mercredi 21 novembre 2012

Bronson

Affiche de Bronson
Réalisé par : Nicolas Winding Refn

Produit par : Danny Hansford & Rupert Preston

Date de sortie : Octobre 2008

Durée : 92 minutes

Pays d'origine : Royaume-Uni

Genres : Film policier biographique indépendant

Nicolas Winding Refn? Un nom familier qui revient occasionnellement sur le site. Il a réalisé la trilogie Pusher, dont l'équipe Geek Mode a initialement parlé et que j'ai continué seul, et plus récemment Drive, dont nous avons aussi parlé. S'il y a une chose qui peut être dite sur monsieur Refn, c'est qu'il aime le sujet du milieu criminel, car CHAQUE film mentionné, ainsi que le film dont il est question aujourd'hui, mettent en vedette un ou plusieurs criminels.

Maintenant que j'y pense, oubliez ça, ce gars aime plutôt la musique électronique, ayant aidé à populariser Nightcall de Kavinsky grâce à Drive et Digital Versicolor de Glass Candy dans Bronson (un film qui n'a, en passant, aucune thématique années 80 comme Drive et qui ne m'aurait pas particulièrement sauté aux yeux comme particulièrement approprié pour ce genre de musique, même si j'ai aimé sa présence). Mais bon, le sujet du jour. Le réalisateur a des qualités et des défauts, qu'est-ce qui ressort le plus dans Bronson?

Tout d'abord, il faut savoir que Bronson parle de la vie d'un prisonnier, en fait un gars toujours vivant aujourd'hui (il a 56 ans) et toujours enfermé avec aucune date de sortie prévue. Un gars qui a passé 30 années en isolement sur 34 années passées en prison, à cause de son caractère ultra dangereux et violent (sans jamais tuer à ce que l'on sache, étonnamment), avec une jeunesse qui est immédiatement passée à la violence à la puberté (sans autre élément déclencheur suscitant ce genre de réponse). Né d'une famille normale ou même en moyen, pas abusé, rien... Ce n'est pas un film qui juge en bien ou en mal le personnage. Le jugement est laissé à vous, dans le sens que c'est facile à évaluer si vous êtes normal. Je vous réfère à cette scène de dialogues mémorable de The Dark Knight qui représente ce que je pense du gars.


Parlant de The Dark Knight ou plutôt de sa suite, The Dark Knight Rises, dans le rôle-titre de Charles Bronson, né Michael Peterson, on ne retrouve nul autre que Tom Hardy, que vous connaissez sûrement pour son rôle de Bane, le terroriste à gros bras qui affronte Batman dans le dernier film de la trilogie de Nolan. Avant Bane, Tom Hardy a d'abord pris du volume et du muscle dans ce rôle tout aussi chauve quelques années plus tôt et aussi fortement dépendant d'un accent...

En fait, j'adore Tom Hardy maintenant que je l'ai vu dans quelques performances, car il se donne à fond dans des personnages différents, différents même si les deux que je mentionne aujourd'hui sont des brutes. L'honnête et franche vérité est que personnellement, j'ai eu des problèmes avec son Bane : je n'ai pas adoré ou même vraiment apprécié l'accent qu'il a pris pour le personnage. Mais je n'ai jamais souhaité contester le fait que c'était un choix original ou même le fait qu'il s'est donné à fond dans son choix et puis, c'est un goût personnel si j'aime le choix ou pas, ce n'est pas de sa faute.

Dans le cas de Bronson, il s'agit d'un tout autre accent, cockney, commun à la classe ouvrière de l'Est de Londres et similaire à celui du vrai Bronson selon ses origines. C'est l'accent que vous entendrez souvent chez les criminels dans les films britanniques. Nécessite probablement les sous-titres si vous lisez ceci et que vous l'écoutez dans sa langue originale en anglais, car je sais que même chez les américains, certains ont de la misère à comprendre cette version de l'anglais britannique.

Bronson, pour un film biographique, me met pas beaucoup d'importance sur détailler les choses. On ne fait que survoler les chapitres de la vie du gars, qui le mènent à ses transferts et ses brefs moments de liberté. Le film utilise même assez souvent la technique de couper vers le narrateur, le personnage de Bronson qui parle directement à nous, pour passer une remarque et montrer un moment de sa vie qui correspond à cette remarque. Autre choix intéressant, car ce sont définitivement des choix rendu là, c'est que pour un film biographique, il ne semble pas vraiment vouloir explorer la psychologie du personnage et expliquer pourquoi là-dessous il agit comme il agit, autre que la suggestion pas sérieuse et dite explicitement comme quoi il veut être une vedette. Ça a peut-être un peu de vrai, étant donné que Bronson est le prisonnier le plus connu apparemment en Grande-Bretagne, mais j'ai l'impression que c'est la surface seulement. Mais c'est sûrement un choix intelligent, car je ne suis pas certain qu'il y a quelque chose à comprendre pour ce rare cas, encore une fois, voyez le clip de The Dark Knight.

Ce que Bronson est, c'est plutôt un film expérimental misant sur une performance. La partie expérimentale? Une manifestation over the top, absurde, des sentiments évidents de Bronson, que l'on voit durant certains passages de narration où il présente un spectacle devant une audience qui rit face à ses remarques ou demeure froide quand il devient trop agressif. Je parle d'une vraie performance de théâtre hors de la continuité du film, particulièrement une scène où il porte du maquillage sur une moitié de sa tête, simulant une figure d'autorité, et une autre moitié sans maquillage lui permettant de faire un tour de 180 degrés sur lui-même pour imiter les deux côtés d'un argument qui vient d'avoir lieu.


