dimanche 15 février 2009

Wanted

Devant du roman graphique WantedJ'ai souvent la mauvaise habitude d'entrer dans mon magasin de comics favori, de me promener dans les allées et de ramasser tout ce qui est intéressant. J'ai des critères : il faut que j'aie entendu parler de ce comic quelque part de façon positive ou bien que je connaisse l'auteur. Résultat, j'arrive à la caisse avec une grosse pile de comics de séries que j'adore, mais aussi de séries que je ne connais pas du tout. Ça me permet d'en découvrir des nouvelles et je ne suis jamais déçu. Enfin, presque jamais...

UN roman graphique m'a déçu du début à la fin. J'ai même développé une haine spécifiquement pour cette œuvre.

Wanted.

Tous les défauts qu'un roman graphique peut avoir, Wanted les a. Il est absolument nul! Ou comme les personnages le diraient : "A mother fuck'n piece o' shit!" Le langage est très vulgaire. Ce n'est pas que ça me dérange, la vulgarité, mais ce n'est que ça! Les dialogues sont vides! Seulement des "fuckin'", "fuck", "fucker"... Ça en est ridicule. Je vous cite quelques lignes, d'accord?
You high or something, Dick-head?
Fuck you faggot.
What you say?
You deaf or something, cock-sucker?
Fuck. You.
Quelle belle conversation. Le pire, c'est que c'est toujours de cette façon, du début à la fin du livre...

Certaines histoires ont des "plot holes", des trous dans le scénario. Wanted est un filet : des trous attachés ensemble. Toute l'histoire peut être détruite en une seule question, "pourquoi"? Je vous fais un résumé de l'histoire, d'accord?

Un gars ordinaire déteste son travail de bureau ennuyant. Il décide (avec l'aide d'une fille sortie de nulle part) de devenir un tueur! Il est recruté par une organisation dont le but est d'éliminer les super-héros. Le problème est que l'on ne voit jamais de super héros, seulement des gens innocents se faire tuer... Tout ceci parce qu'il est frustré d'apprendre que son père a été tué (il apprend en même temps que son père était un assassin, mais ça n'a pas l'air de le déranger).

Mêlé à ceci, des parodies de super-vilains existants : genre Clayface est appelé "Shithead" et est littéralement composé de merde (comme le livre d'ailleurs). Ces parodies ne servent absolument à rien et ne sont ni drôles, ni un quelconque hommage au monde des comics.

Comment s'attacher à un personnage principal qui ne fait que tuer pour le plaisir, insulter tout le monde qu'il croise sur son passage, mais en plus insulter le lecteur pour lire des romans graphiques? Quel genre de public peut accepter ça?

J'ai essayé de l'apprécier. Je l'ai lu jusqu'au bout, avec l'espoir que peut-être tout allait s'arranger à la fin... Quelle déception!!! Je me suis même demandé si j'avais manqué des bouts ou si je n'avais pas compris l'histoire. IL N'Y A PAS D'HISTOIRE!

Je n'ai aucun respect pour un livre qui finit par "This is my face while I'm fucking you in the ass", juste avant un speech qui dit à quel point la vie du lecteur est misérable par rapport à celle du personnage principal... Quel est le message? Devenez tueur?

Fuyez tant que vous le pouvez, n'achetez pas ce livre! Si vous voulez un roman graphique avec une façon différente de voir les super-héros, lisez Watchmen, The Boys, Runaways, Marvel Zombies... Tout sauf Wanted.

Je dois avouer que j'ai trouvé l'adaptation cinématographique plutôt bonne, peut-être parce que mes attentes étaient tellement basses que tout aurait passé... Elle est meilleure pour une simple raison : aucune allusion à des super-héros ou des super-vilains. Juste des "criminels". Le film contient même une morale valide. C'est la première fois de ma vie que je trouve une adaptation meilleure que l'original, bravo.

1 commentaire :

DarkEvil a dit...

