vendredi 23 septembre 2011

Clerks

Affiche de Clerks

Réalisé par : Kevin Smith

Produit par : Scott Mosier & Kevin Smith

Date de sortie : Janvier 1994

Durée : 92 minutes

Pays d'origine : États-Unis

Genre : Comédie indépendante

Pourquoi un article sur Clerks aujourd'hui? Les geeks connaissent Clerks depuis longtemps, non? Je ne vous contredis pas, mais justement nous sommes Geek Mode, alors c'est pas mal l'un des articles les plus appropriés qu'il puisse y avoir sur le site et ça manquait jusqu'à aujourd'hui, tout comme un article sur Portal jusqu'à il y a moins d'un an.

Pour ceux qui seraient moins informés de la culture geek, Clerks a été un film indépendant qui a reçu beaucoup d'attention à l'époque, provenant de ce tout nouveau jeune réalisateur qui était lui-même incroyablement geek. Kevin Smith était à l'époque un jeune qui travaillait dans un dépanneur et sachant que notre contributeur, Solo, a déjà travaillé dans un Dollarama (pas un dépanneur, mais même genre de client à peu près), je crois qu'il peut confirmer que ce n'est pas nécessairement plaisant et que les clients sont du monde à part des fois. Smith a été inspiré pour faire ce film après avoir vu Slacker (presqu'entièrement composé de dialogues et sans structure), un film qui lui a fait dire : «Hey, je suis sûr que je peux faire ça moi aussi!»

Clerks est un film que Smith a écrit pour dire littéralement tout ce qu'il avait à dire sur sa condition, présenté dans une comédie un peu absurde en exagérant à quel point les clients peuvent être loufoques, durant une journée remplie où toute une dramatique imprévue se déroule dans la vie du personnage principal. Un film a besoin d'un scénario avec un début et une fin après tout et même si le film a peu de structure, il a clairement un contexte. Slacker a encore moins de structure (les personnages ne cessent de changer, c'est absurde et bien franchement, je trouve juste Slacker ennuyant alors qu'il donne la parole seulement à des fous, peut-être un peu comme notre réalité malheureusement).
Je crois que ça aurait été bien une série limitée n'ayant pas automatiquement besoin qu'il se passe des choses spécifiques dans une journée, car certains détails peuvent sembler forcés, c'est pour ça que je dis que juste mettre le focus sur quelques épisodes sur la vie de gars travaillant dans un dépanneur aurait pu être une bonne alternative (ne me pointer pas les dessins animés, je sais qu'ils existent). Cependant, c'est juste dire que j'en aurais voulu plus et que je cherche des reproches à faire au film, car autrement c'est un film que j'adore parce qu'il s'écoute tellement bien et il a quelque chose à dire, ce qui en fait probablement le meilleur de Smith (bien que personnellement mon préféré que j'écouterais à maintes reprises est Dogma, les critiques ont adoré Chasing Amy et Red State semble être un nouveau favori parmi ses fans).

À la base, Clerks ça a l'air de rien de spécial. C'est l'histoire d'un homme du prénom de Dante qui doit remplacer quelqu'un au dépanneur où il travaille. Ça, c'est le contexte, un gars qui perd sa journée contre son gré à faire quelque chose qu'il n'aime pas. Puis les autres détails s'ajoutent peu à peu, comme le boss qui n'arrive pas même plus tard dans la journée à l'heure où il était supposé, ce qui empêche Dante de retourner voir sa copine. Randal, son ami, qui travaille juste à côté au club vidéo, est aussi désintéressé que Dante à faire son travail, mais la différence c'est que... Je ne sais pas comment faire passer l'émotion exacte en français pour celle-là, alors "he just doesn't give a flying fuck".

Pratiquement toute la journée, Dante est tourmenté par des clients étranges, en commençant par un gars qui fait un monologue décourageant les gens à acheter les cigarettes et qui lui fait donc perdre des clients. Des choses absurdes comme un gars qui fait subir des tests étranges à chaque œuf d'une douzaine pour trouver la douzaine d'œufs parfaite. Des choses plus réalistes comme le vieillard qui veut utiliser la toilette des employés, contre la politique du magasin.

Tous ces problèmes rencontrés lors de ce genre de travail, et ceci étant une comédie, c'est à saveur humoristique (pas nécessairement rire aux éclats, mais les situations sont souvent cocasses) et toujours divertissant d'un bout à l'autre. On peut aussi vous faire attendre avant de livrer une blague, comme celle du vieillard et la toilette par exemple n'arrive à son but que plusieurs scènes plus tard et non, ce n'est pas le classique du film américain avec de la merde partout sur les murs. Je suis donc définitivement un fan de ce film, je crois avoir déjà dit que même à l'occasion où Smith ne fait pas un chef-d'œuvre, vous pouvez être assuré que son film sera au moins divertissant. Dans le cas de Clerks, il s'avère que c'est un peu plus qu'un simple divertissement, c'est un véritable bon film qui a quelque chose à dire du point de vue honnête du réalisateur et sa condition à l'époque, sans perdre de son divertissement. C'était le premier film de Smith, fait sur l'impulsion du moment en parlant d'un sujet qu'il connaissait et qui l'affectait, alors je pense que tout cela a joué en faveur du film.

Qu'est-ce que j'ai à critiquer? Rien de sérieux pour moi. Smith est toujours critiqué pour ses visuels qui manquent de mouvement et qui ne sont pas intéressants, mais pour moi un film c'est scénario en premier lieu et visuel en second lieu, mais à un niveau d'importance extrêmement plus bas, sauf si vraiment je ne peux rien voir. Dans Clerks, en plus que le film est en noir et blanc et que ça ne plait pas à tous, il y a peu de changements de décors et plusieurs plans me semblent trop rapprochés même à moi. Je ne parle pas de la caméra directement collée au visage pour un plan rapproché occasionnel, mais en général on a le ou les personnages serrés dans le plan 16:9, je n'ose pas imaginer ce que ça donne en 4:3.

Le jeu des acteurs est bien correct pour Dante et Randal, mais aucun acteur n'est un professionnel dans ce film. Ça a été un film indépendant réalisé avec peu de budget par un réalisateur inexpérimenté qui a pratiquement engagé ses amis du secondaire pour combler les rôles. Si l'on combine ça avec les dialogues de Smith qui ne sont pas généralement naturels et plutôt longs (misant plutôt sur un message style stand-up que des conversations banales réalistes), un acteur inexpérimenté n'arrive pas toujours à faire passer ça de façon naturelle. Je peux croire par contre quand Dante et Randal ont des arguments sur la culture populaire (avec Smith, c'est souvent Star Wars ou Jaws), car c'est le genre de chose que les geeks font pour vrai. Il y a une explication très intéressante dans le film sur pourquoi l'explosion de la Death Star dans Return of the Jedi est beaucoup plus cruelle que dans A New Hope, juste pour vous donner une idée à quel point c'est geek!

Le film aura vingt ans dans quelques années et Smith a beaucoup changé depuis ce temps, il a passé à autre chose, mais du point de vue du public, on comprend que Clerks sera toujours perçu comme une histoire très personnelle de Kevin Smith et celle pour laquelle il est devenu réalisateur juste dans le but de pouvoir nous la raconter. Si ce n'était de Clerks, qui sait où il serait aujourd'hui? Pour moi, ce film est excellent malgré ses quelques défauts, car ses dialogues sont intéressants et geeks et il est l'un des rares films, même parmi d'autres excellents, à réussir à me garder divertit sans jamais vraiment me perdre ne serait-ce que quelques minutes.

4 étoiles sur 5

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