vendredi 26 décembre 2008

ActRaiser

Devant de la boîte de ActRaiser

Développé par : Quintet

Publié par : Square Enix

Sortie initiale : 16 décembre 1990

Concepteur : Masaya Hashimoto

Plate-forme : SNES (disponible sur Wii Virtual Console)

Genres : Action, plates-formes, gestion & RPG

Prix : 15$ à 200+$ (!) sur eBay
        800 points Nintendo (8$) sur Wii Virtual Console

Il n'est même pas nécessaire d'avoir joué aux séries Dragon Quest/Dragon Warrior et Final Fantasy pour les connaître, à moins de vivre sous une roche qui est elle-même en-dessous d’une autre roche. Les jeux sortis sous ces licences ont atteint un statut légendaire dans le domaine du jeu de rôle, particulièrement Final Fantasy en Amérique du Nord, mais il ne faut pas oublier les autres jeux de ce genre qui sont trop souvent ridiculisés à première vue par les gens qui s’y connaissent moins bien. Il faut avouer que les jeux de rôle tombent malheureusement souvent dans certains clichés qui ne font que donner plus de raisons aux gens de ridiculiser le genre, mais il existe des jeux originaux et très divertissants dans le domaine du jeu de rôle qui ne tombent sous aucune idée préconçue que l’on puisse avoir sur le genre, voilà ce qu'ActRaiser nous offre.

Ce jeu publié par Enix, maintenant Square Enix, est originalement sorti sur SNES vers la fin de 1990 au Japon, avant même la sortie du très populaire Final Fantasy IV, connu en Amérique du Nord comme Final Fantasy II, premier titre de la série à être en 16-bit. La raison principale de son originalité vient du fait que, au lieu d’être un jeu de rôle typique, il est un mélange de genres, combinant aussi un aspect de jeu de plates-formes/action et un aspect de construction de villes. Comme il est souvent le cas avec un mélange, ActRaiser n’exécute pas tous ces genres avec brio, la phase d’action est la meilleure et même assez bien réussie, la phase de construction de villes n’est pas aussi divertissante et ne pourrait pas être un jeu à elle seule. La force du jeu provient vraiment du mélange unique et de la façon qu’ils collaborent entre eux.

Pour commencer, il faut parler de l’histoire qui est elle aussi un peu originale pour un jeu de SNES et même pour un jeu vidéo en général. Dans le jeu, on incarne le rôle de Dieu, je parle bien du Dieu connu des religions judéo-chrétiennes. Il est plutôt appelé Master ou "Maître" dans les versions non japonaises, fort probablement à cause des strictes restrictions imposées par Nintendo d’Amérique à l’époque sur le contenu religieux (aurions-nous peur de poursuites judiciaires?). Néanmoins, presque tout le monde pourra voir à travers les subtilités introduites dans ces versions, car les références religieuses demeurent claires. On se déplace à l’aide d’un palais volant sur un nuage, on est accompagné durant tout le jeu par un petit ange, nos ennemis sont des démons, le but ultime étant de libérer les diverses nations du monde d’une emprise maléfique exercée sur eux depuis les quelques siècles durant lesquels le "Maître" s’est reposé après son combat contre Tanzra, le démon ultime (Dieu a le droit de se reposer après tout, rappelez-vous de ceci la prochaine fois que vous priez et qu’il n’exauce pas vos souhaits, ce qui va fort probablement arriver).

