lundi 26 avril 2010

Neuromancer

Devant du roman NeuromancerQuand on dit le mot cyberpunk, un nom vient automatiquement avec : William Gibson. C'est l'auteur de ce qui allait devenir le premier roman officiellement qualifié de cyberpunk, le plus influent du genre : Neuromancer. Il y eut deux suites : Count Zero et Mona Lisa Overdrive, que je n'ai pas encore eu le plaisir de lire.

Case est un hacker. Enfin, était un hacker, puisque dans son dernier contrat il s'est fait prendre à voler son employeur. Sa punition : il fut intoxiqué d'une mycotoxine qui endommagea son système nerveux, ce qui élimina son talent de hacker. Alors qu'il est un peu désespéré, il rencontre Mona et Armitage, deux hackers qui auront besoin de lui pour une mission assez intense... Ils proposeront à Case de lui restaurer son système en échange de ce petit service...

Neuromancer est bourré d'action, de scènes étranges, de concepts originaux. Si vous êtes un fan de science-fiction, ce roman est un must. En le lisant, vous y verrez toutes les œuvres de sci-fi qui s'en sont inspirées.

Du cyberpunk pur

La raison pour laquelle Neuromancer est une œuvre incontournable pour les fans de science-fiction, c'est vraiment son atmosphère, son univers. Il est la base même du cyberpunk. Hackers, monde virtuel, implants électroniques, crimes sombres... Tout y est. Il y a une mégacorporation, de la trahison, bref tous les thèmes traditionnels du genre y sont.

Il y a par contre un petit problème : il est resté coincé à la fin des années 70. C'est qu'en 1977, la technologie d'aujourd'hui n'était même pas imaginable ou du moins extrêmement difficile à imaginer sous une forme réaliste. Le résultat est un roman qui vieillit très mal et qui peut paraître désuet en peu de temps. C'est même difficile de blâmer sa date de sortie comme je tente de le faire, puisque Do Androids Dream of Electric Sheep? de Philip K. Dick a été écrit en 1962 et reste actuel et crédible près de 50 ans plus tard. Cependant, que le roman semble désuet n'est pas non plus très négatif, puisque son style est maintenant devenu dépaysant (30 ans ont passé), ce qui nous permet d'entrer dans le jeu en convertissant le passé démodé en futur rétro.

J'ai lu l'édition française du roman, intitulée Neuromancien, et je le regrette un peu. L'utilisation de certains termes était parfois étrange, rendant le tout difficilement imaginable. Le terme «basculer» est utilisé lorsque les personnages se branchent ET se débranchent de la matrice. La phrase : «Et il bascula.» apparaît des dizaines de fois; il en est difficile de savoir où les personnages se situent réellement.

Mona a des yeux «miroirs», des genres d'implants qui permettent à quelqu'un d'autre de se brancher en réseau et de voir à travers ses yeux (et ressentir les mêmes choses qu'elle). C'est un concept très difficile à comprendre pendant la lecture, puisqu'il n'est jamais expliqué clairement. En plus, on a de la difficulté à distinguer les moments ou Case est soi dans le monde réel, soi dans la matrice, ou soi «dans les yeux» de Mona. À la fin du roman, Mona se retrouve à être prisonnière de la matrice. Case est donc à l'intérieur de Mona, à l'intérieur de la matrice. TRÈS mélangeant. Et à chaque fois, la phrase «et il bascula» est utilisée pour passer à l'un ou l'autre des mondes. Comment voulez-vous que le lecteur soit capable de suivre? Il y a aussi des interminables descriptions. Elles arrivent n'importe quand, même dans une scène d'action, nous faisant totalement l’accent sur l'histoire. Mais ce ne sont que des défauts mineurs qui ne devraient pas vous empêcher de lire ce roman et qui se sont pour la plupart probablement introduits uniquement dans la traduction.

Affiche de NeuromancerNeuromancer : le film?

C'est très rare que vous allez m'entendre dire ceci, mais j'aimerais bien voir ce roman adapté au cinéma. Les descriptions excessives ou les concepts complexes seraient illustrés, enlevant tous les points négatifs du roman. Si nous prenons le film La Matrice par exemple, l'image a toujours un gros filtre vert à l'intérieur de la matrice et un filtre bleu dans le monde réel. C'est un détail très simple qui aide le public à comprendre instantanément où les personnages se situent : exactement ce qui manquait au roman Neuromancer.

N'empêche qu'il y a un risque énorme : il serait à coup sûr comparé à la trilogie Matrix. Ils ont tellement de points communs! Et le public a toujours tendance à tout comparer, alors le résultat sera toujours le même : «Une pâle copie de La Matrice.» Je crois que les deux pourraient coexister. On peut voir partout sur Internet que le film serait en production pour sortir en 2011, mais puisque rien n'est officiel, considérons ceci comme une simple rumeur pour l'instant.

Devant du roman graphique Neuromancer: The Graphic Novel - Volume 1Neuromancer : le roman graphique

Capable de combler les manques du roman avec des visuels (comme le film), la série aurait été fantastique. Malheureusement, un seul numéro est paru avant qu'elle ne soit annulée.

J'ai quand même mis la main sur le dit numéro (trouvable sur eBay) et je dois dire que c'est très satisfaisant. Il couvre les quatre premiers chapitres du roman. Il a bien sûr des points positifs et négatifs qui sont tous deux reliés au même aspect : l'adaptation. Alors que je disais plus haut que c'était bien de mettre une image sur les mots, le roman graphique le fait, mais avec un énorme look des années 80. C'est bien, avec toutes les couleurs et la mode spéciale, mais c'est aussi quelque chose de négatif, ne laissant pas de place à l'imagination. Néanmoins, je vous donnerais un conseil étrange : si vous prévoyez lire le roman, je vous conseille de lire le premier numéro du roman graphique avant, question de vous imprégner cet univers précis dans votre esprit, pour vous préparer au roman.

Devant de la boîte de NeuromancerNeuromancer : le jeu

Hé oui, même un jeu a été créé en rapport avec le roman, sorti sur Amiga, Apple II, Apple IIGS, Commodore 64 et DOS en 1988. C'est un jeu d'aventure vaguement basée sur l'œuvre original, se servant des lieux, concepts et personnages, mais ce n'est pas une adaptation exacte. Ce jeu laisse paraître son âge dès qu'on le démarre, mais il reste quand même un jeu mémorable qui se mérita des critiques très positives à l'époque. Je ferai probablement une critique plus élaborée éventuellement sur ce jeu.

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