lundi 28 février 2011

The Social Network

Affiche de The Social NetworkLe film dont tout le monde parlait lors de sa sortie et qui était nominé aux Oscars hier pour la catégorie du meilleur film de l'année 2010. Je ne l'avais toujours pas vu pour les raisons dont je discuterai sous peu, mais l'ayant à ma portée, j'ai décidé d'en faire le visionnement. J'aurais bien aimé vous parler du gagnant, The King's Speech, pour vous dire si selon moi il a le calibre d'un gagnant, car avouons-le les Oscars c'est un peu snob/prétentieux/politique (voir inutile et surtout prévisible si on le voit de la bonne manière), tandis que moi j'évalue plus sur un mélange de qualité et de divertissement. Seulement je n'ai pas vu The King's Speech; alors en cette journée mondiale sans Facebook, parlons du film basé sur un roman qui traite des gens responsables de la création de Facebook, le réseau social le plus populaire de l'heure.






Quand je dis que j'évalue sur un mélange de qualité et de divertissement, il faut bien comprendre que par «qualité» je ne veux pas dire seulement artistique avec tous ces jeux de couleur et ces angles de caméra uniques (prétentieux). La qualité d'un film est dans le jeu de ses acteurs et de ses personnages, sa présentation (visuellement confortable à regarder ou inconfortable si tel est désiré seulement, trame sonore qui contribue à l'action et très important de pouvoir entendre les lignes des acteurs), son exécution/rythme et pour moi il est aussi très important qu'il puisse me faire réfléchir (condition humaine, société, scénario de science-fiction "what if?", etc.).

Je sépare le divertissement, mais en fait comme tout le reste il entre dans les qualités d'un film. Je ne le sépare seulement que parce qu'il est la qualité la plus importante, tout juste avant la capacité du film à me faire réfléchir. Donc en gros, si on me présente 2001: A Space Odyssey, le grand "classique", je trouve que c'est un mauvais film. Je pourrais vous expliquer ici tout en profondeur pourquoi, mais si je désire le faire ce sera dans un autre article lui étant dédié, car ça n'a pas sa place ici.

Ceci dit, un film avec juste du bon divertissement stupide sera très certainement bon pour moi à court terme (Machete), mais je vais me sentir beaucoup plus satisfait à l'écoute d'un film comme Inception qui lie pas mal toutes les qualités recherchées à un niveau plus que suffisant avec un niveau de divertissement superbe. C'est tout ce que je veux dire par là et je ne vois pas comment des gens ne seraient pas d'accord avec moi maintenant que c'est expliqué en détail, quoique tout le monde ne fonctionne pas de la même façon et c'est normal. En tout cas, j'espère que vous me comprenez et peut-être fonctionnez-vous de la même façon, qui sait?

The Social Network est un film qui, si je dois donner des chiffres arbitraires rapidement, réussit à 90% sur le plan qualité (donc ce que j'ai mentionné, jeu des acteurs, présentation, rythme, profondeur du scénario, avec un petit problème du côté des personnages selon moi qui enlève le potentiel 100%) et un petit peu difficile à séparer pour le divertissement (quand un film est de qualité, il est extrêmement rare qu'il n'y ait pas une partie de divertissement qui en découle), mais disons 70%. Donc oui sur mon top 10 de 2010, il y a certainement des films qui viennent avant lui, dont Inception et Black Swan (bravo à Natalie Portman pour l'Oscar de la meilleure actrice)... Plus ou moins certain à propos de Kick-Ass... Disons non, pas Kick-Ass, mais la question se pose dans ma tête étant donné que je l'ai quand même vraiment aimé (tous des choix personnels avec lesquels vous pouvez être d'accord ou pas évidemment). Si vous êtes écœuré de ces mathématiques, The Social Network est un très bon film à mon avis.

J'ai tardé à le voir, car en premier lieu, c'est un film qui est centré sur le créateur de Facebook. Je crois n'avoir jamais vraiment parlé de ou mentionné ce site sur Geek Mode, parce que je n'en ai pas vraiment eu le besoin ou l'utilité de le faire, mais aussi parce que je n'utilise pas vraiment le site. Je n'aime pas beaucoup Facebook. J'ai un compte régulièrement mis à jour, mais c'est parce qu'il est relié à mon compte Twitter qui poste ce que j'écris automatiquement sur mon mur Facebook.

