samedi 11 juillet 2009

Zardoz a.k.a. comment mal représenter une bonne idée (feat. Sean Connery en robe de mariée)

Affiche de ZardozCapture d'écran du film Zardoz dans laquelle nous voyons ZardozLa partie clé du titre de cet article est «comment mal représenter une bonne idée». Zardoz, c’est un film de science-fiction de 1974 réalisé avec un budget limité et ça paraît, mais ce détail ne l'empêcha pas d'atteindre un statut culte à travers les années. Zardoz, c'est aussi cette tête en pierre géante qui flotte dans les airs.



Le film est situé dans le futur post-apocalyptique de 2293. S’il y a une chose sur laquelle les films de science-fiction s’entendent, c’est sur le fait que la Terre n’en a pas pour bien longtemps avant que presque tout ne devienne que des ruines chaotiques. Dans ce futur, des humains dits "brutes" vivant dans une société dystopique cultivent les terres pour fournir de la nourriture aux "éternels", des humains immortels vivant dans une société utopique (enfin, jusqu’à ce qu’elle se révèle être réellement anti-utopique). Des "exterminateurs", faisant partie de l'élite des "brutes", sont chargés de réduire la population humaine ne vivant pas dans le vortex (les endroits cachés et "sereins" où vivent les "éternels") à l'esclavage, usant de violence sur leur route comme bon leur semble. Zardoz, la tête en pierre menaçante que vous pouvez voir ci-dessus, est le Dieu auquel les "exterminateurs" obéissent.

Le film comporte plusieurs thèmes très sérieux qui sont d'aussi bons sujets de discussion aujourd’hui qu’en 1974, lors de la sortie du film. La seule chose qui est plus en contexte à l'époque, à cause de la vague de libération sexuelle des années 70, c’est la présence de nudité gratuite à plusieurs moments, les vêtements des femmes pouvant glisser très facilement (je ne dis pas qu'il n'y a pas de nudité entièrement gratuite dans les films modernes, mais ce semble être fait spécialement pour provoquer à l'époque dans le cas de Zardoz, où la sexualité est présentée très différemment, car les hommes du vortex sont devenus impuissants à cause que la reproduction n'était plus nécessaire avec la disparition de la mort). De plus, que dire de l'accoutrement des "exterminateurs" et du personnage principal (lui-même un "exterminateur"), Zed, interprété par Sean Connery.
Capture d'écran du film Zardoz dans laquelle nous voyons Zed
Serait-ce la fameuse crise de la quarantaine? Tout ce que je peux vous dire, c'est que cet homme FUT James Bond...
Oui, les "exterminateurs" sont des hommes armés de fusils, qui se baladent en sous-vêtements et qui portent normalement un masque (que nous ne voyons pas dans la photo) à l'effigie de Zardoz... Pour ceux qui éprouvent un frisson de dégoût à la simple idée de voir cet écossais moustachu, poilu et vieillissant, en sous-vêtements (ou en couche, dépendant de comment vous voyez la chose) pendant plus d'une heure, dites-vous que c’est moins pire que de le voir habillé en robe de mariée...
Capture d'écran du film Zardoz dans laquelle nous voyons Zed habillé en robe de mariée
J'avoue ne rien avoir d'intelligent à ajouter à cette image, j'imagine que c'est l'avatar de quelqu'un quelque part sur un forum obscur...
Je ne pourrais rapidement expliquer tous les événements qui mènent à cette scène en particulier, mais vous aurez compris que ce film fait très bas de gamme et qu'esthétiquement parlant, ce n'est pas top (cependant, j'imagine que les effets spéciaux n'étaient pas trop mauvais pour l'époque), alors dans son deuxième rôle après sa carrière en tant que l'agent secret 007, Sean Connery perd un peu de sa dignité; il ne peut d'ailleurs s'empêcher d'avoir un léger sourire en coin tout au long du film. Mettons fin à cette parenthèse, car comme je l'ai dit plus tôt, il y a quand même des sujets sérieux qui sont à la base du film, malheureusement surpassés par son ridicule, sans compter que la personnalité des personnages peut changer complètement en l'espace d'une seconde.

Premièrement, il y a une critique de notre société qui se veut humanitaire, mais qui dissimule un aspect violent impossible à complètement effacer, des restants de notre côté animal. On y parle aussi d'instincts, de génétique et d'évolution, de façon assez incohérente certes, mais on en parle. Le plus gros message est celui comme quoi la science et les technologies vont contre la nature et que cela pourrait apporter des conséquences graves. Finalement, il est peut-être possible de noter un certain aspect de révolte envers Dieu, avec Zed qui découvre que Zardoz n'est qu'une supercherie dirigée par un "éternel" pour inciter les "brutes"/pauvres à se démener corps et âme pour le bien-être des "éternels"/riches/savants.

