lundi 17 octobre 2011

Re-Animator (série de films)

Capture d'écran de Re-Animator

Un autre jour, une autre série de films que je vous suggère pour cette Halloween. Il s'agit peut-être de la première tentative plus sérieuse parmi ce que j'ai suggéré et on pourrait même dire prétentieuse étant donné que c'est basé sur de la littérature classique, un livre de H. P. Lovecraft intitulé Herbert West–Reanimator.

Je n'ai pas lu l'histoire d'origine et je suis certain que plusieurs libertés ont été prises pour les films si on pense aux générations qui séparent l'œuvre d'origine à ceux-ci, mais quoique l'aspect adaptation peut être critiqué dans ce genre de cas, ce n'est pas ce qui fait la différence entre si le résultat final est bon ou mauvais (par exemple, je peux mentionner que Dragonball Evolution se fout de l'histoire de Dragon Ball, mais en bout de ligne c'était un film HORRIBLE à cause de son propre contenu). Je vais donc vous dire si je suggère les films individuellement et s'ils réussissent à raconter une histoire sérieuse.

Re-Animator

Affiche de Re-Animator
Réalisé par : Stuart Gordon

Produit par : Brian Yuzna

Date de sortie : Octobre 1985

Durée : 86 minutes

Pays d'origine : États-Unis

Genres : Horreur, science-fiction, indie

Il est la norme que le premier film d'une série d'horreur soit généralement l'entrée sérieuse de la série ou la moins absurde au moins. C'est même le cas pour A Nightmare on Elm Street et Friday the 13th, alors c'est le cas pour celui-ci aussi. Sauf que pour cette série, aucune suite ne tombe dans le ridicule total, c'est juste peut-être fait avec un peu moins de sérieux, surtout quand on considère que le troisième film ne se base plus sur une histoire préexistante (Lovecraft n'avait pas été si loin).

Herbert West (Jeffrey Combs), un étudiant en médecine, est transféré de son université en Suisse à une université de la Nouvelle-Angleterre pour continuer ses études. Le film ouvre en fait sur une scène où le professeur d'Herbert West, décédé, reprend la vie pour finalement imploser. Les recherches de West portent sur la vie... et la mort, ou plus précisément quelles sont les limites de la mort. Son hypothèse n'étant pas que le corps a une âme (il n'a qu'une vision scientifique du monde), mais que ses propres recherches ont plus à dire sur la vie et la mort que ce que la science actuelle dit. Il croit que le cerveau n'est pas le seul élément important à la conscience, mais plutôt que chaque cellule du corps contient la conscience en soi, ce qui crée une rivalité importante avec son professeur, le Dr. Carl Hill (David Gale). À propos de ce personnage, je ne peux rien y faire, mais l'affiche contient un gros spoiler (auquel je n'ajouterai pas une bande-annonce en plus), donc ce n'est pas un spoiler, j'imagine?

Pour continuer ses expériences, Herbert prend une chambre chez un autre étudiant avec qui il partagera son secret. Il a inventé un sérum, qui démontre un véritable effet, qui permet de ramener un mort à la vie, mais dans quel état exactement?

J'ai adoré ce film et je dirais sincèrement que c'est un bon film, dans le sens que c'est une bonne œuvre qui transcende son genre contrairement à d'autres films dont j'ai parlé récemment. Il y a tellement de choses à apprécier et de normes brisées en quelque sorte. Premièrement, le film n'est pas sans rappeler le très classique Frankenstein ou des films de zombie dans son concept, mais même si les créatures peuvent être appelées des zombies dans ce film aussi, elles n'ont rien à voir avec ce que vous voyez dans les autres films.

Premièrement, dépendant des dommages au corps et du temps depuis le décès, le niveau de conscience des morts-vivants est différent. La science du film n'est pas parfaite et il peut y avoir des erreurs de continuité qui vous dérangeront à travers la série, mais rien que je n'ai pas pu passer au-dessus. Juste le fait que la science soit considérée est si rare dans ce genre de film.

