jeudi 19 février 2009

Cubivore: Survival of the Fittest

Devant de la boîte de Cubivore: Survival of the FittestQu’est-ce que Cubivore? Une expérience presqu’unique dans le domaine du jeu vidéo et aussi unique au Nintendo GameCube. Qu’est-ce que Cubivore n'est pas? Un bon jeu vidéo. Certains se rappelleront sûrement d’E.V.O.: Search for Eden sur SNES, un jeu vidéo original avec un concept un peu similaire à Cubivore, dans lequel il fallait se battre contre d’autres espèces pour acquérir de l’expérience et muter des parties de son corps pour évoluer en d’autres espèces et faire sa place dans le monde. Encore là, malgré l’idée originale de l’évolution transformée en jeu vidéo, E.V.O. n’était qu’acceptable, pas plus. Cubivore est moins bon qu’E.V.O., que ce soit pour ses graphiques inférieurs, sa trame sonore très limitée et ses problèmes au niveau du gameplay. Même l’histoire, qui n’est pas assez importante pour entrer en compte dans l’un ou l’autre des jeux, est tout de même moins développée dans Cubivore qu'E.V.O.. Petit fait intéressant, la citation pour faire vendre le jeu sur la boîte provient d'IGN, qui n'a donné que 6.7 au jeu, ils n'ont pas pu trouver mieux? De toute manière, parlons de Cubivore: Survival of the Fittest ("Cubivore : La survie du mieux adapté").

Le concept est le suivant, un groupe de Cubivores violents et incolores ont commencé à dévorer les espèces colorées et se sont peu à peu appropriés les régions sauvages du monde, rendant le terrain inhabitable pour la vie sauvage. Le chef du groupe incolore s’appelle le Killer Cubivore, un monstrueux Cubivore à 6 membres, et il est le roi des Cubivores depuis. Vous commencez le jeu en tant qu’un simple cochon à 1 membre doté d’une incroyable volonté et d’une seule ambition, débarrasser le monde du Killer Cubivore et devenir le nouveau roi. Pour réussir à sa tâche, il doit dévorer les membres des autres espèces pour muter, ainsi que dévorer des morceaux de viande appartenant aux Cubivores incolores qui lui permettent d’ajouter des nouveaux membres à sa descendance, permettant parfois d’acquérir de nouvelles capacités comme courir ou se camoufler. C’est le concept de l’évolution, bien qu’un individu ne puisse pas évoluer au cours de sa propre vie dans le concept de notre monde réel, mais je peux comprendre l'adaptation pour un jeu vidéo. L’idée semble intéressante et avant de débuter le jeu, puis même un peu après avoir débuté, le jeu captivait toute mon attention, car le concept de l’évolution est quelque chose qui m’intéresse assez, et il ne m’a pas encore été donné l’occasion de voir un jeu vidéo lui rendant justice (pas même Spore).


Quelques points spécifiques dans le jeu sont destinés à la reproduction (pour créer une descendance qui acquière des nouveaux membres obtenus en mangeant la viande d'un boss), en entrant dans une espèce de caverne de l'amour, où plus ou moins de femelles sont attirées dépendant du nombre de mutations accumulées au cours du jeu. De ces femelles, quelques-unes auront un enfant, chaque enfant ayant une forme différente (on peut aussi obtenir chacune de ces formes manuellement par la suite en dévorant des membres de la bonne couleur), il faut choisir une forme à adopter pour continuer le jeu et en faire une forme qu'il est possible de choisir à n'importe quel moment dans le jeu, en autant qu'on a le nombre de membres précis requis pour cette forme.