Capture d'écran du film Zardoz dans laquelle nous voyons le vrai visage de Zardoz
La personne que vous pouvez voir ci-dessus est l'"éternel" qui dirige Zardoz, et avant que vous ne le demandiez, oui sa moustache est rapidement dessinée au crayon feutre. Vous savez combien ça prend de temps avant que le film n'atteigne ce niveau de ridicule? Eh bien, il débute avec la tête de cet homme flottant dans le vide en nous racontant des trucs qui ne nous aident pas du tout à comprendre ce dont le film parlera. Le ridicule ne s'arrête jamais après cela, par exemple il y a une scène où nous voyons que tous les membres de la communauté sont reliés via une conscience collective et ils font des sons et des mouvements étranges qu'ils finissent par diriger vers un membre refusant de se joindre à eux. C'est une scène longue et très difficile à supporter pour son ridicule qui se prend trop au sérieux (contrairement à la plupart des scènes ridicules qui ne se prennent clairement pas au sérieux ou aux autres scènes sans intention décelable et probablement réalisées sous l'influence d'une drogue expérimentale).

La punition pour la moindre effraction causant du "tort" à la paix de leur société sans âme, sans vie et sans joie, est de vieillir le coupable. Je n'ai rien à redire sur cette idée qui n'est pas si mal pensée que ça puisqu'ils vivent dans une société immortelle. Cependant, le ridicule c'est qu'il y a un endroit rempli de vieux éternellement séniles, comme si être sénile était un automatisme pour toutes les personnes âgées. Il y a aussi une scène où Sean Connery fait face à de la pornographie, ce qui me rend très inconfortable vu son apparence et son costume dans ce film.

Par une série d'événements plus ou moins claires, nous découvrons que Zed est un mutant super-intelligent (plus que les "éternels" apparemment) voué à libérer cette société de cette prison qu'est l'immortalité. Certains "éternels" sont en faveur de l'idée, mais d'autres non...

L'une des qualités de ce film, c'est qu'il est unique, on ne peut le nier. Je ne lui pardonne tout de même pas le fait que ses thèmes sérieux et excellents soient traités de manière ridicule de la part des acteurs, mais aussi à travers des événements incohérents utilisés pour faire enchaîner les idées. Bizarrement, la plupart des effets de surprise sont ruinés bien avant d'être lancés, comme au tout début du film avec l'"éternel" qui nous révèle la supercherie comme quoi il est Zardoz.

J'avoue avoir sorti de cette expérience avec beaucoup de questions sur ce que je venais de voir, dont la plus importante étant justement : «Qu'est-ce que je viens de voir?» Zardoz, c'est le chef d'œuvre expérimental de certains et l'un des pires films pour d'autres. Ce qui est étrange malgré tous mes arguments et l'évidence même que nous pouvons tirer des quelques images incluses ici, c'est que je ne sais toujours pas dans quel clan je me trouve, même si tout ne m'a pas semblé clair et même si je n'ai pas été vraiment diverti. Par contre, je sais que je ne ferai pas une deuxième écoute de ce film. D'un côté ou de l'autre, j'ai perdu du temps de ma vie, mais ce n'était pas pire que le temps accumulé dans ma vie pour chercher des clés, si cette comparaison peut aider le film.

Je ne sais pas si vous allez aimer ou même tirer le moindre divertissement de ce film, mais il faut le voir au moins une fois dans sa vie, si ce n'est que pour dire : «J'ai vu Zardoz...» C'est drôle, ça me fait penser aux chandails que portent les survivants d'une catastrophe pour annoncer qu'ils étaient présents lors de son occurrence.

2 comments :

Tinky a dit...

J'ai essayé de voir ce truc, et je n'ai pas tenu 10 mn !!!
Va falloir que je tente à nouveau l'expérience, car Sean Connery en pleine connerie, justement, ça vaut le coup rien que pour ça !!! A mon avis, il devait traverser un désert, là, et a cachetonné pour manger... Ceci expliquerait donc cela. La vie d'acteur est parfois traversée de passes difficiles, et cela devait en être une pour l'acteur...
Tinky, amusée.

DarkEvil a dit...

Je comprends le fait de ne pas pouvoir tenir plus de 10 minutes à l'expérience. Seulement 2 choses m'ont poussées à continuer, j'avais entendu qu'il y avait des moments ridicules avec Sir Connery, y compris le bout en robe de mariée, et je savais après quelques minutes que je n'avais plus d'autre choix que d'en faire un article ici, l'occasion était trop belle.

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