mercredi 28 mars 2012

The Experiment

Affiche de The Experiment
Réalisé par : Paul Scheuring

Produit par : Marty Adelstein, Jeanette Buerling, Bill Johnson, Maggie Monteith, Scott Nemes, Dawn Parouse & Paul Scheuring

Date de sortie : 15 juillet 2010

Durée : 96 minutes

Pays d'origine : États-Unis

Genre : Thriller

Dans l'une de nos discussions/critiques vidéos, nous vous avions parlé du film allemand Das Experiment, un très bon film facilement recommandable, basé sur une expérience scientifique réelle dans laquelle des individus sélectionnés prétendaient être des gardiens de prison et d'autres des prisonniers. Soyez sûr d'écouter notre discussion pour plus de détails, mais moi (Bob), j'ai décidé aujourd'hui de m'attaquer à son remake américain pour voir s'il est aussi atroce que je pouvais l'imaginer ou une surprise positive.

La réponse : le film ne m'a certainement pas surpris, car ce n'est pas le Saint Graal du cinéma et il ne reluit pas particulièrement, ce qui aurait été contre toute attente. Mais il n'est pas la pire chose qu'il puisse arriver lorsqu'on parle de remake américain. En gros, c'est passable, surtout dans le marché des films qui sortent directement sur vidéo, ce qui est le cas ici.

Ne me comprenez pas mal par là. Ce film n'a aucune raison d'exister. Ce n'est pas comme si un américain ne pourrait pas comprendre la complexité de Das Experiment. Celui-ci est un film psychologique en partie, mais pas un débat philosophique qui tente de répondre à un grand mystère de la vie. De la manière que le film était présenté, on pourrait croire que la conclusion était que le pouvoir peut être très facilement abusé et n'importe qui peut être corrompu par celui-ci sans même s'en rendre compte.

Vous voyez, rien de plus américain comme concept. C'est un thème très présent dans cette culture où on s'amuse à régulièrement critiquer des grosses corporations comme Wal-Mart ou le gouvernement et ses abus de pouvoirs (et il est vrai qu'il y a abus), pour finalement les supporter quand le contraire nous désavantage ne serait-ce rien qu'un peu ou même temporairement. Mais qu'est-ce qui est encore plus américain comme concept? Tracer une ligne distincte et claire entre les héros et leurs ennemis.

Là où Das Experiment nous présentait quelqu'un d'aussi inoffensif qu'un imitateur d'Elvis parmi les gardiens qui deviennent abusifs malgré eux, The Experiment nous présente un drogué avec du mascara autour des yeux, un gars qui couche avec tout ce qui bouge et qui semble refouler son homosexualité, un religieux fondamentaliste qui vit avec sa mère à 40 ans et qui a donc évidemment des problèmes... Ce n'est pas moi qui le dit, car ce n'est pas parce que vous avez un vice ou deux (et j'emploie le mot «vice» selon un concept purement américain ici, car je ne suis pas certain que tous ces actes en sont personnellement) que vous êtes forcément violent aussi, mais le film en a jugé autrement.

La seule chose qui m'a semblé inhabituelle pour un film purement américain, ce n'est pas le religieux fou (car même si la religion est forte aux États-Unis, être trop religieux est maintenant populairement négatif), mais le fait que le chef des héros démontre une position plus athée et qu'à aucun point quand les choses ne vont mal le film tente de montrer qu'il apprend à être plus spirituel à travers tout ça. Et même là, je ne leur accorderais pas trop de mérite, ils ont probablement juste oublié ce détail.

Ce héros est interprété par Adrien Brody, un acteur avec un chemin de carrière que je ne comprends pas. Il a eu le rôle-titre dans l'excellent The Pianist, ce qui l'a rendu célèbre, pour ensuite jouer dans des films qui semblent toujours avoir le potentiel d'être excellents, mais qui sont finalement mal exécutés, mais pas au point de devenir de très mauvais films, juste des films qui ne laissent aucune marque et sont souvent sur le bord du passable.

Une autre offense grave dans ce remake par rapport au film source, c'est que les événements semblent dégénérer pour rien (dans Das Experiment, c'était expliqué par le fait que le personnage principal était undercover et faisait exprès de foutre la merde). Les personnages ont aussi des histoires qui ne mènent à rien. Par exemple, il y a comme un lien rapide qui se forme entre le leader des héros et le leader des ennemis (Forest Whitaker). Juste le genre de lien quand on rencontre quelqu'un dans la même situation inconnue que nous et qu'on lui échange quelques mots. Mais le film se concentre un peu là-dessus au début, puis quand ils sont placés dans les camps opposés, c'est pratiquement oublié. Alors ça servait à quoi? Il y a un faux détenu qui s'avère avoir été un vrai prisonnier par son passé et même raciste, mais ça ne fait rien et son racisme n'est pas un conflit dans le film en dehors d'une simple remarque.

Donc il y a plein de détails inutiles ou qui ne font pas de sens (j'en passe) et on change la notion de "corruption apportée par le pouvoir" en "donner le pouvoir aux mauvaises personnes est une mauvaise idée". Les performances des acteurs se rangent dans trois camps : ordinaire, typique, nul. C'est plus un film qui est supposé surprendre par la violence dont les humains sont capables j'imagine, il y a comme une petite exploration de la moralité comme chaque foutu film américaine le fait avec des gentils et des méchants. Ce qui est le plus surprenant pour moi, c'est que les américains soient supposés être encore surpris par tout ça.

En tout cas, aussi inutile soit-il, j'ai trouvé l'écoute tout de même acceptable, ce n'était pas un ennui pendant sa courte durée. Je l'ai évidemment écouté sur Netflix, ne prenez pas la peine d'aller le louer dans un club vidéo ou pire, l'acheter.

3 étoiles sur 5

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