jeudi 8 mars 2012

Dante's Inferno (film sorti en 2007)

Affiche de Dante's Inferno (2007)

Réalisé par : Sean Meredith

Produit par : Sandow Birk, Sean Meredith & Paul Zaloom

Date de sortie : Janvier 2007

Durée : 88 minutes

Pays d'origine : États-Unis

Genre : Comédie indépendante

Il y a peu de temps, je vous avais parlé de Dante's Inferno, un jeu vidéo basé sur le célèbre poème écrit au 14e siècle explorant le voyage d'une âme à travers les différents cercles de péchés de l'enfer (c'était aussi une réflexion des conditions de l'époque à laquelle l'auteur vivait). Malgré cette prémisse remplie de symbolique, ma conclusion était que le jeu manquait de personnalité en ne prenant pas assez avantage de son contexte (sans parler de ses autres problèmes).

Le film dont je vous parle aujourd'hui est un peu l'antithèse de ce jeu. Ils ne sont pas liés, à part pour leur inspiration d'origine. Là où le jeu, malgré ses différences de l'œuvre d'origine (à ce que j'ai lu), restait relativement près d'elle au moins dans son époque et son interprétation plus traditionnelle de l'enfer, ce film s'approprie le matériel, le maîtrise et le transpose dans un temps moderne en nous présentant ses propres visuels créatifs, sa propre interprétation des péchés et une satire politique (des États-Unis) appropriée à notre époque. Attention : ne pas écouter ce film si vous êtes un enfant ou facilement offensable (violence et sexe après tout) ou si vous penchez fortement du côté conservateur ou dans l'extrême droite politique si vous comprenez mieux. (Moi, je suis généralement vraiment de gauche.)

Je vais ajouter, ne pas écouter si vous croyez avoir de la misère à regarder des marionnettes en carton pendant 1 heure. Eh oui, la grosse révélation que je dois apporter après vous avoir vendu le concept du film, c'est que ce n'est ni peuplé d'acteurs célèbres ni même une sublime animation 2D ou un film en 3D à la perfection. Tous les décors, personnages et animations sont des produits de labeur manuel. Nos personnages sont normalement des morceaux de carton découpés, sur lesquels on a dessiné leur apparence à la main et ils sont bougés en temps réel par des marionnettistes (que l'on ne voit pas à l'écran, vous savez, à distance avec un bâton collé derrière le carton). Les seules animations sont faites par un morceau supplémentaire collé sur des objets ou personnages qui peuvent être bougés. Il n'y a aucun effet ajouté en postproduction (sauf le montage et coupage des scènes avec fade in, fade out et générique de fin, mais ça c'est tous les films du monde entier).


Même si c'est difficile à vendre avec une simple bande-annonce, qui ne vous laissera pas graduellement vous habituer au style et qui ne contient pas son message, je dois dire que je crois que c'est littéralement le film avec la vision la plus unique que j'ai vu. Certes, votre concept d'unique peut changer si vous cherchez le seul film où une équipe de criminels composée d'un clown dérangé, d'un homme pingouin, d'une femme en catsuit et un d'homme obsédé par des énigmes combattent un millionnaire déguisé en homme chauve-souris qui fait équipe avec un jeune acrobate. Dans ce cas, il serait juste de dire que le film Batman de 1966 est unique en son genre. Mais là où je ne peux penser à un film moderne n'utilisant pas au moins un petit effet par ordinateur (sans dire que ce n'est pas parfois nécessaire), je peux encore moins penser à un autre film composé à 100% de carton (OK, 99,9%, il y a du plastique très rarement et UN personnage à UN endroit est humain).

Bon, c'est unique et artistique, mais est-ce à vanter pour autant? C'est certain qu'il y a une période d'adaptation et que ce n'est pas fait pour tout le monde, considérant qu'en général, les bouches ne bougent pas quand nos personnages parlent (j'espère que vous comprenez pourquoi, rendu-là). Essayez-le, si vous n'êtes plus capable après 10 minutes, vous n'êtes pas stupide pour autant. Mais au-delà de ça, si vous vous laissez emporté par le film, je crois que ses visuels réussissent à le remonter en rendant moins sérieux le fait qu'il se situe en enfer (quoique moderne), que les gens sont punis parfois affreusement et qu'il se moque de figures politiques connues. Le message n'est pas moins sérieux, mais comme c'est souvent bon pour faire accepter des idées, il est lancé sur un ton qui se veut comique. Parfois ou même souvent, c'est juste une interprétation ridicule d'un mot pour un crime avec une punition dérivée d'un synonyme du mot. Ce n'est pas un film à en rire aux éclats, mais il a ses moments d'humour et ses visuels différents peuvent, si vous vous y habituez, vous forcer à porter encore plus attention aux détails.

La seule chose avec laquelle j'ai eu de la misère, et c'est sûr que c'était impossible d'éviter avec le concept d'une œuvre où les gens se font punir en enfer et le fait que je suis athée, c'est que même si je ne crois pas personnellement à l'existence de ce lieu, je m'oppose à son concept même pour des raisons soulignées au début du film (le ridicule de la chose si même des gens largement honnêtes s'y retrouvent pour une petite erreur ou parce qu'ils n'ont pas été baptisés) et qui ne sont plus soulignées quand on voit les crimes plus graves. Je suis tellement opposé à l'enfer que même Hitler, probablement l'un des pires humains de tous les temps, je ne crois pas qu'il mériterait une punition ÉTERNELLE. Il y a juste des choses qui ne font aucun sens quand on se met à penser à ce lieu qui ressemble plus à la fantaisie que les humains désirent que personne n'échappe indéfinitivement à la justice, qu'une véritable justice. Mais, et c'est un gros MAIS, il existe des films pour critiquer des aspects de la religion, celui-ci n'avait pas ce but et ce paragraphe est plus une parenthèse qu'une véritable partie de la critique de CE FILM.

Pour en revenir à la critique, on n'étire pas trop la sauce, c'est-à-dire que le film est court comme plusieurs films d'animation : il dure un peu plus d'une heure. Et c'est une heure remplie d'originalité, que ce soit par le message qu'on nous lance ou par ce que l'on décide de venir animer et comment on procède pour le faire. C'est loin d'être mon film préféré, ne vous méprenez pas, mais c'est une écoute des plus intéressantes et je vous suggère d'y jeter un d'œil.

4 étoiles sur 5

0 comments :

Publier un commentaire

Un compliment est toujours apprécié. Si vous avez des questions, informations supplémentaires, corrections ou des commentaires à énoncer, comme votre opinion personnelle sur un sujet ou une critique à adresser, essayez d'être constructif, mais nous n'effaçons tout de même aucun commentaire, y compris négatif ou anonyme, sauf le spam.