Ce sont des zombies forts qui ne sont pas nécessairement lents et dont la tête peut même être séparée dans certains cas. (Après tout, l'idée du film est que chaque cellule peut être consciente séparément, donc pas nécessairement besoin du cerveau en autant que le sérum est implanté dans les parties séparées.) Et les zombies ne sont pas créés par un virus, donc leur morsure ne vous transforme pas. C'est ce que j'appelle ajouter au mythe d'origine, en expliquant les changements, sans manquer de respect, contrairement à Twilight qui fait juste cracher sur l'histoire des vampires par exemple et l'utilise simplement pour charmer son public.

Jeffrey Combs joue le rôle d'Herbert West comme un scientifique tellement dirigé par son idée, son hypothèse, que rien ne l'empêche de poursuivre son travail. Il joue le personnage d'une façon un peu isolé et qui n'a pas la même compassion qu'un humain normal, tout ce qui compte est son travail, mais on n'indique jamais que le personnage est le vilain du film non plus et il ne l'est franchement pas, il n'est juste pas complètement bon non plus. C'est un personnage mémorable pour moi.

J'adore quand il est sélectif pour les cadavres à prendre, quand il teste ses hypothèses à travers la série et se rend compte que ça ne fonctionne pas comme prévu, mais qu'il tente de raffiner sa science donc pour arriver à un ultime sérum guérissant la mort. C'est un sujet qui me fascine et je suis bien content qu'on ne fasse aucun appel au surnaturel, juste à de la science qui fonctionne dans le contexte du film. Et dans les autres séries de film d'horreur, pour les zombies par exemple, s'ils deviennent plus forts ou ont des nouvelles capacités d'un film à l'autre, c'est souvent inexpliqué, alors qu'ici on sait que c'est parce que West raffine son sérum.

Le Dr. Hill est clairement plus un vilain standard, mais il n'est pas mal joué et il a une évolution intéressante à travers le film. L'étudiant de médecine chez qui West demeure est un personnage générique sans aucun intérêt particulier si j'ai quelque chose de mal à dire. Heureusement que West agit hors des normes au moins pour ajouter de l'originalité au film. Et vers la fin il y a un bon pic pour vous laisser sur une note mémorable, en plus qu'il y a suffisamment de détails intéressants à travers le film pour maintenir l'attention et que le film se déroule assez rapidement à cause de sa courte durée.

Les effets sont définitivement intéressants, c'est-à-dire le maquillage des "zombies" et considérons celui qui n'a plus sa tête, ce n'est pas au-delà du budget du film pour créer un résultat auquel on peut bien croire. (Évidemment que l'on sait comment ils font pour la tête, ça n'empêche pas à l'illusion de fonctionner.)

Au cas où vous n'avez pas compris, c'est un film à écouter. Est-ce que c'est le film le plus original de tous les temps? Non. Est-ce que c'est un film d'horreur original? Fort certainement, car il apporte ses propres idées, certaines auxquelles vous avez peut-être déjà pensé et que vous rêviez de voir dans un tel film, mais sans succès. C'est un film qui n'a pas peur d'explorer ses idées et c'est ce qu'il continue toujours de faire dans ses suites d'ailleurs, dont je vous parle, MAINTENANT!

4 étoiles sur 5



Bride of Re-Animator

Affiche de Bride of Re-Animator
Réalisé & produit par : Brian Yuzna

Date de sortie : Janvier 1990

Durée : 96 minutes

Pays d'origine : États-Unis

Genre : Film d'horreur indépendant

Cette fois, le titre n'est pas sans rappeler la toute première suite au tout premier Frankenstein (sans compter le film silencieux longtemps cru perdu). Même que le concept est similaire, cette fois-ci c'est du pur Frankenstein, car le concept du film est de créer des nouvelles formes de vie en assemblant différentes parties auxquelles on donne la vie. La seule différence est comment la vie leur est donnée.

Il y a des moments un peu plus absurdes que dans le premier film, comme une forme de vie qui est un œil tenu sur 3 doigts qui forment des pattes. Mais ce sont des courts moments et je ne dirais pas que le film est une comédie pour autant. Qu'il y ait des petits détails absurdes est juste un effet secondaire inévitable du matériel dont il est question ici.