Je pense que c'est ta première critique entièrement négative (comme tu le sais, pour ma part, j'ai déjà fait E.T. 2600) et je partage l'entièreté des opinions qui y sont présentées (sauf que je ne peux pas vraiment m’avancer sur le film, je ne l'ai pas vu). Après avoir lu ta critique, j'ai décidé de voir ce que l'Internet avait à dire sur Wanted et il semble étrangement que ce soit une œuvre assez respectée de l’auteur, Mark Millar. Je ne peux comprendre cela parce que je n'ai pu apprécier cette œuvre, malgré ma personnalité qui est ouverte à pratiquement tout. Le langage vulgaire en tant que tel ne me dérange pas du tout, même que j'aime ça que des personnages soient vulgaires, après tout, c’est une réalité, et chacun son attitude. Seulement, dans ce roman graphique, comme l’a dit Solo, la vulgarité compte pour la majorité des dialogues, laissant peu ou pas de place au développement de l’histoire et des personnages. J'aime aussi ce qui remet en question les valeurs morales traditionnelles, voir même célébrer des actes dits immoraux, mais la manière dont ceci est exécuté dans ce roman graphique semble beaucoup, beaucoup trop facile et sans but, complètement vide, le néant. Pour voir à quel point l’auteur se l’est jouée facile, le pouvoir du personnage principal est qu'il peut tuer n'importe qui, les vilains peuvent littéralement réécrire l'histoire à leur guise, car ils ont tous les moyens technologiques nécessaires de leur côté, tout leur est permis, comme commettre des vols, des meurtres et des viols, sans aucun obstacle (ils ne peuvent littéralement pas être arrêtés au point de vue de la loi). Les personnages n’ont aucune nuance, y compris le personnage principal, qui devient vilain sans passer par aucune des étapes psychologiques auxquelles je m’attendais. Que veut faire l’auteur en incluant un personnage nommé Shithead, fait littéralement de merde, et un personnage nommé Johnny Two-Dicks, qui a littéralement deux organes génitaux mâles qui ont une personnalité divisée et qui parlent? Est-ce que cela ne sonne pas trop facile et complètement ridicule, vide de sens? Je veux juste dire, pourquoi? N’allez pas vous tromper, je comprends l’idée d’un monde conquis par les super-vilains, ils le dominent comme des rois et c’est dans leur nature de tuer pour le plaisir et tout, mais rien n’empêchait l’auteur d’inclure une histoire intéressante, un quelconque but si ce n’est de nous faire réaliser que le pouvoir corrompt, mais même cette idée qui irait de pair avec un tel roman graphique ne semble pas être le but visé par l’auteur en aucun moment. Même si l’œuvre n’est pas sérieuse, ce n’est pas un problème, mais je m’attends toujours à ce qu’un roman graphique ait quelque chose à dire (sinon, pourquoi prendrais-je la peine de le lire), qu’il soit sérieux même si ce doit être dans son manque de sérieux ou parce qu’il ne se prend pas au sérieux (je pense en fait que l’auteur se prend au sérieux de manière prétentieuse malgré tout). S’il n’a rien à dire, il est mieux d’être particulièrement captivant dans ses scènes d’action (peut-être cela s’est-il mieux traduit dans le film, ce qui pourrait entrer dans l’explication qu’il soit plus acceptable) ou d’avoir un bon suspense, mais ce n’est pas ce que j’ai ressenti en le lisant, je voulais juste qu’il finisse. La fin où il se moque du lecteur ne m’a pas atteint personnellement, car on peut littéralement m’insulter sans arrêt sans que je ne me sente touché, puis cela va avec la personnalité du personnage tel que présenté depuis presque le début du livre, mais ce n’est pas intelligent du tout et c’est encore sans but constructif, ce qui vient confirmer que le restant du livre est aussi sans but (autre que de dire que notre simple vie prévisible est minable, qu’il faut la lâcher et commettre des crimes?) J’ai bien peur que l’auteur ne soit en train de lancer un message à l’aide, qu’il soit quelqu’un d’extrêmement frustré qui a dû vomir cette frustration dans les pages qui composent son "œuvre" de manière à s’en débarrasser. Il a même eu l’audace de la faire publier pour se sentir plus important. Non, ce n’est pas le Watchmen des super-vilains même si cette comparaison a déjà été faite, ce n’est même pas dans la même ligue que Watchmen. Je me dis finalement que Mark Millar, après avoir relu son œuvre, est forcément arrivé à la même conclusion que tous les lecteurs, sa création critiquait sa vie personnelle sous tous ses aspects, et en bout de ligne, elle lui disait : This is my face while I'm fucking you in the ass.

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