Donc, à l’aide du palais, on se déplace sur la carte du monde d’une région inhabitée à l’autre. La planète entière semble vacante suite aux attaques des démons. On s’arrête tout d’abord à chaque région pour passer à une phase d’action dans laquelle on doit combattre le démon principal habitant la région pour permettre qu’elle redevienne habitable. Chacune de ces régions comporte deux phases d’action, la première permet de développer une nation alors que l’autre nous porte à combattre un second démon découvert par le peuple une fois qu’ils se sont suffisamment développés. Il devient progressivement plus difficile de réussir les niveaux remplis d’ennemis et de dangers au niveau du terrain, voilà pourquoi il est suggéré de diriger la population le mieux possible pour qu’elle se répande, car une fois un certain nombre atteint dans la population totale du monde, on augmente de niveau pour avoir plus d’énergie et de magie. Pour se combattre, on est armé simplement d’une épée et d’un pouvoir magique choisit auparavant dans le palais (n’oubliez pas que le personnage est Dieu armé d’une épée, aussi connu comme un être généreux responsable du déluge et d’avoir imposé dix commandements aux humains dont «Tu ne tueras point.») Une variété d’ennemis plus ou moins puissants nous attendent tout le long du niveau. Il n’est pas nécessaire de donner beaucoup de coups d’épée pour tuer ces monstres, plusieurs ne nécessitent qu’un ou deux coups. Le terrain comportant parfois certains pics et trous contribue à descendre notre énergie avant le combat contre le démon à la fin du niveau. En général, les niveaux sont assez simples à suivre, il faut chercher un peu plus le chemin dans les niveaux supérieurs, mais je n’ai jamais et je dis bien jamais perdu à cause de la limite de temps, même que je finis toujours avec un surplus énorme de temps (comme 100 secondes et plus). La plupart des chemins secondaires mènent vers des pommes qui permettent de récupérer l’énergie perdue ou quelque chose de semblable. Le niveau de difficulté (baissé dans la version nord-américaine si on compare à la version japonaise originale, apparemment nous ne sommes pas assez hardcore) n’est pas trop élevé, on dispose de trois vies pour réussir à tuer le boss, il y a des checkpoint qui nous permettent de recommencer à une certaine partie du niveau tout en récupérant notre énergie après la perte d’une vie. Comme presque tous les jeux, il y a au moins un point frustrant, il s’agit d’un niveau dans lequel il faut, à un moment, monter jusqu’en haut en se tenant sur des bulles qui flottent et qui éclatent après un moment. Il faut bien sûr éviter les monstres qui se jettent tout droit sur nous sans tomber, tout en sautant d’une bulle à l’autre, on n’est pas aidé du fait que le personnage saute dans une direction sans possibilité de changer en plein vol (j’imagine que c’est réaliste, donc je ne peux pas trop m’en plaindre). D’ailleurs, ce design (celui des bulles qui montent et qui éclatent) n’origine pas d’ActRaiser et apparaît de temps à autre dans un jeu vidéo, je ne refuserais pas d’être flagellé au lieu de devoir passez à travers cette épreuve, peut-être est-ce un côté masochiste propre à moi, qui sait? Tout de même, rien de trop frustrant en général et on n’a jamais l’impression de jouer au même niveau deux fois puisqu’ils utilisent tous des thèmes différents avec un excellent design.

Une fois l’aspect action complété, on passe dans un mode de construction de ville, où il faut donner des directions aux chefs de chaque nation pour qu’ils se mettent à peupler et construire des maisons. Il reste quelques démons mineurs qui tentent de détruire les maisons et ainsi la population. Ils doivent être tirés à l’arc par notre fidèle compagnon l’ange que nous contrôlons cette fois-ci alors qu’il vole au dessus de la région. Pour complètement éradiquer ces monstres, il faut détruire leurs cachettes, que seuls les villageois peuvent sceller quand ils ont construit une route les menant jusqu’à elles. Ce même peuple demande parfois qu’on leur trouve de la musique, ou bien du matériel plus chaud pour s’habiller, on les trouve en aidant d’autres nations. Je me rends compte en lisant cette partie du texte que cet aspect du jeu semble plus complexe qu’il l’est en réalité. Tout ce qu’il faut faire en vérité, c’est de sélectionner une case sur la représentation de dessus qu’on a de la région, puis tout se construit automatiquement jusqu’à cette case. Peu de décisions ont à être prises, sauf parfois d’utiliser un pouvoir de Dieu, comme invoquer l’éclair, qui permet de brûler des forêts qui bloqueraient la route de la construction (parce que Dieu n’a pas encore pris le virage vert), ou encore un tremblement de terre pour modifier le terrain. Il est impossible de mourir ou de perdre durant cet aspect, le pire qu’il peut arriver est de devoir ordonner à nouveau de construire ce qui a été détruit. Cet aspect du jeu me semble peu développé, mais est quand même une bonne addition au côté action du jeu et s’avère reposant entre deux combats.


Les graphiques ne sont pas mauvais, ils sont variés d’un niveau à l’autre et les couleurs sont excellentes pour faire passer le thème et l’ambiance, particulièrement l’environnement. Les ennemis sont assez bien détaillés, d’ailleurs le personnage principal est moins bien détaillé qu’eux. Les animations de celui-ci m’ont toujours semblé manquer de fluidité, il semble un peu raide quand il donne ses coups et quand il s’agenouille lorsqu’il meure, comme s’il était constipé ou un truc du genre. Cependant, malgré les quelques problèmes, rien ne semble hors de place dans les phases d’action, ni sur la carte du monde qui comporte un bel effet en Mode 7 quand on se prépare à entrer en action, mais durant la construction de maisons avec la vue au-dessus de la région, les graphiques deviennent problématiques. C’est qu’ils deviennent simplistes et peu détaillés, mais le premier SimCity sur SNES ne comportait pas des graphiques extrêmement compliqués non plus, afficher une ville complète peut être trop demander à cette machine et c’est vu de haut alors il y a moins de détails, cela semble donc acceptable. Le problème est que le contraste est trop élevé comparé avec ce qu’on a en phase action et cela pose un petit problème, étant donné qu’on passe plus de temps à construire qu’à se battre. C’est comme si le jeu voudrait que j’adopte cette attitude destructive où je suis attiré par la destruction et où je suis ennuyé par la phase constructive (un peu comme l’effet de la religion avec les guerres saintes dans le fond).