J'aime que cette suite explore des nouvelles possibilités avec le sérum et qu'on tente de continuer à répondre sur qu'est-ce qui manque à la formule, qu'est-ce qui crée la conscience "normale". La science est encore un détail important, comme à un point avec une créature complètement fabriquée de toutes pièces (comme le monstre de Frankenstein), quand on considère qu'il faut bien injecter le sérum dans le cœur pour qu'il soit pompé au même moment à travers le corps plutôt que de réanimer les différentes parties séparément, sinon elles se détacheraient.

Il y a aussi une révélation des conséquences du premier film et plus de tension avec la police cette fois. Avec une scène finale qui peut un peu rappeler le premier film sans en être une copie conforme.

Je ne sais pas pourquoi par contre, mais je n'ai pas autant aimé, sans dire que je n'ai pas aimé le film du tout, je l'ai trouvé pas si mal. Pourtant, tellement d'éléments sont respectés de la même façon que le premier film et les personnages importants reviennent (donc Herbert West, son colocataire à l'époque et le Dr. Carl Hill), mais quelque chose ne fonctionne pas aussi bien. C'est peut-être parce que j'avais déjà vu les idées intéressantes du premier et que celui-ci n'était qu'une expansion ou peut-être parce que justement la nouvelle direction fait trop penser à Frankenstein. Quelque chose qui m'a définitivement dérangé, c'est le retour de Dr. Hill qui était clairement endommagé à la fin du premier film et qui revient pratiquement comme si de rien n'était dans celui-ci pour ne pas accomplir grand-chose à franchement parler.

Mais j'ai aimé ce qui s'est passé avec le détective, son personnage a amené quelques détails intéressants, mais aucune chose que je décrirais comme une idée originale. Ça fait juste partie de la tension du film. C'est un bon divertissement, un film que je recommande pour Halloween et à tout fan du premier, mais ce n'est pas du même potentiel originalement introduit par cette série.

3 étoiles sur 5



Beyond Re-Animator

Affiche de Beyond Re-Animator
Réalisé & produit par : Brian Yuzna

Date de sortie : 4 avril 2003

Durée : 95 minutes

Pays d'origine : États-Unis

Genre : Film d'horreur indépendant

Une suite moderne, dans une prison, qui n'est pas supportée par l'œuvre de Lovecraft, avec un seul acteur qui reprend son rôle, quoique le plus important, Herbert West. Ce film me semblait voué à l'échec et probablement produit pour prendre de l'argent aux fans des deux premiers. Mais lorsque je l'ai écouté, j'ai été surpris de voir qu'une fois passé le ton justement plus moderne du film et l'idée que la prison va tout limiter négativement l'exploration scientifique, il ne fait que continuer à explorer des nouveaux territoires et il conserve principalement le même genre d'effets qu'à l'époque en utilisant le CG uniquement pour les supporter (ce qui est l'utilisation idéale de cette technologie selon moi). Je ne sais pas si je suis hors des normes pour avoir apprécié ce film (pas autant que le premier bien sûr), mais je ne le vois vraiment pas comme une insulte moderne comme je m'attendais à ce qu'il soit.

Herbert West est en prison pour des raisons que vous pouvez facilement imaginer, donc inutile de vous expliquer tous les détails de l'histoire. Les autres détenus sont comme vous pouvez vous y attendre et le chef de la prison est un vilain qui remplace peut-être le Dr. Hill. C'est un vilain standard de la même façon, ce qui ne me dérange pas et ça me fait même un peu rire dans ce genre de film quand le vilain est conforme, on a le bonus que ce film tente en plus d'avoir un scénario relativement original.

La prison pourrait être un lieu très limité pour expérimenter, mais ça "adonne" que le nouveau docteur de la prison est un fan du Dr. West. C'est peut-être un jeune homme perturbé en ce sens comme on nous le fait d'ailleurs voir au fur et à mesure que le film progresse, mais ça permet au docteur d'obtenir son matériel et de tester sa nouvelle hypothèse, tout en faisant de la prison tout simplement un élément de tension comme le détective du second film ou l'école du premier. Et le fait que ce soit une prison, un environnement restreint avec potentiellement des zombies plus tard dans le film, c'est juste un peu plus excitant, non?

