vendredi 18 mars 2011

Preacher

Devant du roman graphique Preacher: Volume 1

DC Vertigo est reconnu pour ses séries matures et originales. Preacher n'en fait pas exception. Cette série a sa place dans le panthéon des séries cultes adorées dans le domaine des lecteurs de romans graphiques.

Il est difficile de faire la description du scénario sans que ça ait l'air d'un conte pro-religion, mais c'est totalement le contraire. Bon, je me lance : Jesse Custer est un pasteur qui se fait posséder par Genesis, un enfant qui est le résultat de l'amour interdit entre un ange et un démon. Jesse gagne le pouvoir de "la parole de Dieu", avec lequel il peut faire obéir n'importe qui contre leur gré à ses demandes. À l'aide de deux compagnons (son ex-femme et un vampire), il tentera de retrouver Dieu qui a décidé de quitter son poste.

Page du roman graphique Preacher: Volume 1Désolé, la description était un peu brouillonne, mais c'est un peu difficile de décrire cette histoire d'une façon concrète. C'est que les évènements changent drastiquement à chaque "acte" (ou volume). En gros, ça se rapproche d'un récit de voyage. Les personnages changent constamment de lieu et à chaque ville atteinte on y rencontre des gens complètement loufoques (pour ne pas dire "fous dangereux").

C'est justement ses personnages qui font de Preacher un incontournable. Ils sont tous attachants ou complètement détestables, mais tous mémorables et originaux. On apprend à aimer Jesse, Tulip et Cassidy, et leur relation est vraiment très spéciale (lisez l'extrait à droite en cliquant dessus pour l'agrandir!) On les voit traverser des moments épouvantables, c'est un roman graphique intense émotionnellement. On passe du rire à l'effroi et au dégoût en une seconde. Le tout est magnifiquement bien orchestré.

Preacher est composé à 100% d'ironie. Le meilleur exemple est sans aucun doute Arseface, ce personnage totalement défiguré après avoir voulu imiter le suicide de Kurt Cobain. Il se fait donc appeler Arseface, dû au trou dans le milieu de sa figure... Vous aurez compris... Tous les personnages ont le pire passé possible et les "méchants" ont la pire fin possible, mais tout ceci fait partie de l'humour particulier de Preacher. C'est difficile d'en dire autant pour une autre série de Garth Ennis, The Boys, dans laquelle le même humour est utilisé. Mais pourtant, ça ne fonctionne pas dans celui-ci. Ça semble être violent et vulgaire juste pour l'être, sans que le message réel passe. Est-ce les dessins? Est-ce l'écriture? Sincèrement, je n’en ai aucune idée. La seule chose dont je suis certain, c'est que Preacher est l'œuvre qui en fait la meilleure utilisation et dans laquelle c'est le plus efficace.

C'est d'ailleurs en lisant Preacher que j'ai compris ce qu'essayait de faire Mark Millar (avec Wanted et Kick-Ass), Warren Ellis (Gravel) et une tonne d'autres auteurs qui utilisent de plus en plus des images explicites et de la violence extrême, mais sans avoir un but derrière. Ils essaient de copier le style de Preacher, mais il leur manque souvent l'ingrédient indispensable : l'humour...

Les dessins sont parfaits. Détaillés, mais pas inutilement. Art réaliste et très imagé, aucun personnage ne se ressemble. Les couvertures des numéros de Preacher sont de belles peintures. Enfin... Belles du côté technique. Personnellement, elles me donnent le goût de vomir. Elles ont le don de nous mettre une photo pleine page d'Arseface...


Preacher, c'est 66 numéros (plus 5 hors-série) regroupés en 9 volumes paperback. La série est présentement en réimpression en format couverture rigide, en 6 volumes au lieu de 9. C'est une lecture obligatoire. Elle entre aussi dans mon top 5 personnel. Lisez au moins le premier volume et je suis certain qu'il va vous accrocher.

1 commentaire :

Bob a dit...

Je peux pas dire grand-chose sur The Boys, j'ai lu juste un volume je pense et j'avais plutôt aimé de mémoire, mais je présume que ça devient pire par la suite ou que ça ne débloque pas. Mais pour Mark Millar c'est vrai en tout cas qu'il semble prendre beaucoup de Preacher. J'ai pas lu tout Preacher, mais on reconnaît le genre d'Arseface dans plusieurs personnages de Wanted, sans but comme tu l'as dit. Ça fait longtemps que j'ai pas lu un numéro de Preacher, mais je me rappelais complètement de l'ironie de Arseface et il a laissé sa trace... En tout cas, j'adore l'art, ça fait très années 90, mais réussi contrairement à plusieurs super-héros des années 90 qui avaient des muscles par-dessus leurs muscles.

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