Au niveau de la musique, ActRaiser ne déçoit pas. Tout comme les graphiques réussissent à donner une ambiance particulière à chaque niveau, les musiques accrochantes produisent deux effets : elles complémentent ce qu’on voit, elles fonctionnent en synergie avec les graphiques pour créer une ambiance encore plus forte, alors que l’autre effet est de nous préparer à la bataille à cause du rythme entraînant, presqu’endiablé. Encore une fois, comme pour les graphiques, la musique durant les scènes de construction est ennuyante, cependant je la trouve appropriée, elle peut facilement s’associer à ce qui se passe, c’est juste qu’elle ne change jamais ou presque jamais, peu importe la région, c’est un loop infernal (je sais, il commence à y avoir beaucoup de mots ayant rapport avec Dieu ou l’enfer).

Les effets sonores ne sont pas très bons, ils sonnent un peu comme sur une console 8-bit et ne sont presque jamais appropriés pour représenter les actions qui les ont produits. De plus, ils peuvent être dérangeants, comme les coups d’épée. À chaque fois que l’on exécute l’action, au lieu d’un son provenant de l’épée en tant que telle, c’est notre personnage qui fait «Ah!» Il ne s’agit pas du même son produit par les "actrices" dans les films réservés aux 18 ans et plus, mais plutôt un son ennuyant et irritant, surtout quand ça fait 200 fois qu’on l’entend.

Une fois le jeu complété, on débloque un mode plus difficile dans lequel on joue seulement les phases d’action, du moins dans la version américaine, la version européenne contient ce choix dès le début ainsi qu’un choix encore plus facile. Dans le mode le plus difficile, les vies ne peuvent être récupérées, puisqu’il n’y a plus de pause entre un niveau et un autre. Les ennemis sont aussi plus résistants et il n’est plus possible d’utiliser de magie. Inutile de dire que si vous réussissez le jeu ainsi, vous avez probablement trop joué. Ceci dit, comme je l’ai dit plus haut, le jeu normal n’est pas trop difficile et peut facilement être complété en 5 heures si on s’attarde plus à s’occuper des peuples, même moins si on se concentre plus sur les phases d’action.

En gros, ActRaiser pourrait s’avérer être l’un des jeux les plus différents que vous ayez joué, pas le meilleur jeu, mais quand même très divertissant. De plus, rien ne vous empêche de le terminer puisqu’il ne requiert pas beaucoup de votre temps, bien que le fait qu’il soit une courte expérience est un autre problème du jeu. Il est disponible sur la Virtual Console de la Wii dans toutes les régions au prix régulier des jeux de SNES, c’est-à-dire 800 points Wii.

Scores :

Graphiques : 81%
Graphiques intéressants avec une bonne utilisation des couleurs pour donner une ambiance unique à chaque niveau, mais peu détaillés pour le personnage principal et indésirables pour la phase de construction

Sons : 75%
Musique originale et assez rythmée qui complémente très bien ce que l’on voit, malheureusement un peu ennuyante durant la construction de villes, sans compter des effets sonores de piètre qualité

Jouabilité : 91%
Le jeu est très divertissant et original, les seuls légers problèmes découlant du mode de construction de villes moins intéressant et la courte durée de jeu

Rejouabilité : 38%
Pas vraiment d’extras à proprement parler, il s’agit plutôt de compléter les villes à leur plein potentiel, ce qui se fait assez rapidement, ainsi que de pouvoir rejouer seulement aux phases d’action qui sont si plaisantes, mais qui deviennent aussi plus difficiles

Histoire : 75%
Une histoire originale comparée à d’autres jeux vidéo, mais tout de même pas aussi intéressante qu’il aurait été possible si elle n’était pas basée sur la religion, celle-ci n’ayant jamais été faite pour divertir après tout

Bonus : 75%
Un mélange de genre comme je n’en avais jamais vu, qui aurait cru possible de mélanger des éléments de jeux de plates-formes avec un espèce de SimCity, mais j’aurais aimé que les genres soient un peu mieux équilibrés au niveau du divertissement qu'on en tire

Total : 78%
Je vous en supplie, jouez à ce jeu, juste pour voir les possibilités. Maintenant demandez-en plus, car le jeu n’a pas atteint son plein potentiel, il serait possible avec les technologies actuelles de faire des mélanges encore plus originaux et complets bien que personne ne semble s’y risquer. Je sais que le jeu est presque considéré comme de l’or pur par certaines personnes, je ne veux pas dire du tout qu'il est mauvais, je l'apprécie beaucoup moi aussi et j’en suis même un fan. Je veux juste être réaliste et dire qu'il contient des imperfections, il demeure malgré tout un must que je peux recommander d’essayer à tout le monde

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