La nouvelle hypothèse du Dr. West en passant est que tout ce qu'il manquait à ses zombies pour qu'ils deviennent la forme de vie qu'ils étaient avant leur mort était d'ajouter l'énergie ou l'électricité qui circule dans notre corps en ce moment même en plus du sérum habituel pour remettre les cellules en activité. Il a donc développé une méthode pour capturer l'énergie d'une forme de vie de quelconque espèce et pense aussi que cette énergie n'a aucune forme individuelle et qu'elle est donc compatible entre tout le monde, même rat à humain.

C'est un film génial, peu familier au départ, mais une fois que West a parlé de sa nouvelle idée j'ai embarqué. Il y a peut-être plus d'action que dans le premier film, mais ce n'est pas une suite idiote dans le sens qu'on n'oublie pas de tester les limites de la science (évidemment celle fictive du film) et on répond justement à des questions que je me posais. Pensons à un junkie encore vivant qui s'injecte le sérum.

Ce n'est peut-être pas l'excellent film qu'était le premier et il dépend clairement de celui-ci pour en être arrivé jusque-là, mais il est vraiment divertissant et un fidèle successeur qui ouvre la voie à de nouvelles possibilités. J'ai aimé ce film qui aurait pu être un échec total 13 ans après le dernier film.

3,5 étoiles sur 5



C'est donc une très bonne série pour le genre horreur et elle n'a pas fini d'explorer tout ce qu'elle pourrait faire. Je pense malheureusement à Jeffrey Combs qui a 57 ans à l'écriture de cet article et qui ne rajeunit pas à chaque année, mais il pourrait être un docteur plus mature dans une potentielle suite (ou un étudiant en première année du secondaire quand on regarde l'âge des acteurs qui joue le rôle d'adolescents dans les films américains). Je ne suis pas contre l'idée et il semble lui-même être encore impliqué dans les festivals qui ont rapport avec Re-Animator. Il est en bonne partie connu pour ça après tout. Et Beyond Re-Animator laisse croire à une suite, en fait c'est tout sauf une fin.

Une suite était pensée d'ailleurs, House of Re-Animator. Elle serait déjà sortie si elle avait dû exister sous cette forme, car ça aurait été une satire politique pensée du temps où le très critiqué, mais étonnamment réélu W. Bush était à la maison blanche. Je ne sais pas si ça aurait fonctionné et c'est peut-être pour ça que l'idée n'a jamais été accomplie, car ce n'est pas comme si Bush n'était pas resté assez longtemps au pouvoir pour écrire le film et ce n'est pas non plus comme si l'année de son départ était une surprise, ce n'est donc pas une erreur de planification qui a empêché ce film d'exister. Donc je pense juste que l'idée a été abandonnée par faute de réel lien avec la série. Dommage, car je veux une autre suite Re-Animator maintenant et ces trois films sans conclusion sont tout ce que j'ai.

J'ai confiance en où ils pourraient aller si le tout est bien pensé et ça ne peut que devenir de plus en plus intéressant alors que West se voit réellement proche de la réponse ultime. Je verrais ça comme une suite finale qui finit en drame, ne faisant jamais de West un vainqueur pour se rendre compte qu'il a perdu sa vie à éviter la mort. Ça me semblerait intéressant avec une morale à retenir (quoique si des scientifiques travaillent sur résoudre le problème de la mort dans notre monde réel, lâchez pas!) L'autre alternative est bien sûr possible, celle où il réussit ce qu'il voulait accomplir et devient immortel peut-être, quoique ce n'est pas vraiment une fin et je ne vois pas autant le message à retenir (ce qui n'est parfois pas grave dans un film d'horreur, mais Re-Animator est normalement mieux songé). Mais ce n'est malheureusement que du rêve si personne ne travaille sur cette satanée suite.

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