mercredi 26 décembre 2012

Django Unchained


Un film de Tarantino, c'est toujours un peu spécial. C'est toujours l'un des rares films de l'année qui n'est pas basé sur un roman, une pièce de théâtre, un remake, ou du déjà vu. Un scénario original qui n'est pas influencé par les modes du moment, mais bien par l'art du cinéma en tant que tel, et des styles oubliés. Cette fois, il nous a monté un spaghetti western. Avec sa brochette impressionnante d'acteur, Django Unchained est un des films de 2012 à voir absolument.


Comme on s'en doutait, Django Unchained est réellement un film de Tarantino pur. Une histoire de vengeance, de la violence et du gore hautement exagéré, de longues scènes de dialogues très bien écrits et une finale explosive... Comme dans tous ses films, l'importance est mise sur les personnages. On apprend à les connaître au travers de leurs actions et paroles, aussi mondaine soit-elle, jusqu'au "showdown final". Cette "bataille finale", comme dans Reservoir Dogs, Inglorious Basterds et Kill Bill, se fait surtout en parole, avant que l'action ne débute. C'est dans ces moments que l'on assiste à des conversations tellement tendues qu'on ne serait pas surpris de voir un personnage péter les plombs et de tout casser. On y voit des acteurs au sommet de leurs performances, et de longs dialogues qui ont la particularité de toujours en dire plus entre les lignes que dans leurs paroles.

L'histoire commence avec Django, un esclave noir, qui se fait libérer par l'intrigant Dr Schultz. Celui-ci lui offre la possibilité de le suivre et de l'aider à tuer ceux ses anciens "propriétaires". Les films de Tarantino tournent souvent autour d'un plan fait entre les personnages principaux, et finissent par l'exécution de ce plan, pour le meilleur ou pour le pire. Le but ici est de sauver (acheter) la femme de Django des mains du dirigeant de la plus importante plantation de canne à sucre. C'est aussi mêlé à un assassinat de chaque ennemi jusqu'au "boss" final comme dans Kill Bill. Ce n'est pas un défaut que le film ait certains éléments semblables à ses autres films, puisque l'histoire en tant que telle, son univers et ses personnages sont très intéressants en soi.

Encore une fois, la médaille revient à Christoph Waltz, et son personnage de "mentor" débrouillant et un peu étrange. Il est comme un Ben Linus (de Lost): sur de lui, c'est un manipulateur il est toujours deux coups en avance sur ces ennemis. Il semble être capable de se sortir de toute situation simplement avec un discours calculé. C'est incroyablement amusant à observer! Leonardo DiCaprio livre aussi une performance impressionnante, et surtout, très différente de ce à quoi on est habitué de sa part. (Pendant une scène, on voit qu'il se fait une coupure en frappant sur une table et saigne abondamment. On peut lire sur le web que c'est une coupure réelle qui n'était pas cessée arriver, et que Leonardo a continué son jeu et gardé sa concentration... Il faut le faire quand même!)

Le sujet, esclavage, est assez délicat. Tarantino fait exactement le contraire en y allant pour l'approche la plus brutale possible. Alors que les Américains ont tendance à faire comme si ça ne s'était jamais passé, le film vous met le nez directement dedans, et vous rappelle à quel point la pratique à l'époque était épouvantable. Vous vous rappelez à quel point vous détestiez les nazis dans Inglorious Bastards? Vous aurez le même sentiment avec les "blancs" dans Django Unchained. Suis-je en train de dire que les Américains de l'époque sont aussi pires que les nazis et leurs actions? Ça, c'est à vous d'en juger, et le film vous fera réfléchir sur la question. En gros, je lève mon chapeau à Tarantino pour avoir utilisé le sujet en usant de peu d'exagération de ce côté-là ou du moins toutes des exagérations qui sont basées sur un bon brin de vérité et il n'y a définitivement aucun embellissement du passé. En ce qui a rapport à un extrêmement mauvais traitement des esclaves noirs et le fait qu'ils ne sont pas considérés humainement par les blancs, il s'agit d'un portrait réaliste de l'époque que nous voyons à travers cette fiction.

On s'amuse un peu avec Quentin, quand on voit des zooms rapides ridicules, des flashbacks très "grindhouse", du gros texte passer dans l'écran, et plein de tout petits détails qui nous rappellent que Tarantino n'est pas seulement un réalisateur, mais un amoureux du cinéma. Ça se voit et c'est ÇA qui fait de ses films quelque chose d'unique. Il y a aussi tout plein de petits caméos, parce que qui dirait non à ce réalisateur?

Ce film n'est pas sans faille: c'est un long film. Il est littéralement long (2 heures 45 minutes), mais on sent un peu de longueurs au milieu. Ce n'est pas parce que ce n'est pas intéressant du tout, mais je dirais qu'au moins 20 minutes auraient pu être coupées pour en faire un film plus resserré et précis. Même si je saurais apprécier une version étendue en Blu Ray parce que j'ai beaucoup aimé le film et que je serais intéressé de voir qu'est-ce qu'il y a de plus, la longueur au cinéma me semblait déjà un peu trop pour que le contenu soit présenté de façon optimale. Mais cette faille ne peut pas faire couler le film.

Django Unchained s'inscrit à la liste des films incontournable par Quentin Tarantino et qui risque fortement de remporter quelques oscars. Du moins, je le souhaite juste comme reconnaissance!

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