mercredi 22 février 2012

Dear Zachary: A Letter to a Son About His Father

Affiche de Dear Zachary: A Letter to a Son About His Father
Réalisé & produit par : Kurt Kuenne

Date de sortie : Janvier 2008

Durée : 95 minutes

Pays d'origine : États-Unis

Genre : Documentaire indépendant

J'ai honte... Non, pas pour quelque chose que j'ai fait, mais pour mon pays et le mal intolérable, voir évitable, même évident, qu'il a indirectement causé aux gens dans ce documentaire bien trop réel.

Le documentaire a plusieurs buts qui changent alors qu'il avance dans le temps et que le cas présenté progresse de façon dramatique durant son tournage. Il y a tellement de choses que l'on ne voudrait pas croire qui se produisent et qui ne sont pas du tout arrangées; c'est très triste, fâchant, mais aussi avec un petit côté positif (pour autant qu'il peut y en avoir dans cette situation).

On tente en fait de présenter à quiconque regarde ce documentaire la personnalité du Dr. Andrew Bagby, quelqu'un que vous n'avez probablement pas connu et ne connaîtrez jamais, celui-ci ayant été brutalement assassiné par son ex-copine, Dr. Shirley Turner, qui se trouve à être enceinte de son bébé alors qu'elle doit comparaître pour meurtre prémédité.

Le cas est assez spécial et pourrait valoir la peine d'être documenté juste pour ça, mais je sens vraiment que c'est un film fait pour les bonnes raisons : nous présenter un humain, nous montrer qu'il était bon (et à cause de différents témoignages et quelques faits d'actes de bonté, j'y crois) et qu'il nous a été enlevé injustement avant son temps.

Initialement, le réalisateur et ami d'Andrew, Kurt Kuenne, part en voyage pour récolter les témoignages des personnes qu'Andrew a connues et marquées dans sa vie pour voir s'il y en a plus à apprendre sur la vie de ce dernier. Le tout a été déclenché quand il a appris que celui-ci aimait prendre des photos, quelque chose qu'il n'avait jamais révélé à Kurt.

Quand Kurt apprend qu'Andrew aura une descendance, le documentaire prend le titre qu'il a et le but devient de récolter le plus de mémoires les plus fraîches possibles pour tracer un portrait assez réaliste du père que Zachary ne connaîtra jamais. Puis des développements légaux et dramatiques changent encore la tournure du documentaire.

C'est tout simplement un témoignage poignant et rempli de bonté de la part du réalisateur de décider que son ami valait la peine d'être connu. Plusieurs émotions sont présentes dans le documentaire et d'une réalité fracassante, y compris principalement les parents d'Andrew qui ne subissent que malheur après malheur et qui, à cause d'attentes interminables de la part du système judiciaire canadien ainsi que quelques décisions étonnantes, nous montrent à quel point ils sont forts pour l'amour de leur fils, mais surtout de la dernière chose qu'il leur a laissé.

Ils font preuve d'une patience et d'un calme légendaire, mais personne ne leur en voudra quand ils finissent par laisser sortir toute la haine, toute la colère, alors que le documentaire avance. En fait, c'est une colère tellement réelle que c'est un retour à la réalité comparativement à celle qui est actée dans les films et je crois que le documentaire est bien monté avec le matériel disponible entre les mains de Kurt pour peu à peu vous pousser vers les mêmes émotions que les sujets présentés à l'écran. (J'ai apprécié la touche où quand Kurt lit des documents légaux qui décrivent les crimes contre son ami, on sent sa voix qui brise un peu, alors que dans d'autres documentaires, on aurait peut-être enregistré plusieurs fois jusqu'à ce que la voix du narrateur ait un ton neutre. Ce n'est pas une situation où un ton neutre est nécessaire selon moi.)

D'ailleurs, si j'avais quelque chose à dire de négatif, ce serait que la musique sinistre n'était pas nécessaire pour nous faire ressentir que madame Turner, meurtrière de sang froid, est un personnage maléfique et manipulateur sous un visage tout ce qu'il y a de plus banal. Je ne crois même pas au Diable, contrairement aux parents d'Andrew, mais musique ou pas, je suis quasiment vendu à l'idée que si toutes les histoires bibliques sont bien réelles, madame Turner est le démon en personne.

Je tente de ne rien vous révéler de concluant que vous ne devriez pas savoir à l'avance, mais en même temps de vous faire comprendre quel genre de documentaire il devient. Je vais donc récapituler : témoignage poignant rempli d'émotions réelles qui réussit à nous faire connaître en partie un individu que l'on ne connaîtrait pas autrement. Un documentaire qui nous fait part d'une injustice absolue et qui nous montre comment on peut tourner une situation si macabre en quelque chose que j'ai de la difficulté à dire complètement positif (car dire cela serait insulter les parents d'Andrew qui ont perdu tant), mais de bénéfique pour empêcher que le drame ne se reproduise à la même ampleur.

C'est dommage, mais on ne peut pas toujours penser à corriger ce qui a permis à une tragédie d'arriver à moins qu'elle ne se produise. En 2010, une loi découlant directement de l'activisme des parents d'Andrew a été signée au Canada pour corriger ce que le documentaire nous montre comme une véritable lacune qui me fait répéter mon introduction en toute honnêteté. J'ai honte... Et je remercie les parents d'Andrew pour leur part limitée, mais importante, dans la tentative de transformer ce monde en un meilleur monde.

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