lundi 27 août 2012

Oz

Photo promotionnelle de l'ensemble des acteurs réguliers d'Oz
Créé par : Tom Fontana

Première diffusion : 12 juillet 1997

Canal original : HBO

Durée des épisodes : Environ 60 minutes (épisodes réguliers)

Pays d'origine : États-Unis

Genres : Drame

Quand je vous mentionne "Oz", la première chose qui vous vient en tête est probablement un monde magique et coloré, mais la vérité de cette série dont je vous parle aujourd'hui est plutôt un monde renfermé et grisâtre.

Oz est, dans ce cas-ci, le nom d'une série télévisée et le surnom donné à la prison à sécurité maximale Oswald où nous suivons la routine de prisonniers enfermés dans la zone Emerald City (ne pas confondre avec Emerald Hill de Sonic ou même Emerald City de la très différente série de livres Oz pour enfants) de la prison, un endroit expérimental donnant un peu plus de liberté et privilèges aux prisonniers choisis pour y vivre.

Oz, comme plusieurs séries HBO (l'une de mes chaînes préférées pour les séries qu'elle apporte), est une série mature face à son sujet et elle exploite à fond le concept de montrer plutôt que décrire. Comme il s'agit d'une prison, il y a consommation de drogues, violence gratuite, nudité frontale complète, viols et j'en passe.

Ce n'est pas qu'il est nécessaire de montrer tout ça en détails, mais me montrer que le nouveau bienvenue dans la prison se fait tatouer une croix gammée sur une fesse contre son gré, grâce à un briquet pour brûler la forme dans sa peau, c'est plus efficace que si l'émission sautait cette scène pour nous montrer le personnage aller décrire le tort qu'il a subi à un gardien de la prison dans le but de m'informer de ce qui s'est passé.

Ça peut certainement être accusé d'être une série remplie de clichés : il y a beaucoup de gardiens corrompus (beaucoup trop, ce qui s'ajuste à du plus acceptable dans les dernières saisons) et plusieurs gangs typiques basés sur les races. Mais je suis certain que dans ce cas-ci, les clichés ont leur part de vérité. Et la série nous montre pratiquement juste des êtres exécrables tout en réussissant à nous faire prendre intérêt en eux, que ce soit pour en détester certains ou espérer que d'autres changent, ça c'est un accomplissement.

Le réalisme est certainement un point fort de la série, ce qui rend plus regrettable les quelques moments où la série fabule complètement : je pense à un incident avec une pilule en test pour faire vieillir les prisonniers et réduire leur peine selon le nombre d'années qu'ils ont pris.

Mais cet incident faisait partie de l'une des nombreuses thématiques que la série cherchait à explorer pour nous faire réfléchir. Il s'agit d'une série très libérale en termes politique, ce qui est mis en évidence par les passages de narration entre certaines scènes contenant un prisonnier paralysé, Augustus Hill, qui nous donne des statistiques et des réflexions sur le système carcéral américain critiquant l'état. Ce prisonnier apparaît aussi dans la série, souvent dans le fond et plus en évidence alors que les épisodes progressent (comme il arrive pour plusieurs personnages qui sont secondaires au début). Mais il n'a rien à voir avec les scènes de narration complètement irréalistes (parfois dans une cellule tournant à l'envers sur elle-même, à un autre moment déguisé en pharaon sur un fond noir et même parfois avec des scènes du passé jouant en arrière-plan), c'est comme si c'était ce qui se passait dans sa tête.

Parmi les thématiques explorées, il y a l'effet de la prison sur les hommes, la religion sur les prisonniers, l'existence de l'amour homosexuel, la différence entre l'amour et l'obsession, les effets de la vengeance et les conséquences qui en découlent, la justice injuste et j'en passe.

Les thèmes sont très intéressants et intelligents, quoique les messages très libéraux lui causent du tort dans les premières saisons où on n'est pas encore attaché à certains prisonniers et où le cast changeant à vue d'œil ne contient pas encore tous les personnages-clé qui nous font comprendre l'importance de ces messages. Même moi, qui est généralement d'accord avec plusieurs idées libérales, je me suis vu embrasser des idées plus conservatrices me laissant froid face aux torts subis par les prisonniers à la vue de certains monstres enfermés dans la prison, jusqu'à l'arrivé des personnages-clé me montrant le revers de la médaille et l'injustice de ces idées conservatrices appliquées à tout le monde, me ramenant sur une piste plus libérale comme je l'étais au départ et comme le veut le programme.

Malgré l'importance et la variété des thèmes, la série finit par installer une routine d'attentats à la vie d'une autre prisonnier, qui mènent un prisonnier au trou, après quoi il est à risque de subir vengeance lui-même. Il n'y a que huit épisodes par saison, mis à part de la saison 4, et cette routine s'installe quand même. C'est parce qu'il y a trop de personnages secondaires avec aucune possibilité de rédemption. En tout près d'une heure par épisode, on ne réussit même pas toujours à nous montrer la progression d'un personnage important.

Ceci dit, pour sa quantité de personnages, la série est environ aussi efficace qu'elle peut l'être et si vous pouvez vous accrocher à quelques personnages importants que vous aimez, les performances des acteurs sont excellentes dans l'ensemble et ils démontrent une réelle évolution, comme un gars partant de tout gentil qui n'a pas sa place en prison, transformé en être pathétique, puis en brute forcée, passant par la folie et finalement la recherche de la stabilité.

Grâce à la série, on arrive à comprendre pourquoi quelqu'un d'ordinaire va consommer de la drogue et avoir des comportements étranges en prison et pourquoi il y a un réel problème dans le fait d'entasser tous ces hommes criminels, mais différents types de criminels, dans un même lieu. On comprend surtout pourquoi certains ne changeront pas, parfois parce qu'ils sont juste mauvais, aussi parfois même s'ils essaient honnêtement, car on nous montre toutes les étapes de leur progression menant à leurs échecs sur lesquels ils ont peu de contrôle, et ça c'est vraiment triste. Ça ferait réfléchir un conservateur sur le fait que le système a besoin de changer, mais aussi un libéral sur la difficulté de changer ce système fortement nécessaire. J'aime vraiment que la série nous montre tous les côtés de la médaille.

J'ai aussi à féliciter la série pour avoir un premier épisode excellent et une finale de première saison qui répond à toutes nos attentes. Je me dois aussi de mentionner que malgré une routine au milieu de la série, le sort des personnages qui nous intéresse aide à se rendre jusqu'au bout et le fait que la série réussit encore à contenir certains des épisodes les plus émouvants à la dernière saison, en plus de la finale.

La finale de la série ne nous donne pas la finalité de la plupart des personnages, mais elle tâche de ficeler une majeure partie des scénarios importants qui ont eu rapport avec eux durant toute la série. La meilleure fin non, mais sûrement meilleure que le 3/5 des séries que j'ai vues. Bon, je sais que c'est bizarre comme fraction, en gros je veux dire plus que la moitié.

Si ce n'était pas de la routine faisant paraître certains moments trop longs, par exemple si le contenu important était condensé en quatre saisons plutôt que six, la série serait l'une des meilleures selon moi. Elle a tout de même été placée #73 dans une liste des nouveaux classiques de la télé et plusieurs acteurs de la série sont passé à autre chose, comme dans Dexter et dans Lost (le narrateur est devenu Michael dans Lost). C'est à voir absolument et je lui donne quatre étoiles pour ses nombreux personnages et moments forts.

4 étoiles sur 5

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