lundi 20 décembre 2010

Sweet Home (jeu vidéo)

Devant de la boîte de Sweet Home

Quand je vous dis : jeu d'horreur fait par Capcom dans lequel vous devez survivre durant votre périple à travers un manoir rempli de pièges et de monstres, il n'y a aucun doute que vous pensez à Resident Evil. Surtout avec une définition aussi longue et précise. Mais il se trouve qu'un jeu plus ingénieux est sorti, en 1989, sur NES, basé sur un film, exclusivement au Japon (donc Famicom plutôt que NES, mais vous comprenez le principe). Ce jeu est Sweet Home. Je ne suis pas déçu des jeux qu'on a en général, nous reste du monde, mais je me rends compte qu'il y a une réelle perte du côté de ce que l'on n'a pas eu (particulièrement pour les anciennes générations de jeux vidéo).

Évidemment que si vous voulez y jouer en anglais (au lieu de japonais), il est possible de le faire via l'émulation avec une traduction faite par des fans. Vous pouvez aussi le faire sur votre NES à l'aide d'une cartouche flash comme le PowerPak ou en vous commandant une reproduction de ce ROM traduit sur une véritable cartouche NES. (Cliquez ici si vous êtes vraiment paresseux!)


Je n'ai pas encore vu le film du même nom, le consensus général étant qu'il n'est ni mauvais ni particulièrement bon, on semble d'accord pour dire que le jeu est meilleur que le film (de par beaucoup selon certains), mais il faudra que je vérifie éventuellement. En tout cas ça n'a rien d'un jeu de licence habituel, même s'il est sorti la même année, car on dirait vraiment un jeu original sur lequel beaucoup d'effort a été mis. Nous avons probablement affaire à l'un des jeux de NES les plus révolutionnaires que nous ne connaissions pas, étant un simple jeu 8 bits plus acclamé qu'un film et servant clairement de base à la très populaire franchise Resident Evil environ 6 ans plus tard (jusqu'aux nombreuses scènes de portes qui s'ouvrent lentement).

Dans Sweet Home le jeu, vous êtes au contrôle d'un groupe de 5 personnes aux habiletés uniques qui sont venues faire un documentaire dans le sombre manoir d'Ichiro Mamiya. C'est vraiment un jeu qui ne perd pas de temps, même si c'est aussi un genre de RPG (le même genre qui peut avoir une histoire d'une heure avant de vous présenter la première bataille). Vous le partez, vos personnages entrent dans le manoir, on vous annonce qu'il est hanté par Lady Mamiya et paf l'aventure commence alors que la sortie se referme.

Ce n'est pas pour autant que l'histoire est délaissée par contre, car même si en tant que jeu d'horreur elle est moins poussée que dans votre RPG fantasy traditionnel (tout comme un film d'horreur tient plus sur ses effets spéciaux et son ambiance que son histoire en général), vous tomberez sur plusieurs morceaux des événements qui se sont passés dans le manoir pour qu'il devienne hanté. En progressant, vous comprendrez les horreurs qui s'y sont produites et ce n'est certainement pas léger. C'est le jeu de NES le plus brutal, gore et qui mentionne le plus de sujets tabous qu'il m'ait été donné de voir. Cependant je ne dirai pas comme certaines autres critiques que j'ai lues; du gore 8 bits, même si c'est le meilleur possible, ça demeure du gore 8 bits, vous ne devriez pas avoir peur (mais bien franchement, je n'ai pas vraiment peur non plus quand je joue à Resident Evil en 3D).

Pour vous sortir du manoir, il y a des puzzles à résoudre à l'aide de divers objets que vous pouvez trouver (avec une limite très restreinte sur vous, comme dans Resident Evil), mais aussi chaque personnage a son objet unique : caméra, balayeuse, kit de premiers soins, etc.. Quand un personnage meurt au combat, il meurt définitivement dans le jeu; c'est pourquoi il y a aussi des objets qui peuvent remplacer ce qu'il avait sur lui.

Règle générale, quand un personnage meurt je fais un reset et je charge ma dernière partie, non seulement car il est utile d'avoir tout le monde en sa possession, mais aussi car on peut se sauvegarder à n'importe quel moment, c'est-à-dire à chaque pas, et le jeu sauvegarde votre position exacte. Cela veut aussi dire que vous pouvez manquer d'efficacité dans vos sauvegardes et vous mettre dans le trouble, mais ça c'est le style old school qui peut aussi vous arriver dans les premiers Resident Evil par exemple.

Personnellement, j'ai passé à travers le jeu une fois (la première fois que j'ai joué); mes personnages sont morts assez rarement à travers toute l'aventure et je n'ai jamais fait d'erreur qui m'a forcé à recommencer (j'ai passé proche à un moment seulement). Ce n'est pas aussi long qu'un autre RPG, quelques heures (genre 5 heures peut-être, je n'ai pas compté).