Quand on a un seul membre, pour muter, il suffit de trouver un Cubivore d’une couleur différente à la sienne, l’attaquer (avec la seule attaque disponible tout au long du jeu, foncer sur l’ennemi) suffisamment pour le rendre inconscient brièvement, période durant laquelle il faut s’agripper à un membre de la créature pour tenter de le dévorer. Immédiatement après avoir réussi, votre Cubivore subit une mutation qui le transforme en la même forme que votre ennemi. Chaque couleur correspond à une forme particulière, qui a ses propres statistiques quant à son énergie, son attaque, sa défense, etc. Certaines formes ont des capacités spéciales, comme les formes grises qui courent plus vite que les autres quand on pèse sur le bouton pour courir. Chacune des couleurs (il y a 5 couleurs différentes) existent en 3 variantes lumineuses, Pale, PaleDark et Dark, ainsi que plus tard, 2 variantes s’ajoutent, Clash (Clash est obtenu en faisant des mélanges entre deux couleurs Rage différentes) et Rage. Plus on est foncé, plus nos statistiques sont améliorées, et Clash est meilleur que Dark, tout comme Rage est meilleur que Clash.

Quand on a plusieurs membres, il faut colorer tous les membres pour muter en une nouvelle forme. C’est ainsi que l’on peut faire des mélanges de luminosité pour obtenir les formes PaleDark, et faire des mélanges de couleurs spécifiques Rage pour obtenir les variantes Clash (on peut déféquer pour se débarrasser d'une couleur et pouvoir contrôler un peu plus les mélanges, je ne blague pas!) Peu importe la quantité de membres, la manière de contrôler chaque forme spécifique à sa couleur demeure similaire (contrôler une forme bleue à 1 membre ou 6 membres revient au même, mais contrôler une forme grise est différent que contrôler une forme bleue), seulement les statistiques sont affectées. En gros, le système semble beaucoup plus compliqué qu’il ne l’est vraiment, en fait, il est peu complexe et peu développé. Cependant, une chose qui change selon les formes est la façon dont le Cubivore bouge et saute, et croyez-moi, une grande partie des Cubivores sont impossibles à bien contrôler. Certains ont leur tête qui fait face au côté opposé dans lequel l'on avance, ce qui pose problème, car pour attaquer un ennemi, il faut lui faire face et donc attendre que notre Cubivore se retourne, ce qui crée un gros désavantage. Un autre est placé en angle à 90°, ce qui crée un problème similaire, et un autre saute de côté au lieu de sauter devant lui, ce qui n’est pas utile quand l’on se promène.

Au cours du jeu, nous incarnons trois animaux différents, mais peu importe que l’on soit un cochon, un ours ou un oiseau, RIEN ne change par rapport à ça. En fait, après un certain moment en tant que cochon, on se fait dévorer par une femelle. Ensuite, on recommence le jeu en tant qu’ours qui peut obtenir un membre de plus que le cochon avant de se faire dévorer par une femelle, puis on recommence le jeu en tant qu’oiseau qui peut avoir 6 membres (le maximum) avant de se faire dévorer par une femelle. Quand je dis "recommencer", c’est littéralement recommencer au début du jeu, avec un seul membre, en parcourant les mêmes lieux qu’auparavant. De plus, les lieux se ressemblent beaucoup entre eux, avec la seule variante de devoir parfois manger un ou plusieurs insectes spéciaux pour rétablir les régions sauvages (sinon, elles sont blanches et il est impossible de passer sur ces régions).

La caméra est souvent trop rapprochée et nos contrôles sont très limités sur celle-ci. On ne peut pas changer sa distance, on ne peut que la faire tourner à gauche ou à droite, mais pas dans un mouvement constant, plutôt par sauts (on le fait avec le joystick C de la manette de GameCube, le jeu était supposé être sur Nintendo 64 où les boutons C étaient fléchés et séparés).


Les graphiques sont très simples et le jeu ne s’appelle pas Cubivore pour rien, car tous les modèles sont basés sur le cube. La tête de chaque animal n’est toujours qu’un simple et même cube. Les membres sont des surfaces planes carrées. Les différentes formes sont une disposition différente de ces surfaces planes pour imiter des pattes droites, en angle, ou une forme rampante comme un serpent, par exemple. Il y a très peu de textures différentes et celles qui sont incluses sont à très basse résolution. En fait, le devant de la boîte a des graphiques un peu plus beaux que le jeu, comme il arrive souvent. À l’origine, ce jeu devait sortir sur N64, mais il ne représente pas les graphiques les plus variés et les plus beaux que l’on pouvait voir sur ce système. Ils ne marquent un point que d’une seule manière, leur utilisation originale pour se conformer à un style cubique.

