mardi 7 juin 2011

Pusher 3

Affiche de Pusher 3

Après le premier film de la trilogie Pusher, je me demandais pourquoi c'était une trilogie. Oui, le premier film était bon selon moi, mais rien de plus et rien qui restera marqué dans ma mémoire, sa seule qualité unique étant d'essayer une approche réaliste au "métier" de pusher et ce qu'il implique. Le film n'avait pas la meilleure exécution et semblait définitivement manquer de quoi.

Puis vint Pusher 2, suivant dans la même lignée et mettant le focus sur un autre personnage du premier film. Cette fois-ci, le résultat final était beaucoup mieux réussi et le film parvenait à être intéressant tout en conservant cette approche unique comme on l'aime venant d'une production hors d'Hollywood (production danoise dans ce cas). Quant à lui, Pusher 3 est un véritable drame de qualité qui valorise entièrement mon expérience avec la trilogie et qui me rend heureux de potentiellement vous y avoir introduit.


Certains disent que Pusher 3 est comme une réimagination du premier Pusher, mais en mieux fait. Je comprends ce qu'ils veulent dire. Les deux films ne se ressemblent aucunement à la surface, car le personnage principal (cette fois-ci, le méchant typique tel que vu dans le premier film) n'est pas le même et on ne voit pas ceux du premier en vérité. L'histoire n'est pas la même et les événements ne sembleront pas être une reproduction ennuyante à vos yeux. Cependant, en creusant plus profondément, l'essence des deux films et même de la trilogie demeure la même. Nous montrer ce qui pourrait vous arriver si vous étiez un pusher, surtout le négatif.

Le message semble clair, la loi est ainsi, mais cela n'empêchera jamais personne de s'essayer à y aller pour le facile. (Ma solution personnelle moins partagée parmi le public général est de décriminaliser ces substances et de les taxer. Rien de parfait, mais la guerre anti-drogue actuelle est définitivement une cause perdue et le simple fait d'empêcher les gens de faire ce qu'ils veulent avec leur corps, même se tuer, sans faire directement de tort aux autres, me semble répugnant même si je ne consomme pas d'héroïne ou de cocaïne moi-même par exemple.)

Vous n'êtes pas obligé ou même supposé de vous attacher aux personnages et le film pourrait sembler sans intérêt, mais comme je l'avais découvert avec Pusher 2, la raison pour laquelle le premier Pusher n'était pas aussi intéressant n'était pas causée en grande partie par les personnages à la GTA comme je le pensais initialement, mais plutôt parce qu'il ne s'y passait pas grand-chose. Aucune surprise : vente de drogue, la police aux trousses des criminels (sans vraiment de chasse intéressante), un deal ne donne rien, une dette se crée, pour terminer sur une conclusion ou pas grand-chose se conclut...

Pusher 2 et Pusher 3 sont des explorations réalistes de ce qui arrive à un individu et comment l'expérience peut ruiner sa vie, dans des détails plus subtiles. L'exploration des personnages est plus intéressante et il y a plus d'action dans le deuxième film que le premier et probablement plus d'action gore dans le troisième (ceci n'est pas dire que c'est un film d'action, je fais juste référence à une scène en particulier). Tout pour conserver votre intérêt en vous peignant ce décor moins hollywoodien de la vie d'un vendeur de drogue.

La différence entre ce que Pusher, Pusher 2 et Pusher 3 veulent nous dire est assez évidente selon moi. Pusher nous dit qu'être un criminel, ce n'est pas la bonne voie pour une vie heureuse même si ça peut sembler plus facile au départ, mais on nous montre l'antagoniste du film qui semble faire beaucoup d'argent et a toujours ce sourire au visage. Il semble bien réussir même si c'est le plus crotté d'entre tous. Je reviens là-dessus. En gros, message facile que tout le monde comprend je crois, rien de jamais vu. Pusher 2 nous démontre deux facettes d'un criminel, un côté plus humain et pourquoi il en est rendu là. Personne ne naît spécifiquement bon ou méchant. On nous montre aussi qu'il peut être difficile de revenir à une vie normale. En fait, on nous montre tout un tas de trucs intéressants. Pusher 3 revient sur l'antagoniste au sourire incassable pour nous montrer un homme brisé qui ne l'a plus. Un homme qui pensait probablement faire la bonne affaire quand il a choisi sa voie il y a un bon bout de temps maintenant et qui a été éventuellement ruiné par son ambition. Le grand patron se retrouve au même point que le loser du premier film qui n'arrivait pas à faire son deal pour payer sa dette. C'est l'approche la plus intéressante selon moi.