Je me connecte très rarement au site en tant que tel, car je trouve son interface un peu difficile à comprendre et constamment changeante (sauf si l'on est un utilisateur régulier justement). Le concept n'est pas vraiment pour moi non plus étant donné que les amis auxquels je souhaite parler, je préfère les appeler ou les voir en personne (Twitter est parfait pour juste poster des petites découvertes sur Internet ou des petites niaiseries ou réactions entre-temps), puis non je ne joue pas à FarmVille ou Mafia Wars alors que j'ai des consoles next gen ou même des jeux indies gratuits sur PC à ma disposition qui font un meilleur travail. Je ne vais pas non plus vraiment sur Facebook pour regarder les albums photo de mes amis. Rien contre les gens qui l'utilisent, je peux comprendre (non, non, je suis honnête) que c'est un outil formidable pour certains, mais sans but réel pour moi.

N'aimant pas particulièrement Facebook, je me fous un peu de son créateur... Même si j'étais un utilisateur passionné de Facebook en fait, je me fous de la vie des gens riches et célèbres la plupart du temps. Mais aussi, parler d'un gars qui fait des choses aussi palpitantes que de pirater les systèmes de Harvard pour obtenir les photos des étudiants et monter un site Web en quelques heures ou moins, c'est extrêmement geek. J'aime cette culture, écouter des films, jouer à des jeux et tout, et aussi parfois m'obstiner sur des choses qui ne servent à rien et qui ne sont que des opinions (comme défendre les films de super-héros, chialer sur toutes ces maudites petites erreurs qui arrivent sur Windows, parler contre Indiana Jones 4). D'un œil extérieur par contre, je n'ai aucun intérêt à voir des geeks ou nerds en action qui tentent de monter un site Web pendant 2 heures. C'est tellement un concept ridicule que je paye un billet de cinéma pour aller voir ça que je n'ai jamais porté attention au film avant récemment.

C'est d'ailleurs un peu le génie du film, réussir à captiver mon attention pendant les 2 heures complètes pour un film qui me semblait ridicule et qui parle de choses dont je me fous complètement et dont encore après écoute, je me fous encore complètement. La chose qui aide le plus selon moi, c'est la trame sonore. Vraiment, la trame sonore.

Les performances des acteurs sont bonnes, ça c'est certain. Surtout qu'ils parlent à un rythme fou. En particulier Jesse Eisenberg dans le rôle du créateur principal de Facebook, Mark Zuckerberg. Je ne sais vraiment rien de la vraie nature du gars et de l'histoire de Facebook; j'imagine qu'il y a du vrai dans le film, mais aucun film n'est vraiment une histoire vraie. Je juge les personnages pour ce qu'ils sont, c'est-à-dire de la fiction. Pour le personnage, un crack des ordinateurs, Eisenberg (que je connais peu) est un choix parfait. Il est bon acteur et il a l'apparence du nerd classique (même plus que Zuckerberg lui-même, même s'il lui ressemble suffisamment pour le film).

Le personnage joué par Eisenberg est l'un des deux extrêmes de l'excentricité. Il n'est pas si mouvementé et étrange au premier coup d'œil, il est plutôt de l'autre côté de l'extrême, celui où il est tellement stoïque, silencieux, avec des émotions qui relèvent plus de la robotique que de l'humanité, que ça en fait quelqu'un hors de l'ordinaire. D'ailleurs, il semble avoir de la difficulté à bien saisir comment les autres humains peuvent se sentir face à ses actions. Par exemple, il insulte sa petite amie qui vient de casser avec lui sur son blog (après qu'il ait suggéré qu'elle avait couché avec quelqu'un dans un bar). Quand il la revoit plus tard, il veut lui parler en ami. Elle ne veut pas et il semble vraiment surpris de sa réaction. On nous montre un personnage qui est potentiellement très manipulateur, mais qui ne comprend peut-être pas l'ampleur de ses gestes.

