on remarque rapidement qu'il y a toujours l'intervention d'un Deus ex machina.

La vérité est que The Hobbit ressemble un peu à la version familiale de Lord of the Rings. Le projet est clairement moins ambitieux (quoiqu'il ne s'agisse que du premier film, ils ont essentiellement étalé un seul livre sur trois films alors que Lord of the Rings était bel et bien trois volumes à l'origine), mais on sent tout de même qu'il appartient à la série.

Pour en revenir avec la comparaison facile, Phantom Menace, ce dernier parlait tellement de politiques qu'il était étrange que ce soit un film plus pour enfants. On ne pouvait pas vraiment sentir son appartenance avec la première trilogie, car les ennemis n'étaient pas les mêmes, l'ambiance était différente, les personnages étaient sans vie. Le film avait peu de qualités comparativement à ses gros défauts, je me suis un peu ennuyé et je n'avais que 12 ans quand je l'ai vu (les écoutes plus récentes sont encore pires évidemment), alors que Star Wars: Episode IV était un film familial pouvant être facilement apprécié même par un adulte.

C'est ce que The Hobbit est et au contraire de Phantom Menace, un film plus familial (pas complètement par contre, surtout pour la raison que je mentionnerai dans le prochain paragraphe) qui plaira aussi aux adultes qui aiment la série. Même qu'on fait l'opposé de Phantom Menace et qu'on prend quelque chose de plus adulte qu'on adapte vraiment pour un public plus de tous âges en enlevant la majorité de la politique et la guerre sérieuse présente dans Lord of the Rings pour tout simplement avoir la base, une quête périlleuse dans le monde fantaisiste propre à la série.

Là où le film présente un problème majeur en tant que film plus familial, c'est dans ses longueurs. Oui, le problème est toujours présent. Oui, c'était ce que j'appellerais un problème dans la trilogie Lord of the Rings, un réel problème. Les décors sont beaux, très beaux, mais marcher dans la forêt 15 minutes, ça n'a quand même rien d'attrayant quand on sait que la situation des films est supposée représenter le plus grand conflit de l'histoire de cet univers qui peut pratiquement assurer la chute instantanée de tous les royaumes des "gentils" à tout moment si une seule personne échoue à sa tâche.

Dans The Hobbit, il y a moins de lieux à explorer pour ce premier film et ce manque de diversité contribue à la longueur, sans oublier les fameux plans de caméra qui nous montrent à quel point c'est beau. OK, la première fois, mais un moment donné...

Mais les longueurs sont tout de même moins un problème que dans Lord of the Rings. Pourquoi? On n'attend pas une grosse guerre promise qui s'adonne à ne jamais arriver avant 5 heures on dirait. Dans The Hobbit, les conflits sont moins gros. Juste des nombreux périls qui arrivent sur la longue route vers le royaume déchu des nains. Il y a une plus grosse distribution de ces conflits moins importants, ce qui réussit plus en bout de ligne à nous accrocher pour la durée du film. Comme je l'ai dit, c'est tout de même plutôt un film pour ceux qui savent aimer cet univers. Je suis heureux de dire qu'il n'est pas mal fait et qu'il est donc à voir pour les fans et que j'ai bien l'impression qu'il prépare des bonnes choses pour les suites, mais ce qui est mieux fait que dans les autres films ne convaincra personne d'aimer ce film, c'est normal.

Chose étrange, le résultat visuel est magnifique, mais j'ai toutefois eu l'impression qu'il y a plus de CG qu'à l'époque des Lord of the Rings, qui étaient juste impressionnants pour des films modernes utilisant tout de même une telle quantité de modèles réduits, de techniques spéciales de caméra et de costumes en latex au lieu du CG dans la plupart des cas où c'était possible. Il y a donc plus de choses qui m'ont paru fakes dans ce film dernier cri.

Croyez-le ou non, c'est seulement après avoir écrit ceci que j'ai consulté mon ami Google pour découvrir qu'effectivement, à cause de la nature 3D du film, ils ont misé sur du CG pour réaliser plusieurs décors qu'ils faisaient autrefois avec des modèles réduits. Mon œil se rend compte immédiatement ou presque que ce n'est pas naturel (même dans la représentation 2D à laquelle j'ai assisté, où les défauts étaient probablement plus cachés) et ça semble être pas mal universel, alors que la qualité incroyable des modèles réduits de la compagnie Weta pour la trilogie Lord of the Rings m'impressionne toujours (on parle surtout des édifices, comme des tours vues de loin, qui employaient cette technique). Ceci dit, du CG de la plus haute qualité est ce que vous verrez dans ce film. Ce n'est pas à cracher dessus.

Le meilleur des quatre films? Pas pour moi. Mais j'aime tous ces films à date et en plusieurs points je le place au-dessus de Fellowship. Je suis très intéressé pour la suite des choses. Je pense qu'une partie de pourquoi j'aime ça, c'est que quand on est jeunes, on se fait raconter des histoires fantastiques par nos parents (du moins, j'espère que vous avez eu cette chance) et quand on devient adulte, on peut compter sur un film comme celui-ci (et les Harry Potter de ce monde ou n'importe quelle série fantastique avec un univers riche) pour devenir une nouvelle source plus complète de magie venant combler ce vide.

4 étoiles sur 5

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