Les puzzles sont véritablement des défis par fois, pour son genre (car pour la majorité des jeux de puzzle il s'agit d'un jeu facile). Des messages cryptés sont éparpillés dans le manoir, vous donnant des indices parfois très clairs vous indiquant exactement les objets qu'il vous faut, mais parfois de véritables énigmes. Ça fait partie du plaisir du genre survival horror, tout comme l'énergie limitée.

Dans le jeu, vous pouvez sélectionner un personnage à la fois jusqu'à trois, chacun a son inventaire et si vous ne bougez pas régulièrement vos équipes elles demeureront où elles étaient initialement (quand même fort pour un jeu de NES). Quelqu'un qui a une potion peut l'utiliser pour restaurer toute son équipe. Il y a suffisamment de potions à travers le jeu, pas beaucoup trop, environ juste assez. Les statuts spéciaux, comme "Curse" ou "Poison" peuvent être énervants (il vous faut un kit de premiers soins que l'un des personnages a ou trouver un antidote). Mais cela fait aussi partie de la tension du jeu d'horreur.

Commencez par augmenter de quelques niveaux au début du jeu avant de rapidement vous faufiler à travers le manoir, car les ennemis deviennent forts rapidement, et n'oubliez pas de faire ceci pour tout le monde. Cependant je ne dirais pas que c'est un labeur difficile comme dans Dragon Warrior ou d'autres RPGs de ce genre. Vous avez le même genre de bataille (en passant beaucoup plus graphique avec des monstres animés et un fond, c'est très beau pour l'époque) au hasard en marchant un certain nombre de pas, mais elles ne durent pas. Soit vous tuez l'ennemi rapidement ou c'est lui qui vous tuera rapidement. Donc ceux qui aiment moins le genre devraient trouver cela quand même assez rapide.

Parfois vous pouvez vous promener et il y a un piège, genre un chandelier, qui se dirige droit sur vous. On vous offre la possibilité d'esquiver ou des trucs du genre, mais bon, souvent j'encaissais un coup, ce n'est pas trop grave. Original, mais mal fait je dirais. Ça n'a vraiment pas d'impact sur le jeu étant donné que ça ne fait pas trop de dégâts. Il y a aussi des fantômes qui se promènent à certains endroits et kidnappent un membre de votre équipe pour le mettre dans une autre pièce. Très chiant, mais ce n'est pas mal pensé pour ce genre (après tout, Resident Evil et presque tous les vieux survival horror avaient les mauvais contrôles pour vous faire sentir impuissant, ce n'est pas mieux).

Autre chose, certaines parties, surtout au début, ont des trous dans le plancher et vous aurez besoin de planches (limitées) pour traverser. Elles casseront après un certain nombre de passages, ce qui fut un véritable moment de surprise pour moi; je ne m'attendais pas à ce réalisme dans un jeu vieux comme ça. Je pense quand même qu'il est truqué pour ne pas complètement vous bloquer, par exemple la première planche au début n'a jamais cassé dans ma partie.

Il y a même l'ambiance classique de Silent Hill dans les premières parties du manoir, je ne parle pas du brouillard, mais plutôt du manque de lumière alors que vous devez vous éclairer avec les moyens du bord. Votre première mission sera de réactiver un générateur. C'est spécial quand même, j'ai beaucoup apprécié tous les moments du jeu. Hé c'est vrai, j'ai apprécié pas mal tous les moments du jeu; je ne l'avais pas réalisé à ce point-là avant même de l'écrire.

Les graphiques sont sublimes pour ce qu'ils font, on croit vraiment être dans un manoir au mieux que le 8 bits peut faire. Je pense à des ennemis très détaillés dont l'un qui a pour animation de vomir durant la bataille. Ça fait vraiment horreur, corps qui pourrissent et monstres de toutes sortes. C'est réussi, point à la ligne.

La musique n'est pas vraiment spéciale, mais elle fait horreur, je n'ai que cela à mentionner.

D'autre part, c'est un jeu assez linéaire qui ne contient pas de réelle rejouabilité via des quêtes secondaires (il n'y en n'a pas). C'est plus comme Resident Evil dans le fond, à part que vous ne débloquerez pas une arme plus forte pour rejouer à travers le jeu; quand c'est fini, c'est fini. Sauf si l'un de vos personnages est mort avant la fin, alors il y a une autre fin à débloquer, mais c'est le point faible du jeu (ça ne fait tout simplement pas beaucoup de sens la scène finale et ça n'apporte rien de plus). En gros, le jeu est parfait pour y jouer une fois en tant que tel et ça ne devrait pas être mal vu.

C'est tout simplement une bonne expérience de jeu, mais même plus que ça étant donné que c'est un jeu bien pensé et bien exécuté, rivalisant des concepts plus modernes que sa date de sortie, le 15 décembre 1989. Le jeu a officiellement 21 ans et quelques jours au moment de l'écriture de cet article et malgré les nombreux jeux rétros auxquels je joue, je n'aurais aucune honte à dire que dans ce cas-ci, son âge n'a pas de réelle importance; vous n'aurez pas à vous forcer à y jouer, assumant que vous aimez le genre. C'est du plaisir garanti!

4,5 étoiles sur 5

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