Ce que j'ai le plus aimé de sa performance, c'est quand on le voit en colère, mais pas vraiment avec la face rouge montrant les dents. Plutôt sa façon de placer sa bouche les lèvres collées ensemble un peu de travers (ça arrive au moins à 2 moments). Pour moi, ça avait l'air de quelqu'un qui voulait tant gagner et en qui une frustration énorme montait. Il y a aussi son manque de retenue face à des avocats lors des poursuites lancées par pratiquement tout le monde qu'il a connu (il aurait volé l'idée du site et se serait arrangé pour que son ami qui l'avait financé ne soit pas un actionnaire majeur de Facebook sans lui dire), centre majeur du film qui nous présente aussi en flashback les événements qui ont mené à ça.

Il y a aussi son ami, Eduardo Saverin, qui est responsable du financement et de la partie plus business de Facebook. Il joue son rôle à la perfection, c'est-à-dire naïvement en tant qu'ami plus qu'homme d'affaire. Le personnage principal est vraiment difficile à respecter (autre qu'intellectuellement parlant où je peux me dire que c'est incroyable qu'il soit devenu le plus jeune milliardaire si rapidement) et son ami est plus à prendre en pitié.

Il y a aussi le gars qui a créé Napster qui se joint au groupe, contrairement aux désirs d'Eduardo. Lui il est moins calme. Il se donne dans la drogue, les partys et tout. D'un côté je ne suis pas contre que quelqu'un exerce ses libertés comme ça (quoique malheureusement la plupart des drogues ne soient pas une liberté permise par plusieurs sociétés), mais je comprends parfaitement Eduardo. Quand tu es responsable d'une affaire sérieuse, tu ne veux pas que l'un des membres fondateurs apparaisse le lendemain en première page des journaux pour s'être fait prendre avec de la coke ou quelque chose comme ça. Il y a une image et les gens basent leurs achats, placements et confiance sur une image. Que voulez-vous, les humains fonctionnent comme ça généralement.

Maintenant ça va faire étrange de dire ça si c'est vraiment ce qui s'est passé dans la vraie vie (encore une fois aucune idée tellement je m'en fous de la vie des gens riches et célèbres), mais on dirait que le gars de Napster est joué de la manière qu'il est présenté juste pour être celui que l'on doit détester dans le film. Dans le sens qu'il y a quelqu'un de pire que Zuckerberg qui joue déjà un personnage auquel on ne peut pas s'attacher (surtout si les charges portées contre lui sont entièrement vraies). Jouer la carte de la pitié pour Eduardo, n'est-ce pas là l'émotion la plus facile à aller chercher chez un humain? Ce que je veux dire, c'est qu'au-delà de la performance très bonne d'Eisenberg et d'ailleurs de tous les acteurs, il y a quand même un manque du côté des personnages. Ce n'est pas le mieux que j'ai pu voir en 2010 parmi ce que j'ai vu, qui est une sélection mince comparée à tout ce qui sort à chaque semaine.

Donc quand je disais que la trame sonore était le support majeur du film, je maintiens mon point. Elle réussit tellement bien son travail sans être nécessairement quelque chose que j'écouterais, contrairement à celle de Tron: Legacy par exemple qui contient vraiment une trame sonore à avoir sur disque. Elle réussit à faire paraître comme mouvementées des scènes ordinaires de la vie où des gens se parlent et travaillent sur le design d'un site Internet. Aidant aussi au rythme est la vitesse à laquelle surtout Eisenberg parle et le retour au bon moment aux scènes avec les avocats où tout le monde est assis et ne bouge pas. Grâce à ça, le retour à la vie passée où il y a un peu de mouvement au moins fait en sorte que l'ordinaire paraisse plus rythmé.

C'est certainement un film à voir, il n'est vraiment pas mauvais et il devrait plaire à un large public malgré son contenu très spécifique étant donné qu'il a plu à moi qui n'aime même pas Facebook. Ça je lui donne, c'est une grande force.

4 étoiles sur 5

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