samedi 4 février 2012

Dante's Inferno (consoles de salon)

Devant de la boîte de Dante's Inferno (360)
Développé par : Visceral Games

Publié par : Electronic Arts

Sortie initiale : 4 février 2010

Concepteur : Steve Desilets

Plates-formes : PlayStation 3 & Xbox 360

Genre : Action-aventure

Prix : 16,99$ sur Amazon

Au 14e siècle, Dante Alighieri écrivait son célèbre poème de la Divine comédie, basé principalement sur une exploration de la foi chrétienne, en y mélangeant des thèmes appartenant à son époque et à la mythologie grecque. Quel est l'un des jeux les plus populaires de notre époque qui s'adonne à avoir comme thématique principale la religion? God of War, bien sûr, car la mythologie grecque était bel et bien une religion au sens propre autrefois (et une majeure en plus) et la mythologie grecque est justement étrangement fusionnée dans le poème de Dante, alors même si le choix peut sembler choquant (de par l'extrême violence de God of War adaptée à un jeu traitant de christianisme), modeler le jeu Dante's Inferno (qui se base sur la première partie du poème de monsieur Alighieri) sur God of War était plutôt assez naturel. Le résultat?


Une critique complètement juste que tout le monde peut comprendre immédiatement et à laquelle rien n'a vraiment besoin d'être ajouté pour résumer tout ce que Dante's Inferno est serait la suivante : il s'agit d'un clone de God of War, ni plus ni moins. (Et je dois avouer que le trailer du jeu fait un excellent travail à présenter le jeu sous son meilleur angle, ayant l'air à son plus inspiré, malgré que ce n'est qu'un clone.) Cependant, je n'irais pas nécessairement jusqu'à la prochaine suite logique que l'on rencontre normalement dans ce genre de situation, c'est-à-dire que je ne dirais pas nécessairement que si vous aimez God of War, vous allez aimer ce jeu. (Cependant, son prix de vente extrêmement bas me fait dire que peu importe ce que je dirai par la suite dans cette critique, ce n'est pas mauvais au point de ne pas payer si peu si vous voulez à tout prix l'essayer.)

Le fait est que God of War III est sorti juste un mois après Dante's Inferno (quelle coïncidence que Dante's Inferno soit sorti juste alors que des fans de ce style de jeu attendaient sûrement impatiemment) et ce dernier semble fortement s'inspirer non pas de God of War III, qui n'était pas encore sorti, ou même le vieux II, mais God of War, le premier jeu de cette série sur la PlayStation 2 et celui ayant le moins à offrir. Je sais qu'en surface, si vous ne connaissez pas bien la série God of War, tout ce dont ça a l'air, c'est d'une brute de guerre qui massacre des monstres et il y a beaucoup de sang et c'est ça, mais jouez-y et vous verrez les divers ajouts, des ajouts majeurs même entre le premier et le second jeu.

Alors, la formule de Dante's Inferno est la suivante : avoir une super longue arme qui virevolte avec vous alors que vous faites ce petit rituel de danse pour tuer vos ennemis, du moins c'est comme cela que je décrirais ce style et celui de God of War d'ailleurs; cela vous permet d'atteindre des combos immenses et d'enchaîner l'action à un rythme fou. Théoriquement, vous ne devriez jamais arrêter de pouvoir frapper vos adversaires avec le sang qui revole partout (ouais, je vois la controverse pour les religieux, mais il y a de la violence d'un bout à l'autre de la Bible après tout et c'est bien en enfer que ce jeu se situe). Évidemment que certains monstres sont rapides, d'autres envoient des projectiles et certains sont des gigantesques créatures qui font en sorte que vous ne pouvez pas constamment frapper et vous devez parfois bloquer, esquiver ou utiliser vos magies pour les atteindre plus efficacement. Autre que le choix de magie est différent de celui de God of War, il n'est pas vraiment plus vaste ni plus intéressant et jusqu'à maintenant je vous ai décrit très similairement le même jeu.