Ça et le film en entier a un petit côté artsy, mais pas le artsy qui ne m'intéresse pas, que je ne peux supporter (celui impossible à déchiffrer, genre une orange géante en suspend au-dessus d'une ballerine pivotant sur elle-même entourée d'un lac plein de sang). C'est un côté artistique expérimental qui fait aussi du sens par rapport au sujet et qui lui ajoute une dimension. Ce n'est peut-être pas non plus tant le fait que c'est le bon type de contenu artsy qui fait que j'aime ça plutôt que le fait que le côté artsy n'est pas tout ce que le film a en sa faveur. J'adore tout de même que son côté expérimental peut faire qu'une scène a l'air d'une comédie, une autre d'un film policier avec un peu de crime et d'action et une autre tout droit sortie d'un esprit tordu ou d'un film d'horreur.

J'ai aussi souligné que c'était un film à performance, car on n'a vraiment qu'un seul personnage et des personnages vraiment secondaires qui gravitent autour. On ne sait pas s'il va péter un plomb, simuler un sourire deux secondes et casser les dents de la personne devant lui ou simplement ne rien faire. En fait, on ne connaît pas ses limites ni les causes de ses débuts. Il est juste complètement spontané et c'est ce qui crée une certaine tension lorsque c'est voulu. Le rôle est joué par un acteur qui semble vraiment s'être amusé, faisant des expressions faciales particulières dans des moments où son personnage ne sait pas quoi faire et attirant l'attention sur lui-même dans les rares moments où il n'est pas en premier plan. Très mauvais et irrespectueux normalement dans le monde des acteurs, lorsque ce n'est pas voulu, mais ici, c'est lui le sujet principal.

Bronson peut donc être caractérisé comme un film à choix ne suivant pas une formule, de la part du réalisateur et de l'acteur principal (qui ne sont, semble-t-il selon leur carrière à présent, pas nés pour suivre les conventions). Des choix risqués sont la meilleure manière pour créer un film qui deviendra le préféré de quelqu'un, en autant qu'ils sont bien exécutés. Je ne dirais pas que ceux de Bronson en font un film qui se classe dans mes films préférés pour mes goûts (je suis normalement un gars à scénario ou alors on doit m'impressionner avec l'action époustouflante), mais c'est un film que j'ai bien aimé.

Son côté moins sérieux (malgré que le film n'est pas une partie de plaisir) le rend amusant et c'est quelque chose que j'apprécie dans la plupart des films, même si cela vient avec un risque. Ça passe bien dans Bronson. C'est un film biographique différent de tous ceux que vous avez déjà vus, avec du contenu mémorable, assez divertissant, définitivement respectable.

Ce qui suit est une opinion en réaction à des éléments un peu hors de la portée du film, lecture optionnelle que je juge tout de même importante et en lien avec le sujet. J'ai lu une critique disant que le film n'était pas bon, jusqu'ici juste un goût peut-être, car il est immoral et il nous présente un côté de Bronson avec lequel on est supposé sympathiser, là j'ai un problème. J'ai trouvé ça étrange comme mention. Premièrement parce que je ne trouve jamais un film mauvais uniquement parce que je le crois immoral. Hmm, non attendez, maintenant que j'y pense, c'est parce que je crois rarement vraiment qu'un film a l'intention d'être immoral même s'il contient des atrocités, mais dans le cas d'un film que je ne veux même pas mentionner de nom que j'ai trouvé complètement immoral (pratiquement le seul type de contenu dans le film et je suis très libéral en passant), je dirais que c'est la principale raison pour laquelle je l'ai détesté.

OK, on oublie ça, mais le fait est que je ne peux pas concevoir que Bronson est un film immoral. Le film fait juste présenter des événement tels quels et ce que Bronson en pense un peu. Il n'y a jamais de déni qu'il est violent, il se reconnaît lui-même comme violent et il ne juge pas ça comme mal (ou bien, je le décrirais comme amoral). Il utilise de la violence gratuite à tout moment et les policiers sont montrés aussi comme brutaux, peut-être et peut-être même un peu trop parfois pour un public sensible, mais on comprend que le gars est un maniaque et ils ne le provoquent jamais.

Le film n'est pas non plus associé au mouvement de gens qui disent que parce que Bronson n'a jamais tué, il devrait être relâché de son emprisonnement uniquement pour sa violence. Un mouvement idiot en passant, car même si je ne juge pas que le Bronson du film est le vrai Bronson, le vrai gars utilise aussi trop souvent la violence à son avantage selon les rapports et ses propres admissions de temps à autre, avec aucun remords ou désir de réhabilitation crédible documenté, et il n'a jamais passé plus de deux mois en dehors de la prison sans faire immédiatement des choses très violentes, très dangereuses et illégales, le ramenant immédiatement à l'intérieur; c'est triste à mes yeux (peut-être pas les siens), mais Bronson vit uniquement pour la violence, c'est tout ce qu'il connaît.

Le seul jugement à la fin est le vôtre. Vous voyez ses actions devant vos yeux alors que le film avance, vous êtes le seul capable de dire si vous trouvez que ce que le personnage fait est mal ou pas.

4 étoiles sur 5

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