La raison est simple, c'est un côté qui n'est pas souvent exploré dans un film typique américain. Plus souvent qu'autre chose, le méchant est en arrière-plan par rapport au héros et il se fait tuer comme punition de sa gloire non méritée avant d'avoir droit à la phase plus naturelle de devenir plus vieux et "passé date" pour son milieu. Bref, devenir un minable après la gloire. Dans Pusher, s'il y a une chose qu'on ne fait pas, c'est tuer un personnage avant d'avoir exploité ce que l'on pouvait faire avec lui.

On nous montre comment il n'arrive plus à fournir à toutes les demandes, comment il est devenu accroc à la drogue, comment son existence est misérable, comme on ne le respecte plus et un petit côté humain de lui avec sa famille et sa réaction à une situation en particulier dans son magasin que je ne vous révélerai pas, car elle fait prendre sa direction finale au film.

J'ai juste eu de la misère un peu à embarquer avec la première moitié, mais c'est à cause de moi et comment mon cerveau fonctionne. Il y avait une petite déconnexion dans mon cerveau entre le personnage du premier film et celui qu'il était devenu et je n'arrivais pas à me concentrer. Mais la majorité des gros événements se succèdent dans la seconde moitié. Mon autre problème qui n'est pas encore de la faute du film, c'est quelques dialogues perdus dans la traduction, mais rien de trop grave. Comme quand les gens se moquent de comment il n'est pas facile à comprendre. Moi, en tant qu'étranger qui ne parle pas la langue, je me rends compte qu'il a un fort accent différent des autres, mais pour moi ils sont tous également incompréhensibles, alors... Mais comme je l'ai dit, ce n'est pas la faute du film si j'écoute un film danois et que je ne comprends pas le danois, les sous-titres font comme ils le peuvent et je comprends la "blague" sur un plan rationnel en lisant les sous-titres, je dis juste que ce n'est pas la même expérience que si j'écoutais le film et je comprenais la langue au départ. Pas un problème du film, passons à autre chose...

L'acteur principal, Zlatko Burić, là où il jouait un méchant totalement typique dans le premier film, sa performance était phénoménale dans celui-ci. On le sent véritablement à bout. Quand il prend sa dose de drogue, il est totalement réaliste dans sa façon de sembler combler à un besoin physique indispensable comme ces drogues le deviennent rapidement. Quand il prend une décision de dernière minute dans la colère du moment, il a complètement l'air d'un humain qui improvise ses gestes et qui ne sait honnêtement pas ce qui va se passer par la suite (brillante performance, car je sais qu'il a lu le script à l'avance évidemment). Au moment le plus gore du film, il a un air de dégoût sur son visage et on commente à propos de l'odeur. Tout cela ajoute au réalisme incroyable de la série. C'est fou comment les gens commentent rarement sur l'odeur des corps morts dans les films.

Au cas où ça ne paraîtrait pas, j'ai aimé Pusher 3 et la trilogie est vraiment quelque chose de grand en prenant du recul (je n'ai cependant pas aimé les plans de caméra dans aucun de ces films et l'allure en général, à part certains jeux de couleur, et même là ils étaient parfois trop poussés dans le second film). Écoutez Pusher et observez devant vous une série devenir meilleure à chaque suite pour faire changement et même finir sur une note excellente.

4,5 étoiles sur 5

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