Dante's Inferno a un atout ou du moins quelque chose que God of War n'a pas (quoique God of War, surtout le deuxième de la génération passée sur PS2, a beaucoup plus d'idées que Dante's Inferno n'a pas), c'est une attaque en dehors de la magie et de son arme. Il s'agit d'un genre de pouvoir magique qui ne draine pas de mana ou rien : la possibilité d'envoyer des croix projectiles qui font mal aux ennemis. Ceci devient littéralement une seconde attaque similaire à vos coups ordinaires, mais à distance. Vous pouvez faire des combos avec ça aussi et mélanger les deux styles d'attaque. Les croix deviennent très utiles et rendent le gameplay plus rapide selon moi. J'ai très aimé, mais plus loin dans le jeu il y a des ennemis qui commencent à bloquer ces attaques (tuez-les en premier avec votre arme pour vous débarrasser de ce fléau).

Il y a donc ceci que j'ai particulièrement apprécié du jeu et aussi j'aime le gameplay de God of War ordinaire de toute manière, alors ce jeu était bien parti, mais on dirait qu'il manque quelque chose pour captiver mon intérêt. Dans God of War II, on obtient différentes armes et l'environnement devient plus diversifié, les batailles contre les boss deviennent épiques, le design des niveaux est à son meilleur et il y a un très bon mélange de puzzles, d'exploration et d'action. Le premier God of War a aussi un meilleur mélange de ses genres et un meilleur design des niveaux que Dante's Inferno selon moi, légèrement mieux du moins, et il n'a pas beaucoup d'environnements diversifiés, mais jouez-y au complet et vous aurez au moins quelques environnements légendaires et un massif temple des dieux qui est mémorable. Dante's Inferno a beaucoup de potentiel gâché selon moi de ce côté-là. Je vais élaborer sur ce point, mais je vais dire tout de suite que God of War a le léger avantage pour moi, mais que c'est peut-être dû à mon appréciation de la mythologie grecque, alors peut-être que c'est plus une question de goût quel jeu entre les deux vous apprécierez, quoique j'ai quand même la forte impression qu'ils n'ont pas fait assez dans Dante's Inferno.

Après tout, le jeu se situe en enfer, ça a été établit. C'est en fait la chute d'un templier en enfer, se rendant compte qu'il a commis des péchés mortels malgré lui et malgré sa croyance qu'il faisait le bien absolu (si vous voulez mon avis, c'est un peu le ridicule de la religion même). Je n'ai aucune idée à quel point le jeu respecte bien les 9 cercles de l'enfer tels que décrits par monsieur Alighieri dans son œuvre d'origine, mais le jeu a été fait en 2010 sur des consoles performantes au niveau graphique pouvant nous délivrer des visuels comme jamais il ne l'a été possible auparavant, alors bien franchement on peut sûrement faire plus que ce que l'auteur avait rêvé. Le jeu tente de se démarquer avec quelques cutscenes de flashbacks dessinées en 2D et je n'ai rien à redire sur cette tentative d'avoir une personnalité. Mais l'enfer et les environnements qui s'y trouvent, même si le premier God of War n'a peut-être pas les environnements diversifiés de ses suites, j'avais ici pratiquement l'impression de toujours revisiter les deux ou trois mêmes sections de l'enfer d'un bout à l'autre. C'est-à-dire que l'on visite souvent des zones sombres et faites en roche et des passages un peu plus orangés avec du feu et c'est pas mal ça.

Je répète ne pas avoir lu l'œuvre d'origine, mais je m'attendais à plus du jeu. Quand on est dans le cercle de la gloutonnerie par exemple, j'aurais peut-être mis l'emphase sur le processus de digestion, comme mettre du vomi tapissant les murs et des entrailles qui forment le sol. Montrer en arrière-plan, lorsque possible, des âmes qui se font torturer et dont l'estomac éclate (dans la mesure où une âme a des organes internes, après tout on leur attribue souvent une forme humaine, la capacité de ressentir la douleur ou le plaisir et même des yeux et des vêtements). Quand on est dans le cercle de la luxure, peut-être en ombrage ou avec des formes peu distinctes (pour éviter que le jeu ne passe pas la censure) j'aurais montré des âmes se faisant torturer sexuellement.

