samedi 16 juillet 2011

Child of Eden

Devant de la boîte de Child of EdenQ? Entertainment est une autre de mes compagnies favorites. J'ai joué et apprécié chacun de leurs jeux depuis leur début. Lumines, Meteos, Every Extend Extra et Rez, plus particulièrement, occupent une place spéciale dans mon cœur. C'est donc avec grande anticipation que j'attendais le successeur spirituel de ce dernier : Child of Eden.

Permettez-moi de faire un retour nécessaire sur le premier volet de la série, Rez. Il se retrouverait probablement sur ma liste des jeux les plus chers à mes yeux. Pour moi, il est une œuvre très importante. Il était un jeu de tir sur rail à l'époque où il n'y en avait plus, avec une mécanique de jeu différente de tout ce que l'on connaît. Il avait un monde bien à lui, un style graphique éblouissant.

C'est aussi l'un des seuls jeux qui provoque une réelle émotion. Vous débutez en étant intimidé par un système informatique puissant dans un monde calme et basique, pour finir en une réflexion sur l'humanité et la libération d'une déesse; c'est un sentiment de liberté et de possibilité qui s'ouvre à vous. Son but premier est de provoquer la synesthésie, c'est-à-dire l'association de sons avec des images (ou de couleurs et de sons, etc.). Notez à quel point les sons "durs" sont des éléments carrés et à quel point les sons "doux" sont circulaires... Même chose pour les couleurs.


Child of Eden

La suite arrive à un moment où les "space shooters" ont fait un retour et que les jeux indépendants sont à leur moment le plus fort de leur histoire. Plusieurs d'entre eux s'en sont d'ailleurs inspiré pour créer le visuel de leurs jeux (The Polynomial, System Protocol One, Olu).

Les graphiques sont extraordinaires. Ils ne sont pas seulement beaux visuellement, mais ils sont aussi d'une originalité sans équivalent. Laissez-moi vous décrire une scène. Vous flottez dans l'espace, à côté d'une baleine de lumière bleue sur laquelle les écailles sont construites de sons. Cette baleine se transforme soudainement en phénix flamboyant de lumière orangée. C'est spectaculaire.


Personnellement, je préférais les concepts visuels du premier jeu : l'aspect "cyberpunk", "Tron" et informatique est pratiquement disparu. Néanmoins, les visuels de Child of Eden ont tout de même leur style propre et nous voyons aussitôt que beaucoup d'effort a été mis sur la beauté des niveaux.

L'aspect d'évolution du personnage (chaque évolution est égale à une vie) est complètement disparu, puisque le jeu est à la première personne à cause de Kinect. C'est donc une jauge de 5 points de vies qui remplace le concept. Dans Rez, pour gagner une nouvelle vie, vous deviez remplir la jauge au bas de l'écran avec des pastilles, les bonus du niveau. Child of Eden est donc beaucoup plus facile que Rez.


Je crois aussi qu'on perd la notion de synesthésie, puisque les sons sont difficilement associable à des ennemis : la musique est trop chaotique et pop pour cela. Même chose pour les couleurs qui ne sont pas uniformes.

D'ailleurs, j'ai un petit commentaire à faire sur la musique... Elle était électronique dans Rez, mais ici, c'est carrément du J-pop. Ce n'est pas pour tout le monde. J'irais jusqu'à dire que la musique est difficilement associable au niveau. Le personnage de Lumi est emprunté au groupe du créateur du jeu. Le monde de Rez n'avait pas besoin d'un personnage humain, je crois qu'elle est de trop. Elle apparaît sans cesse, ce qui donne au jeu l'aspect d'un énorme vidéoclip. La musique de Genki Rocket est aussi apparue dans Lumines. Elle est peut-être un peu trop surexploitée...

Néanmoins, l'émotion de l'expérience est conservée, mais sous une autre façon.

Kinect

La caméra devrait être fixe. Au lieu de ça, elle bouge lorsque vous bougez votre curseur, c'est donc difficile d'être précis.

Mais en général, je ne joue pas à l'aide de Kinect. C'est simplement trop difficile. Dans les zones 4 et 5, j'ai dû recommencer plusieurs fois, même avec la manette! Imaginez avec Kinect! Plus vous avez une grosse télévision, plus ce sera intuitif et facile à contrôler. C'est bien que l'option soit là et c'est amusant à utiliser, mais pour moi, c'est plus comme un bonus et non comme une fonction essentielle.

Quelques problèmes

La longévité est un problème. Oui, le jeu est court, mais ce n'est pas ça le problème. 5 zones (plus une sixième en bonus), comme le premier, qui durent environ 10 minutes chacune. Calculons-le ensemble : 5 zones de 10 minutes = 50 minutes à 50$. Ça fait 1$ par minute de contenu original! Il y a des objets, skins et modes à débloquer, mais sa longueur est exactement la même que Rez et le jeu se vend le même prix que le premier à l'époque. Est-ce légitime de demander aux jeux d'aujourd'hui d'offrir plus de contenu pour le même prix? Autant de travail a été mis dans l'un ou l'autre des jeux.

Ma réponse : je pense que oui. Nous devrions avoir plus. 10 niveaux au lieu de 5, ce serait parfait. Mon argument : les jeux téléchargeables. Le premier Rez en haute définition est disponible pour 15$ (3 fois moins cher). Avouns-le, les niveaux de Child of Eden ont beau être magnifiques, mais ils ne sont pas vraiment difficiles à fabriquer. Les ennemis sont toujours au même endroit au même moment, pas d'intelligence artificielle et le niveau est toujours de la même durée. Avec les outils que nous avons aujourd'hui, c'est évident que ce jeu aurait dû avoir beaucoup plus de contenu.

Les gens qui se plaignaient de la longueur de Portal 2, dont ils exagéraient généralement la courteur, exploseraient sûrement à la vue de la longueur de Child of Eden! Il faut dire que si je décide de refaire l'histoire de Portal 2 au complet, j'ajoute 6 à 8 heures de plus. Si je refais Child of Eden, c'est seulement 50 minutes... D'autant plus que le jeu n'offre pas de mode en ligne (un leaderboard seulement).

Un autre détail que je reproche à la plupart des jeux, c'est qu'il n'y a aucune façon de connaître les éléments à débloquer et la façon de les obtenir. Si on le savait, nous aurions plus de conviction à terminer certains objectifs plutôt que de refaire les 5 niveaux des dizaines de fois en attente d'un miracle.

Mais est-ce que je regrette d'avoir acheté Child of Eden? Pas du tout. Est-ce que j'ai du plaisir à y jouer? Absolument. Les graphiques sont majestueux, la musique est entraînante et encore une fois, il dégage ce bonheur contagieux qui vous suivra longtemps après avoir quitté le jeu. Je suis prêt à débourser le 50$ pour encourager l'originalité et l'art dans les jeux vidéo et une compagnie qui ose prendre des risques, et ce à chacun de leurs jeux.

Je suis conscient du fait que ce n'est pas un jeu pour tout le monde. C'est pourquoi je vous conseille de commencer par la démo du jeu Rez pour voir si le concept de jeu de tir musical sur rail vous intéresse. Si vous êtes déjà un fan de Rez, allez tout de suite vous chercher Child of Eden.

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