Les effets sonores sont acceptables, des grognements, des cris, mais il y aurait pu avoir un peu plus de variété. Peu de musiques différentes sont utilisées pour complémenter à l’atmosphère. Les musiques présentes dans le jeu ne consistent qu’en une série de quelques notes en loop, sans oublier le chaos qu’est la musique de la fin, un ramassis de quelques instruments sans aucune harmonie.

Avant de pouvoir se battre contre le Killer Cubivore, il faut avoir obtenu 100 mutations au cours du jeu. Si vous n’avez pas obtenu les 100 mutations, il faut recommencer en cochon, ours ou oiseau pour faire des nouveaux mélanges de couleurs. Il existe 25 variantes pour 1 membre, 25 variantes pour 2 membres, 25 variantes pour 3 membres, etc. Ces variantes correspondent aux 5 couleurs qui ont 5 intensités différentes chacune. La rejouabilité du jeu consiste ainsi à recommencer les différentes parties et obtenir les 150 mutations. Rien de plaisant, vous aurez toujours l’impression de recommencer la même chose, ce que vous faites depuis le début et que vous avez déjà recommencé au moins 3 fois pour finir le jeu.

La longueur du jeu, 5 heures et plus, dépendant du nombre de mutations visées, peut être citée comme un problème, car c’est normalement très court pour un autre jeu. Dans ce cas, sa courte durée n’est pas l’essentiel du problème, c’est plutôt qu’à la première heure, j’avais déjà vu tout ce que ce jeu avait à m’offrir. Ajouter de plus en plus de membres à une créature, tout en laissant le reste du gameplay pareil et dans des lieux très similaires, ce n’est pas une façon efficace de prolonger la durée de vie du jeu.

Scores :

Graphiques : 30%
Avec des graphiques conçus pour Nintendo 64 et qui ne sont même pas si bons que ça pour ce système, il va sans dire que sa sortie sur GameCube présente des graphiques datés, sans compter qu'ils sont simplistes à la base même de leur conception. Cependant, on peut dire que c'est un style puisque tout se conforme à un art cubique

Sons : 38%
Les effets sonores sont ordinaires, mais ils font le travail. La musique est banale et consiste généralement en loops de quelques secondes, aucune ambiance n'est apportée par la musique, j'irais même jusqu'à dire qu'elle aurait pu être enlevée complètement sans affecter vraiment le jeu tellement elle compte pour peu dans son état actuel

Jouabilité : 53%
C'est un concept assez original, mais mal exécuté. Le jeu est jouable, mais avec des problèmes de contrôle et de caméra, et sans être trop divertissant puisque peu d'efforts ont été mis pour diversifier l'expérience et que le système n'est pas aussi complexe qu'il le semble

Rejouabilité : 38%
Je suis sûr que certaines personnes aimeront trouver toutes les mutations possibles et cela aide à rendre le jeu un peu plus long légitimement, mais il ne faut pas oublier qu'à la fin du jeu, nous avons déjà répété l'expérience de façon forcée au moins 3 fois (correspondant aux trois animaux que nous incarnons au cours du jeu)

Bonus : 50%
Vous n'avez jamais vu ou joué à un jeu comme ça, je serais porté à conseiller plus E.V.O. si vous cherchez un jeu similaire, mais il a aussi des différences considérables comparé à E.V.O., donc les deux valent la peine d'être essayés au moins une fois si le concept vous intéresse

Total : 43%
C'est dommage, parce que ce jeu m'intéressait au départ, il avait l'opportunité d'être original et bon, mais il n'a été qu'original, ce qui n'est pas suffisant pour justifier son achat ou même de s'investir à le compléter (ce que j'ai malheureusement fait). C'est le problème majeur, pas sa longueur, pas ses graphiques, pas sa trame sonore, même pas les mauvaises caméras ou le contrôle qui n'est pas optimal, c'est le fait que le jeu n'est pas si plaisant que ça à jouer. Le score peut sembler sévère, mais je ne peux rien y faire, le jeu est décevant malgré qu'il se base sur une idée intéressante

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