Ce que le jeu montre généralement, c'est plutôt des formes peu distinctes sur les murs ou dans la lave qui brûlent et qui fondent. Peu importe où vous êtes en enfer. Oui, quand on parle d'avarice, ces âmes sont dites être en train de brûler dans de l'or fondu, mais c'est quand même pas mal la même chose visuellement. Je suis un peu sévère et ce n'est pas dire que le jeu ne fait absolument aucun effort, il y a par exemple un ennemi glouton qui vous vomit dessus et quelques femmes peu vêtues dans le domaine de la luxure, mais on dirait que c'est l'effort de base, alors que l'on parle de ce qui a le potentiel d'avoir les visuels les plus inspirés et les plus marquants se basant sur une croyance encore fortement présente de nos jours. Ça aurait pu être facilement beaucoup plus pertinent à notre époque que God of War, mais non...

Je n'ai pas vraiment à critiquer comment le gameplay fonctionne, car ils l'ont bien capturé et il est entièrement fonctionnel, mais il y a un manque d'inspiration quand on ne lui donne pas assez de variations comme des puzzles qui auraient pu être à thématique sur l'enfer vous demandant de trouver une façon de sauver des âmes perdues ou de les punir violemment. Ah oui, cette chose arrive dans le sens où vous rencontrer des âmes errantes que vous pouvez sauver ou punir, mais ce n'est que d'appuyer sur un bouton sur votre contrôleur et si vous décidez de les sauver, un minijeu ennuyant apparaît à l'écran (toujours le même), tout ça dans le but de vous donner de l'expérience pour augmenter les pouvoirs de votre arme (punir) ou de votre croix (sauver).

Et j'ai une partie du jeu à critiquer aussi. C'est cette impression probablement fondée que plus le jeu avance, plus il devient stupide. Ceci atteint son maximum aux huitième et neuvième cercles de l'enfer où le manque d'inspiration est à un extrême absolu (manque d'inspiration semble être le mot-clé pour ce jeu, autant dans le gameplay que les visuels). Le huitième cercle est lui-même divisé en 10 cercles (je ne sais pas comment ça fonctionne) qui sont des défis, comme tuer tous les ennemis sans utiliser de magie. Ça devient vieux rapidement et ça ressemble à quelque chose que l'on retrouve dans les extras du menu principal, pas quelque chose faisant partie de la narrative forcée du jeu. Le dernier cercle du jeu quant à lui est vraiment court, il n'a qu'une section stupide avec un géant dans le fond qui vous souffle dessus alors que vous tentez de tuer les ennemis. Je sais que presque tous les jeux ont un segment qui risque de vous frustrer, mais quand celui-ci vient juste après l'un des bouts les moins inspirés du jeu et qu'il se termine sur un boss qui n'est vraiment pas intéressant et tout aussi frustrant (la seule véritable tactique est de le frapper plus qu'il ne vous frappe et il est difficile à esquiver), c'est un désastre.

Le jeu se termine sur la possibilité à une suite et j'ai définitivement quelque chose à dire là-dessus, pas nécessairement ce que vous pourriez penser. Je trouve que Dante's Inferno est très moyen et qu'il a des fautes impardonnables plus on lui joue. Je trouve surtout qu'il n'a pratiquement aucune idée originale et c'est évidemment difficile à respecter. Mais si dans sa suite il s'améliore autant que God of War II par rapport à God of War, il ne dépasserait pas cette série selon moi, mais il pourrait être un clone très acceptable vous proposant plus de ce style de jeu. Il a une base de gameplay fonctionnel, il manque tout simplement d'inspiration, malgré qu'il se base sur l'une des œuvres que l'ont dit les plus inspirantes de tous les temps. Plus de budget (quoiqu'il y en avait sûrement assez considérant que la compagnie, interne au géant EA, est aussi responsable de Dead Space, un très bon jeu qui a été populaire) ou plus de confiance et d'expérience de la part de l'équipe pour ce style de jeu pourrait fortement travailler en la faveur de celui-ci s'il reçoit bel et bien sa suite promise.

2,5 étoiles sur 5

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